3 livres qui ont changé ma vie : haut potentiel, Montessori et parentalité

3 LIVRES QUI ONT CHANGE MA VIE : HAUT POTENTIEL, MONTESSORI ET PARENTALITE

Récemment, l’une de mes stagiaires de Vie pratique et de Vie sensorielle Montessori m’a lancé le défi de participer à un événement interblogueur : Les 3 livres qui ont changé votre vie. En voici le résultat, un livre sur le haut potentiel, un sur la pédagogie Montessori et un dernier sur la parentalité.

Le choix a été difficile, car beaucoup de livres ont changé ma vie, parfois de façon radicale, parfois par petits incréments. Je suis absolument convaincue que tout ce que l’on lit nous construit, pierre après pierre, c’est comme une nourriture que l’on absorbe, que l’on digère, et à partir de laquelle on forme les éléments qui nous constituent.

La difficulté était aussi que je ne voulais pas parler de fictions, même si ce sont probablement les livres qui ont eu le plus d’influence sur ma vie. Mais ce genre d’influence est difficilement transposable, et un livre de fiction qui m’a parlé droit au cœur vous sera peut-être complètement indifférent.

Avec la non-fiction, au moins, le message est plus clair et si un livre a pu m’aider, je me dis qu’il pourra vous aider aussi, vous ou vos enfants. Je tenais aussi à choisir des livres que j’ai lus relativement récemment (moins de 10 ans), même si d’autres ont pu considérablement m’influencer lorsque j’étais plus jeune.

Enfin, je voulais que ces livres vous soient réellement utiles (sinon quel intérêt à les partager ?), en particulier dans votre parentalité.

Voici donc les 3 livres qui ont changé ma vie, ma façon d’être, ma façon d’éduquer, ma parentalité.

Je pense trop, de Christel Petitcollin : le concept de VIP

Je pense trop, livre de Christel Petitcollin sur le haut potentiel intellectuel

Si vous me suivez depuis quelque temps, vous le savez sans doute, la question des zébres / surdoués / enfants précoces / à haut potentiel intellectuel etc. me passionne. La raison en est bien simple, je suis moi-même une zébrette. Et depuis que j’ai passé un test de QI à 9 ans et que je l’ai découvert, j’ai lu de nombreux livres sur le sujet (Arielle Adad, Jeanne Siaud-Facchin, Jean-Charles Terrassier, Monique de Kermadec), qui m’ont tous aidée à mieux me comprendre et me connaître.

Mais j’ai lu ce livre plus récemment et même si je le trouve moins rigoureux que beaucoup d’autres, il m’a apporté certains concepts dont je n’avais pas encore notion.

En particulier, il m’a aidé à mettre en évidence le fait que je réserve spontanément un traitement VIP aux personnes autour de moi. Si on me demande quelque chose, j’ai beaucoup de mal à dire non, même quand les demandes partent dans l’excès.

Si quelqu’un a besoin de parler, même si cela va me mettre en difficulté pour le reste de la journée, me mettre en retard etc., je vais naturellement rester à l’écouter.

En soi, cela paraît plutôt une bonne chose, même si ça entraîne quelques inconvénients au quotidien, en particulier parce que ça me surcharge beaucoup.

Mais derrière, je finis par en vouloir aux personnes, 1/ parce que je n’a pas l’impression qu’elles réalisent les efforts que j’ai dû faire pour leur rendre service ou les difficultés dans lesquelles cela m’a mise 2/ parce qu’à l’inverse je ne reçois pas forcément ce traitement VIP de la part des autres.

Et pourtant, en toute honnêteté, je n’ai aucune raison de leur en vouloir : quand quelqu’un me demande quelque chose, je suis parfaitement libre de refuser, et si j’accepte, c’est moi qui en prend la responsabilité, pas eux. Je n’ai pas non plus de raison de m’attendre à ce que le monde tourne autour de moi et que tout le monde cherche à me rendre service en suivant mes moindres désirs.

J’ai la chance d’être entourée de personnes formidables, d’amis très chers qui n’ont jamais cherché à m’exploiter, mais cette prise de conscience m’a permis d’être moins rancunière vis-à-vis de personnes un peu moins proches, dans mon entourage, de la part de qui j’attendais le même genre de comportement.

C’est libérateur !

Le livre contient bien d’autres aspects passionnants, mais voici celui que je n’ai retrouvé que dans ce livre et qui a eu une influence très concrète et très immédiate sur ma vie, en me donnant le droit de refuser de rendre un service si je le souhaitais et en m’aidant à vivre plus sereinement, sans en vouloir aux personnes qui me demandaient quelque chose.

