Résultats de recherche pour : versailles

Matériel Montessori à faire soi-même.

J’ai eu le plaisir de recevoir Christèle, créatrice de la boutique 123Montessori, qui permet de faire soi-même du matériel Montessori de qualité et conforme aux critéres de la pédagogie.

Cette interview a été un échange très enrichissant et passionant, nous évoquons principalement les secrets de fabrication du matériel Montessori en échangeant simplement à des questions que beaucoup se posent telles que : Comment ne pas se faire avoir quand on cherche à acheter du matériel Montessori ? Peut-on trouver du matériel Montessori fabriqué en France, dans de bonnes conditions, et à un prix abordable, plutôt que du matériel chinois dont la qualité n’est pas toujours formidable ? Comment le matériel Montessori est-il pensé, y a-t-il un ou plusieurs courants montessoriens en France ?

Vous retrouverez la transcription intégrale ci-dessous, mais si vous préférez écouter le podcast ou regarder la vidéo de cet article (qui est en deux parties), je vous invite à cliquer sur les lecteurs ci-dessous :

Christèle : Je m’appelle Christèle. Comme tu viens de le dire, j’ai créé la boutique 123Montessori. J’ai 5 enfants et la petite dernière a été élevée avec la pédagogie Montessori à la maison.  Je me disais que je m’ennuierais en faisant l’école à la maison. Donc, j’ai créé la boutique. De fait, je m’ennuie pas ni en faisant l’école à la maison, ni à la boutique !

Quand j’ai commencé à me renseigner sur la pédagogie Montessori, je me suis rendu compte que le matériel doit être extrêmement précis. Ça ne me posait pas vraiment de problème, parce que j’ai fait beaucoup d’encadrement, de bricolage à la maison. J’ai une scie à chantourner. Je suis très manuelle, mais je voulais que ce soit parfait. J’ai commencé à faire mon matériel montessori moi-même en suivant rigoureusement les cotes demandées. Le premier matériel sur lequel je me suis cassé les dents, c’est la troisième boîte de couleurs. Dans cette boite, il y a un nombre incroyable de petites tablettes qui doivent être de la bonne couleur, rangées dans une boîte qui a des dimensions adhoc. J’ai fait ce qu’on ne devrait jamais faire. J’ai mis mon chronomètre et j’ai regardé combien de temps j’avais passé à la faire.

Ce n’était pas une bonne idée, parce que, pour un truc qui s’achète dans les 30 euros en Chine, j’y avais passé un peu plus de 30 heures. Donc ce n’était pas réaliste. Je me suis dit qu’il y avait sûrement d’autres mamans qui voulaient faire elles-mêmes, qui n’avaient pas les mêmes compétences que moi en bricolage. 

C : C’est exactement cela, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire pour, non pas vendre le matériel tout fait, mais vendre le matériel pour qu’il soit facilement terminé et que l’on ait la satisfaction de l’avoir fait soi-même, d’avoir bien travaillé, en même temps qu’un objet parfait. C’est dans cet esprit-là que j’ai lancé 123Montessori !

C : C’est amusant, parce qu’un jour, j’en parlais en famille. Une de mes tantes qui me dit :  « Mais ton truc, c’est l’IKEA du Montessori ! » Dans mon esprit ce n’était pas ça, c’était par faire mais surtout terminer soi-même. Je ne pense pas l’avoir formalisé avant que ma tante ne le dise comme ça.

C : Oui, bien sûr.

Quand on peut faire son matériel soi-même, on l’aime, on le comprend mieux, parce qu’il y a des choses logiques dans le matériel.

Par exemple, l’assemblage des perles. C’est vrai que c’est long, mais ça donne la cohérence des choses. Par exemple, quand on assemble un cube de mille, on va mettre réellement mille perles. Ces barrettes de 10 qu’on assemble par 10, et puis ensuite, les 10 plaques qu’on assemble ensemble, c’est logique. Je suis persuadée que c’est mieux acquis quand on l’a fait soi-même que quand on l’achète tout prêt et que à la limite, on ne sait pas comment ça a été fait.