L’enfant, de Maria Montessori : ne pas intervenir

Ne pas intervenir à tort et à travers : un livre utile pour votre parentalité

Je ne pouvais pas ne pas mentionner un livre de Maria Montessori dans cette liste. Il m’a été difficile de choisir, car c’est la lecture successive de la plupart de ses livres qui m’a vraiment aidée à me forger une vision claire de sa pédagogie et, surtout, de sa philosophie.

J’ai choisi “L’enfant” car il me semble être le plus simple d’accès si vous n’avez jamais lu un livre de Maria Montessori. Ce livre m’a beaucoup apporté dans ma parentalité et ma façon d’éduquer nos enfants.

Le concept le plus révolutionnaire que j’en ai retiré dans ma façon d’éduquer a été la “non-intervention”.

Trop souvent, en tant que parent, nous intervenons trop, trop vite et trop souvent pour aider nos enfants. Par exemple si un enfant tombe, nous nous précipitons pour le porter et le relever nous-même. Mais en fait cela renforce encore son sentiment d’impuissance et nous lui transmettons alors une inquiétude qu’il n’avait pas forcément ressentie naturellement suite à sa chute.

Une autre façon de faire consiste tout simplement à aller tranquillement vers l’enfant, en disant par exemple “Waouh, quelle chute ! Est-ce que ça va ?” et lui tendre une main qu’il pourra choisir de prendre ou non pour se relever.

Notre volonté d’intervenir part toujours d’une bonne intention : nous voulons aider l’enfant qui nous paraît en difficulté ! Mais les conséquences sont le plus souvent négatives.

J’ai pu l’observer un jour chez mes beaux-parents, qui avaient sorti pour mon fils, alors âgé de 2 ans environ, un petit puzzle simple à encastrements. Il avait à peine essayé 3 secondes de replacer les pièces dans leurs emplacements que ma belle-mère lui a pris une pièce des mains et lui a dit : “Regarde, ça, ça va là, et ça, ça va là” en faisant au final le puzzle à sa place.

Il s’en est immédiatement désintéressé…

Avait-il demandé de l’aide ? Non. Était-il en difficulté ? Oui, mais à un niveau qui ne le décourageait pas, le puzzle avait un degré de difficulté qui lui était parfaitement adapté.

Bref, le mieux aurait été de le laisser complètement tranquille.

Mais j’aime beaucoup la façon dont Maria Montessori nous déculpabilise complètement en montrant par la même occasion comme elle comprend bien nos réactions d’adultes.

En voici un exemple tiré de son livre : “Une jeune Américaine essayait de mettre ces idées en pratique pour élever son enfant de deux ans et demi. Elle le vit un jour qui transportait – sans raison – un broc plein d’eau de sa chambre dans le salon. Elle l’observa : il était tendu par l’effort et se répétait continuellement à lui-même : “Be careful !” (fais attention !) Le broc était lourd et, au bout d’un instant, la maman ne put résister au désir d’aider le petit ; lui prenant le broc des mains, elle déposa celui-ci à l’endroit où l’enfant allait l’apporter. Vexé, il se mit à pleurer. Et la maman, désolée d’avoir peiné son enfant, se justifia auprès de lui en disant qu’elle connaissait, elle aussi, la nécessité qui le poussait ; elle avait seulement voulu exécuter rapidement ce qui lui causait une telle fatigue et lui faisait perdre tant de temps.”

J’en reviens à la façon d’aider un enfant à se relever. Depuis que je pratique l’approche montessorienne dans notre quotidien (c’est-à-dire depuis près de 10 ans), je mets un point d’honneur à ne surtout pas tirer un enfant par la main, mais à lui proposer ma main simplement comme un point d’appui. Je la lui tends et je rigidifie mon bras le plus possible pour qu’il puisse s’appuyer dessus.

En fait, suivant ce que j’observe, mes réactions sont les suivantes (cela va du cas où clairement mon enfant n’a pas besoin de moi au cas où je pense qu’il ne s’en sortira pas tout seul) :

  • ne rien faire si je vois que mon enfant est parfaitement capable de se débrouiller tout seul
  • attendre de voir s’il demande de l’aide (tout petit, le signe “aider” fait partie des premiers signes de la LSF que nous utilisons avec bébé pour qu’il puisse nous demander de l’aide même sans savoir parler)
  • demander moi-même s’il a besoin d’aide
  • tendre une main pour aider

En revanche, je n’interviens directement que s’il y a un problème de sécurité, si mon enfant va faire du mal à quelqu’un ou abîmer un objet de son environnement.