C : Pour moi, le matériel Montessori, c’est le matériel qui fait partie de la pédagogie Montessori. Aller plus loin, c’est gênant. Maria Montessori avait décidé ce qui allait avec sa méthode. 

C : Ils ont un énorme catalogue, mais avec des choses en diffusion qui ne sont pas forcément Montessori. Dans ma boutique, je vends des réglettes cuisenaire. Je dis que c’est des réglettes cuisenaire. Je ne dis pas que c’est du matériel de Montessori. Parce qu’il y a des écoles qui aiment bien utiliser ce matériel-là. On ne se souvient pas exactement de ce qu’on a utilisé quand on était enfant. Je me rappelle très bien avoir travaillé avec les cubes de Lubienska de Laval. C’est des cubes en bois qui font un centimètre de côté, qui sont assemblés par 10, par 100 et en cubes, et je me rappelle très bien du geste « allez 10 et on passe, allez 10 et on passe, allez 10 et on passe ».

C : C’est ce que Lubienska de Laval a fait pour remplacer les perles, les plaques et les cubes. J’aime ce matériel parce qu’il fait référence à des choses que j’ai inscrites en moi.

C : Et la petite queue des perles, elle n’y est pas. Quand on a mis 10 cubes et qu’on met la barrette derrière, ça fait strictement la même mesure. C’est ça dont je me souvenais dans mon fort intérieur.

C : Pour elle, il fallait que dans le cube, on puisse voir et expérimenter les 1000 perles. Après, je ne suis pas spécialiste d’Hélène Lubienska de Laval. J’ai entendu dire que elle s’était vraiment disputée avec Maria Montessori. Est-ce que si elles ne s’étaient pas disputées, si certaines querelles d’égo n’avaient pas eu lieu, que ce serait-il passé ? 

C : C’est une éducatrice qui m’a demandé de les faire. J’avoue que je ne les ai pas vus en formation. Du coup je ne peux pas bien en parler. On m’avait dit « il faut faire comme ça, comme ça, comme ça », j’ai obéi. Donc je peux difficilement avoir un avis autre que technique.

C : Je pense que la posture de l’éducateur, elle, est fondamentale. Est-ce qu’on peut faire la pédagogie Montessori sans matériel ? Je n’irai pas jusque là, parce que je pense que le matériel a été super bien réfléchi, est abouti. Mais sans la posture de l’éducateur, on ne peut rien faire.

Bien plus, on peut avoir plein de matériel super bien dans la classe ou à la maison, si on n’a pas la posture de l’éducateur, ça ne sert à rien.

C’est plutôt dans ce sens là. Après, ça dépend, si on parle maison, dans le cadre de la maison, si on est juste en tant que parent, on n’a pas besoin de tellement de matériel. Moi, en tant que parent qui fait l’école, je pense qu’on a besoin de matériel. En tant qu’éducateur ou enseignant, si on dit qu’on fait de la pédagogie Montessori, il faudra du matériel. Mais la posture d’éducateur, elle est pour tout le monde dès le départ.

C : Tout à fait, comme étendre le linge avec des pinces à linge. Là, on est plus dans le cadre de la maison.

En tant que parent, à la maison, si on a la bonne posture, nos enfants peuvent grandir avec une posture Montessori, même si on n’a pas de matériel.

C : Tout ce qui est avant le fameux âge 3-6 ans, c’est un peu différent de ce qu’on peut trouver dans une ambiance, dans une classe de 3-6 ans. Ça a sa place à la maison.

C : C’est peut-être ça, la nuance qui va faire qu’on est dans le matériel nécessaire. Je crois que c’est ce que tu viens de dire. Une notion qui peut devenir abstraite et que nous on fait passer, en tant qu’éducateurs Montessori, par le concret, par la main. 