Bref, ce que j’ai appris avant tout grâce à Maria Montessori, c’est… à ne pas agir !

Et 10 ans plus tard, je reste convaincue que si on passait moins de temps à intervenir et plus de temps à observer, nos enfants seraient tous beaucoup plus autonomes et épanouis. Ils ne cessent jamais de me surprendre !

J’espère que vous prendrez la peine de lire au moins cet ouvrage parmi tous ceux que Maria Montessori a écritsl est très facile à lire, il explique comment sa pédagogie s’est mise en place et vous tirerez de ce livre de nombreuses leçons à appliquer dans votre parentalité.

La discipline positive, en famille, à l’école, comment éduquer avec fermeté et bienveillance, de Jane Nelsen : un livre pour une parentalité axée sur la responsabilité

La discipline positive : un livre pilier sur la parentalité
La discipline positive : un livre pilier sur la parentalité

J’ai commencé par découvrir la discipline positive grâce à une formation américaine en ligne de grande qualité (eh oui, je pratique ce que je prêche, j’estime que l’on n’a jamais fini de se former et je cherche sans cesse à découvrir de nouvelles choses).

J’ai ensuite poursuivi avec la lecture du livre de la fondatrice de ce mode de parentalité et d’éducation, Jane Nelsen.

J’aime particulièrement la discipline positive, qui n’a pas grand-chose à voir avec l’éducation bienveillante telle qu’on la pratique généralement en France, et sur laquelle j’aurais beaucoup de choses à dire (rassurez-vous, je compte bien écrire un article sur ce sujet prochainement).

En particulier, je trouve ce mode de fonctionnement très déculpabilisant pour les parents, car ils ne sont pas seuls à porter tout le poids de l’éducation.

Très souvent, dans l’éducation bienveillante, chaque fois qu’il y a une difficulté avec les enfants, c’est à l’adulte de prendre sur lui, de faire des efforts, de prendre du temps etc. J’ai vu trop de parents désemparés, culpabilisés et épuisés par ces méthodes, tandis que leurs enfants finissaient par avoir tous les droits et se comporter en véritables petits tyrans.

Là où, avec l’éducation bienveillante, je finirais mes journées en larmes en me demandant pourquoi je suis une si mauvaise mère, la discipline positive m’aide à conserver mon calme. Si les enfants ne respectent pas les règles ou mes conseils, ils en assument les conséquences naturelles ou logiques. Par exemple, s’ils cassent quelque chose, c’est à eux de ramasser ou de réparer s’ils le peuvent.

S’ils oublient leur pull alors que je leur avais demandé de le prendre, ils auront un peu froid. S’ils mettent du désordre sur mon bureau, ils n’auront plus le droit de rentrer seul dans la pièce pendant quelques jours, même pour chercher une feuille blanche etc. etc.

Au niveau de la nourriture, ce sont des principes qui nous ont beaucoup, beaucoup servi ! Vers 18 mois, notre aîné n’a plus voulu manger que du pain. Nous aurions pu multiplier les propositions toutes plus alléchantes les unes que les autres mais nous avons préféré lui laisser le choix à chaque repas entre ses légumes et le pain. Pendant 3 jours il n’a mangé que du pain, et le 4e, il s’est jeté avec appétit sur ses haricots verts. Nous n’avons plus jamais eu le moindre problème alimentaire avec lui.

De même, avec l’une de nos filles qui chipotait beaucoup à table, nous avons décidé que ce n’était pas grave si elle ne finissait pas son assiette, mais qu’elle n’aurait rien en dehors des repas. Là aussi, ça l’a aidée à s’auto-réguler, sans conflits à table, sans cris et sans inquiétude.

En deux mots, il s’agit vraiment d’une éducation à la responsabilité, dans la droite ligne de ce que proposait déjà Maria Montessori.

Un autre exemple trivial qui devrait parler à toutes les mamans : si vous êtes la seule à remettre du papier aux toilettes, eh bien arrêtez d’en remettre ! Au pire allez aux toilettes avec votre propre rouleau et rangez-le ensuite dans le placard, pendant quelques semaines. Je suis convaincue qu’au bout de quelques jours tous les membres de votre famille auront appris où se trouvait la réserve de rouleaux !