C : Avant 123Montessori, une de mes amies m’avait parlé de l’écriture d’abord, la lecture ensuite, un concept qui m’a beaucoup parlé. Cette amie avait été formée au CFP Père Faure avec Hélène Lubienska de Laval. Du coup, quand mes grands étaient petits, je leur ai présenté le matériel de Lubienska de Laval pour la lecture. J’avais les lettres, mais les lettres, chez Lubienska de Laval, il y a un fond bleu et un fond jaune.

C : Le CFP n’existe plus en tant que tel, mais il y a encore des enseignants qui ont eu cette formation-là. Il faut bien comprendre que quand l’État a décidé d’ouvrir des classes à partir de 3 ans, mais il fallait bien leur fournir un programme. Montessori était le seul à fournir quelque chose. Le père Faure avec Hélène Lubienska de Laval, avaient le pack pour aider à ouvrir ces classes. C’est pour ça que dans les jeunes de ma génération il y en a beaucoup qui sont passés par ce genre d’école. 

Pour mes aînés, j’ai utilisé cette méthode, les lettres jaunes et bleues. Je leur ai appris à lire avant de rentrer à l’école, parce que je trouvais que la façon dont c’était fait à l’école n’était pas cohérente. Mon frère, qui est très dyslexique, n’avait pas profité de cette méthode et j’ai vu les dégâts que ça a donné sur lui. Du coup, j’étais très motivée pour apprendre à lire à mes enfants.

En grandissant avec eux j’ai vu que c’était très bien d’aider pour la lecture, mais que les maths, ce n’était pas du tout concret non plus. J’ai donc retrouvé avec cette méthode les compléments à 10, etc. Parce que je me souvenais de mon apprentissage à moi. C’est pour ça que, quand ma petite dernière a eu l’âge d’aller à l’école, j’ai sauté le pas.

C : On a eu quatre enfants en six ans, et puis la petite dernière, elle a neuf ans de moins que le dernier, donc j’avais plus de temps. Je me suis dit que je préférais prendre le risque plutôt que de râler après la maîtresse. Si ça ne marche pas, ce sera que ma faute. J’aimais mieux ne pas engager ma fille dans des conflits de loyauté. Je me rappelle avoir été voir une fois une directrice en disant « Il y a un petit problème avec la dictée. Mon fils, il a des mots de dictée : dort, fleurs… Je pense que c’est Benoît qui a mal écrit son travail. Il a oublié d’écrire le ‘il’ devant dort et le ‘les’ devant fleurs. » Je savais bien que ce n’était pas le cas, mais ces incohérences-là, je n’en pouvais plus. Je me suis dit que pour la dernière, j’avais le temps. J’allais faire en sorte de ne pas la mettre en face d’incohérences éducatives. Il y en aura toujours, mais au moins, c’est moi qui en assumerai la responsabilité.

Quand mon petit dernier était rentré à l’école, je m’étais demandé si je n’allais pas faire la formation de l’AMI. Mais ça dure un an, et c’est loin. 

A ce moment-là, j’ai une amie qui me « Je me suis formée à la pédagogie Montessori. » Et c’était des modules d’une semaine. J’ai donc fait cette formation et ça m’a énormément appris. C’est une formation courte, ce n’est pas tout le combo Montessori qu’on peut avoir à l’AMI, mais c’est un bon début. Je me suis rendu compte que mon intuition de fabriquer soi-même mon matériel, d’autres le portaient. Et cet organisme, Papachapito, ils insistaient beaucoup pour qu’on fabrique soi-même notre matériel.

J’ai aussi suivi plein d’autres formateurs. Il y a des gens qui sont controversés. J’ai fait mon chemin. J’ai beaucoup appris. Ça m’a apporté en tant qu’éducateur, et ça m’a fait grandir. Je ne regrette pas du tout ces formations. En ce qui concerne le matériel, faire son matériel, c’est top. Mais c’est difficile d’arriver à un résultat parfait. Comment faire ? Dans un premier temps, j’avais commencé par les lettres mobiles, celles que j’avais utilisées avec mes enfants. J’ai redessiné la police d’écriture et je les ai faites sur fond blanc, en rouge et bleu.

C : Pour le petit alphabet mobile. Et j’ai fait le casier. J’ai cherché des fournisseurs et je voulais que ce soit fabriqué en France. Le premier fournisseur qui m’a fait le casier, c’était un artisan. Il travaillait, c’était une merveille, dans le Jura. En revanche, quand on lance ce genre de choses, il faut avoir des grandes séries. Donc, il faut commander 100 exemplaires. C’est cher.

C : C’était dommage. Alors, j’ai essayé de voir comment se passait l’achat de matériel en Chine. J’ai fait une commande en Chine. C’était rocambolesque. J’ai reçu la commande. Je crois que j’ai dû la passer au mois de juin. Je l’ai reçue fin septembre.

C : Oui, en 2013. Il a fallu aller montrer patte de blanche à la douane. J’ai été étiqueter tout le matériel dans les douanes. Et j’ai commencé à vendre parce que je voulais proposer quand même une bonne partie de la gamme. Arrive le moment où, forcément, il y a des erreurs de fabrication. C’est là que je me suis rendue compte qu’on ne parle pas le même langage avec les chinois. C’était le mois de décembre. J’envoie un message en disant : « J’ai des problèmes avec tel et tel matériel ». « Pas de problème, dans la prochaine commande, on fera des échanges, ne vous inquiétez pas, on réparera ça. » Très bien. Je prépare ma liste pour faire une deuxième commande. Je l’envoie par mail. Mon interlocuteur s’appelait Paul. Paul écrivait très bien anglais, donc, on communiquait en anglais.

Je reçois une réponse de Paul, mais dans un anglais, incompréhensible, du chinois ! Je savais qu’il y avait un bon délai entre la commande et la réception. C’était dommage. Mais plus de communication avec Paul.

N’ayant pas de réponse, ou alors très parcellaire, avec le nouveau Paul, j’avais essayé de trouver une autre manière de travailler. Une amie faisait de la déco avec des dessins très précis, très jolis, et elle les peignait. D’habitude elle coupait à la scie à chantourner. On avait fait beaucoup de bricolage ensemble. Elle me parle de la découpe au laser. Le dessin, c’est le sien, la découpe, c’est le découpeur laser. Et après, elle peint et elle vend. Elle vendait même au château de Versailles, je crois. Tout de suite, j’ai pensé au cabinet de géométrie et aux formes à dessin. 

Pendant les silences de Paul, je demande un devis à ce fournisseur. Quand j’ai vu le prix, j’ai compris que je pouvais le faire en France. Là-dessus, mon ami Paul revient un mois plus tard, me parlant parfaitement l’anglais, et me dit « Est-ce que vous faites la commande ? » Entre temps, j’avais compris que c’était le nouvel an chinois. Il avait pris un mois de vacances, mais sans me le dire, et donc il était remplacé par un second qui n’avait pas la main.

Je ne pouvais pas travailler dans des conditions pareilles. Moi, j’ai besoin de parler avec quelqu’un qui va me répondre, il me faut un suivi. C’est à ce moment-là que je n’ai plus donné suite à Paul.

J’avais aussi trouvé un fournisseur qui me faisait des tours roses et des escaliers marrons tout près de chez moi.

C : C’est quelqu’un avec qui j’ai beaucoup aimé travailler. Lui, il faisait des rambardes d’escalier, vous savez des trucs tournés, mais c’était vraiment quelqu’un de sympa qui travaillait avec son père. C’était son père qui fabriquait les tour roses et qui venait les apporter. Ce que je n’avais pas réalisé, c’est que la tour rose, c’est un matériel extrêmement minutieux à faire. Pour chaque cube, il faut que toutes les faces soient parfaitement identiques. Et quand on tourne, que ce soit la même dimension, parce que si on veut le mettre en face de l’escalier marron, quand on tourne, il faut que ça continue de faire lisse sur le dessus.