Et au-delà de la parentalité, les leçons de ce livres fonctionnent même pour nous ! Ne nous comportons-nous pas parfois comme des enfants gâtés quand les choses ne vont pas comme nous le souhaitons ? Il vaut mieux assumer nos responsabilités et voir comment nous pouvons agir pour changer les choses, même et surtout lorsque nous avons l’impression que nous n’avons aucun contrôle sur les choses…

Alors, ce qui fonctionne le mieux, c’est de suivre le principe de Maria Montessori : on ne peut pas forcer les gens à faire quelque chose, mais on peut influer sur notre environnement et sur nos propres actions.

Par exemple si mes enfants n’aiment pas dessiner et que je trouve ça dommage : est-ce que j’ai mis en valeur les activités artistiques à la maison ? Est-ce que j’ai par exemple prévu un endroit où afficher leurs œuvres d’art, est-ce qu’ils ont un coin facile à nettoyer où ils peuvent peindre, avec tout le matériel à leur disposition ?

Et est-ce que moi-même je donne l’exemple ? Est-ce que j’ai une activité créative, artistique, à laquelle je consacre régulièrement un peu de temps ?

En revanche, je ne serais pas fidèle à l’esprit de Jane Nelsen si je ne vous mettais pas en garde contre le “pouvoir magique des conséquences”, surtout des conséquences logiques. Séduits, beaucoup de parents camouflent en fait des punitions en conséquences logiques, ce qui, non seulement n’est pas efficace, mais ne correspond pas du tout à l’esprit de la discipline positive. Les conséquences logiques ne doivent pas être mises à toutes les sauces et doivent répondre à des critères précis pour ne pas devenir de véritables punitions.

En résumé, j’aime beaucoup cet équilibre que propose la discipline positive entre la bienveillance et la fermeté, la rigueur et la souplesse. Sans cette approche, nous ne connaîtrions jamais le calme et la sérénité à la maison, avec 4 jeunes enfants (bientôt 5), l’IEF et deux parents qui travaillent.

J’espère que ces trois livres vous seront aussi utiles à vous qu’à moi (le premier ne s’appliquera que si vous-même ou un membre de votre entourage est un zèbre, mais vu que cela concerne tout de même environ 1 personne sur 20, il est plus que probable que vous en connaissiez !) et qu’ils vous aideront, vous aussi, à vous construire et à vous développer !

En tout cas, j’ai été ravie de participer à cet événement interblogueur, qui m’a permis au passage de découvrir le blog qui en est à l’initiative, avec d’ailleurs des articles sur d’autres livres que j’ai beaucoup aimés, en-dehors de la parentalité, comme Les sept habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent (le titre est typiquement américain mais en fait il s’agit vraiment d’un livre profond qui nous fait nous remettre en question au niveau de nos valeurs elles-mêmes).

A l’occasion, je vous partagerai d’autres lectures sur l’éducation qui peuvent vous intéresser également.

En attendant, bonne lecture !

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6 commentaires sur “3 livres qui ont changé ma vie : haut potentiel, Montessori et parentalité

  1. Très intéressant merci Anne-Laure!! Je cherchais exactement un livre comme le troisième que vous conseillez.

    1. Tant mieux ! Ce que j’apprécie beaucoup dans ce livre et la discipline positive de manière générale, c’est qu’on ne se concentre pas sur des astuces qui vont peut-être fonctionner pendant 3 semaines, mais c’est une véritable éducation que l’on propose…

  2. Trois très bons livres, effectivement.
    Je vois que nous voguons dans les mêmes sphères, j’adore !
    Belle continuation et bonne chance pour le défi 😉

    1. Merci beaucoup ! J’ai hâte de voir le bilan, s’il y a des livres qui se retrouvent souvent dans les articles etc. Bonne chance aussi !

  3. Très intéressant je crois que je vais investir dans le premier…. et le dernier, celui de Maria Montessori je l’ai déjà et je le conseille à mes amies jeunes maman qui me le demandent :)Ce que tu dis sur l’éducation bienveillante et la vision que tu en as me parle bien et j’ai hâte d’avoir ton point de vue dans un prochain article !

    1. Merci Aurélie ! « L’enfant » est un grand classique quand on s’intéresse à la pédagogie Montessori mais je crois que je vais finir par investir dans un deuxième exemplaire car la nouvelle édition a l’air bien plus complète et j’aime beaucoup le travail de Charlotte Poussin.

      Ça me fait penser qu’il faut que je rajoute un paragraphe sur le livre « Je pense trop » car l’auteur consacre tout un chapitre à l’idée que les HP seraient des « enfants indigo » et ce sont des idées New Age auxquelles je n’adhère pas du tout. Mais ça n’enlève rien à l’intérêt du reste du livre !

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