C : Nous, on la faisait en hêtre parce que le hêtre, c’est un matériau dur, lourd. Il faut que ce qui est gros soit lourd. Parce que ce que l’œil voit, il faut que la main le sente.

Quand on achète une tour rose hyper légère, le travail n’est pas le même, ni le résultat ! 

C : Eh bien, c’est dommage, en fait, oui.

Et nos amis chinois, je n’avais pas réalisé qu’en fait leurs tours sont parfaitement de bonne taille, parce qu’ils doivent les calibrer par cent, mille, je ne sais pas, et ils les plâtrent. Donc, ils cachent. Alors que moi, je vends du brut, donc je ne cache rien. La tour rose en plâtre, elle est parfaitement à la bonne taille, et puis, en tournant, ça reste parfaitement à la bonne taille. Mais, c’est moins lourd, parce que, forcément, même si vous prenez une tour en hêtre (et toutes les tours roses ne sont pas forcément en hêtre), si elle est peinte, autant dire que c’est pas tout à fait du hêtre. En plus, quand elle va tomber, une fois, il y aura un blanc qui va apparaître à la place du choc. J’ai donc arrêté très rapidement de faire l’escalier marron, parce qu’il n’était pas compatible avec la tour.

Alors, j’ai changé de fournisseur et je suis allé chez un plus quelqu’un d’un peu plus industriel et qui respectait beaucoup facilement les cotes. Il faisait vraiment ça au 100e. Mais il fallait de grosses quantités et je n’avais pas assez de quantités pour que le prix soit intéressant. Ça me faisait aussi un très gros stock à la maison.

Je voulais faire la boîte pour ranger les perles du serpent. Le monsieur qui travaille si bien m’aurait demandé d’en faire 100 ou 150 à la fois. Mais pour assembler les boites, il y a des crénelures, je pouvais les faire en découpe laser à plat.


C’était sympa, parce qu’on a toujours travaillé ensemble avec mon mari. Mon mari a une agence de communication J’étais son petit œil qui relit les documents, c’est-à-dire que je traquais les fautes d’orthographe.

Le logiciel qu’il utilise pour faire ses documents imprimés, on peut l’utiliser aussi pour dessiner des modèles à plat. Avant, c’était moi qui travaillais pour lui, et depuis Montessori, c’est quand même beaucoup lui qui travaille pour moi, et on travaille toujours ensemble. 

C : C’est InDesign. 

C : Il connaissait déjà le logiciel. Clément est extrêmement rigoureux et précis. Là, on travaille avec des traits de 0,001 mm pour la découpe. Les matériels, ils tombent super bien. Et on a dessiné la troisième boîte de couleurs en bois. Avec ça, on a besoin de beaucoup moins de 30 heures pour arriver à un beau résultat.

C : Pour tout ce qui est découpe laser, c’est le découpeur qui me fournit tout. Il y a aussi le monsieur qui m’a fait les casiers. Et puis, le tourneur. Le tourneur, c’est celui qui fait toutes les pièces rondes.

Il m’a dessiné les petits boutons de préhension. Il n’est pas très loin d’ici, en Haute-Loire. Quand on y va, il a des copeaux dans les cheveux. On est chez un vrai professionnel. J’aime beaucoup ça. 

J’étais allée voir les meilleurs ouvriers de France à Saint-Étienne, pour leur demander s’ils pensaient que c’était faisable, les emboîtements cylindriques, en leur montrant ce que c’était qu’un emboîtement cylindrique, et ils m’ont dit c’est extrêmement compliqué.

Là-haut, en Haute-Loire, il m’a qu’il voulait bien essayer. Mais il me demande des quantités assez impressionnantes. C’est un travail très minutieux que personne d’autre n’a voulu faire dans tous ceux que j’ai contactés. 

Il m’a fait aussi des cubes pour le matériel pour la banque, et des cubes en bois, et je n’en ai plus. Et en fait, ces cubes, ça revient extrêmement cher. Donc, je crois que je vais être obligée de passer à un modèle creux, qu’on découpera à-plat, parce que, je ne vends plus du tout la banque. Je suis allée faire un petit tour chez mes concurrents qui travaillent avec la Chine et j’ai vu leur tarif.

Moi, je suis pas du tout compétitive avec ça.

C : Oui, c’est une forme basique, c’est triste de devoir abandonner un produit. Ma foi, c’est comme ça, il y a des choses qu’on arrive à suivre et d’autres pas. L’avantage avec le découpeur laser, c’est qu’il fait à la pièce. Il ne demande pas plus cher pour en faire une ou pour en faire 50.

Ça me permet d’avoir une large gamme. 

Au fur et à mesure de mes formations, j’ai agrandi la gamme, sauf les choses qu’on m’a demandé de rajouter comme nous disions tout à l’heure.

Au fur et à mesure, j’ai fabriqué le matériel pour permettre aux personnes de le faire soi-même et pour être sûre qu’il soit en cohérence. À chaque fois, je prenais bien les indications de mes formateurs pour que ce soient les bonnes mesures.

La première partie de l’interview se terminant ici, vous pouvez écouter ou visionner la deuxième partie de mon interview avec Christèle concernant Le Matériel Montessori à faire soi-même ci-dessous :

C : Avant même les boîtes de grammaire, il y a les symboles, parce qu’à la Source, il y a une inversion : le bleu ciel, c’est l’adjectif et le déterminant est en bleu marine, alors que pour tous les autres, le bleu ciel, c’est pour le déterminant et l’adjectif est en bleu marine. Alors, j’ai fait les deux, comme ça, chacun trouve ce qu’il cherche. 

En ce qui concerne les boîtes de grammaire, j’ai été formée sur les couleurs de l’AMI, et ma dernière formatrice, elle gardait les couleurs des symboles de la grammaire.
Concrètement, avec une fille dyslexique, dysorthographique, dysgraphique, j’ai trouvé plus simple de rester dans les mêmes couleurs. Et je fais beaucoup de soutien scolaire, et quand on a des enfants qui sont issus de l’école, qui n’ont jamais vu ces histoires de couleurs, ils s’en fichent complètement. Donc, il faut appeler les choses par leur nom. Du coup, chez moi, si vous voulez les couleurs de l’AMI, vous avez les couleurs de l’AMI. Si vous préférez rester avec les couleurs de la grammaire, vous pouvez rester avec les couleurs de la grammaire.

C : Je crois que le noir et le rouge ne bougent pas. C’est la conjonction, la préposition et le pronom, les natures de mots sont juste inversées deux par deux. Oui, bon voilà, je ne sais plus quels étaient les arguments de ma première formatrice. 

C : Le grand alphabet. J’ai mis longtemps à le proposer. C’est un matériel que je trouvais compliqué. Il m’a été montré en formation, avec des lettres très grandes. Ma fille avait des problèmes de poursuites oculaires. Quand elle écrivait avec ce grand alphabet, la lecture ne venait pas du tout, parce que son œil était sans cesse ramené au départ.

Rapidement, une amie m’a dit de passer au petit alphabet. Quand on est passées au petit alphabet, la lecture est venue tout de suite, comme par magie. Ce grand alphabet était, à mon sens, un peu grand avec un interligne de 5 ou 6 centimètres. Le mien, il est moins grand, 4,5 cm. Il y a le fait que les lettres se lient ou pas ?

C : Des œilletons, pas d’œilletons. À ce moment-là, j’ai suivi le geste d’écriture, le livre qu’a écrit Danièle Dumont. J’ai trouvé que c’était très cohérent, ce livre-là. J’ai contacté Danièle Dumont mais elle n’avait pas de police d’écriture. Et j’ai trouvé quelqu’un qui dessinait des polices. Je lui ai demandé de dessiner mon alphabet en utilisant toutes les préconisations du geste d’écriture, les boucles, les œilletons…

J’ai demandé à une de mes formatrices, Marie Hélène Barbier, de vérifier si cette police correspondait bien pour faire le grand alphabet. Cette police, on l’a appelée 123Montessori, c’est celle que j’utilise pour mes documents. Aujourd’hui, elle est en accès libre sur Internet, c’est Belle Allure. 

J’ai fait mon grand alphabet avec ça. Je disais que c’était selon les préconisations de Danièle Dumont, et elle m’a appelée en me grondant d’utiliser sa police. Je ne savais même pas qu’elle avait fait une police d’écriture. Du coup, j’ai enlevé toute référence, même dans le texte qui explique comment j’ai formé les lettres, parce qu’elle voulait un copyright.

Mais moi, j’ai pas les moyens de verser une commission sur chaque alphabet.

Avec Marie-Hélène Barbier, on a dessiné aussi les digrammes. Avec le graphisme comme il faut, tout à fait fluide, comme le demande le geste d’écriture. 

C : On m’a demandé de faire le grand alphabet, mais cette fois en capitales d’imprimerie. Là, je suis un peu gênée par rapport à ce grand alphabet. J’ai suivi une petite formation sur le geste de l’écriture. Je ne peux pas me résoudre à faire quelque chose que je ne comprends pas. Il y a des choses qu’on m’a demandées et que je comprends, mais cet alphabet-là, je ne peux pas. Donc, je ne fais pas le grand alphabet en capitale d’imprimerie.

Ce serait peut-être une bonne idée commercialement parlant, mais je ne suis pas commerciale. Comme je dis souvent, je ne vends pas des petits pois. Quand je fais un matériel il y a une raison derrière.

C : Il y a une frise de la vie qui est distribuée par l’AMI et dessinée par Benoit Dubuc.

C’est un modèle que je ne voulais pas copier puisque c’est le sien. La frise de la vie, c’est un matériel avec lequel on a vraiment envie de travailler. Donc, je voulais la faire. C’est un très gros travail parce que les illustrations, il en faut beaucoup. Il se trouve qu’on n’a pas beaucoup de photos des animaux préhistoriques.

On aurait pu mettre des photos de restes de fossiles, mais ça ne permettait pas de se rendre compte de l’ensemble. J’ai beaucoup travaillé avec Marie-Hélène Barbier sur ce projet là. La frise de l’AMI, elle ne respecte pas les couleurs de la classification internationale. Je voulais que ce soit cohérent avec ce qui est utilisé d’une manière pas forcément Montessori.

FRISE DES LIGNES DE VIE, FRISE DU TEMPS MONTESSORI- à faire soi-même

C : De fait, en fonction des découvertes géologiques, on découvre des nouvelles choses, et c’est très bien. C’est un matériel qui est en évolution. C’est normal.

Il faut le mettre à jour régulièrement, voilà. Pas tous les ans mais régulièrement quand même. 

C : Dans mes contacts, j’ai aussi Juliette Dangeon-Vallon, qui, elle, s’occupe plutôt de public Montessori en Haute-Savoie, et je trouvais qu’elles avaient toutes les deux un point de vue à apporter. Et pour les illustrations, j’ai eu la grande chance de travailler avec le fils de Géraldine Maisonneuve du blog Montessori et Cie.

Lui, il a fait des études de biologie. Il m’a fait tous les dessins. Ce qui fait que c’est très cohérent et très beau !

C : Avec Hugo, c’était chouette parce que sa maman elle est quand même très montessorienne, et donc il est scientifique avec un bon coup de griffe. C’est grâce à lui qu’elle est si belle, cette frise.

C : On fait avancer les choses.

C : Je pourrais peut-être vous parler du damier, le damier de la multiplication.

Le damier a des cases rouges, vertes, bleues. Avec, on fait des multiplications avec les barrettes de perles. J’ai choisi de faire le damier avec des grandes cases, pour que la barrette de neuf perles tienne entièrement dans la case et recouvertes de feutrine. Ce n’est pas moi qui l’ai inventé, à la Source, elle faisait ça aussi. Les cases recouvertes de feutrine, ça permet que les perles ne glissent pas trop avec des mains mal habiles.

Parce que le damier, c’est un matériel qu’on peut commencer alors que l’enfant est encore en maternelle, en grande section certes, mais c’est un matériel de maternelle. Et si le bois est parfaitement verni, les perles vont glisser, le résultat sera faux et c’est très décourageant pour l’enfant. Même si on ne vérifie pas toujours le résultat et je suis bien la dernière à demander de faire une vérification. Mais ils ont quand même parfois besoin de voir si c’est juste. Si c’est faux parce que le matériel n’a pas aidé, il y a un problème.

C : Donc, ça change le résultat. J’ai fait ce choix d’avoir de grandes cases, recouvertes de feutrine, pour que le travail soit facilité pour l’enfant. Le but, c’est qu’il arrive lui-même à le faire. Et c’est très casse-pieds à expédier ! Parce que du coup, c’est très grand. Aujourd’hui, ils vérifient scrupuleusement la taille des colis. 

Un temps j’ai proposé les grandes barres rouges et bleues. Aujourd’hui, je ne pourrais plus. Parce que je ne pourrais plus les expédier. Il faut une caisse qui fasse au moins un mètre, et si l’on veut caler quelque chose qui fait un mètre, il faut un emballage un peu plus grand, et les transporteurs ne veulent plus. 

Il y a un deuxième damier qu’on appelle le damier des décimaux et qui sert plus tard.

Pour lui, j’ai fait une concession à l’expédition, les cases sont un peu plus petites. Il a de la feutrine pour que les perles ne glissent pas trop. Mais les cases sont un peu moins grandes. La barrette elle tient moins largement. Ce matériel sert plus tard, quand les enfants sont plus grands, plus précis.

C : C’est amusant parce qu’il y a un matériel que j’avais travaillé avec au départ, avec tous les gens qui ont été formés à la Source, c’est le serpent de l’addition. C’est un matériel qui sert à travailler le complément à 10.  10 barrettes de chaque. Donc 10 unités 10 barrettes de 2, 10 barrettes de 3, etc. Et 10 barrettes de 10.

Moi, j’avais appris que chaque quantité était bien rangée dans sa case et Juliette m’a demandé de faire une boîte où tout est mélangé et, en plus, où tout peut se compter. 

C : Juliette, en voyant les enfants utiliser ce matériel, a observé qu’au départ, ils font les serpents qu’on leur propose, et après ils les font eux-mêmes. Mais un jour, ils renversent la boîte et disent : « Combien y a-t-il de perles dans ce serpent ? » Elle m’a demandé de faire un matériel où on peut tout compter. Je crois qu’il y a quatre de chaque. Et puis il y a assez de 10 pour arriver au total de ce serpent.

Le matériel Montessori n’est pas forcément figé dans le marbre, si on arrive à ce genre d’observation, c’est intéressant aussi.

serpent de l'addition matériel montessori à faire soi-même

C : C’est Juliette Danjon-Vallon qui a décidé de proposer la formation en 0/3 ans. Elle faisait déjà le 3-6, peut-être un peu en 6-12, je ne veux pas dire de bêtise. Elle a voulu faire le Nido. Pour le Nido, elle ne trouvait pas le matériel.

C’était un sacré défi, parce qu’il y a des tas de choses avec des tiroirs. Quand on se met devant l’ordinateur et qu’on dessine les matériels, c’est compliqué.

C : Elle voulait que la boîte soit polyvalente, c’est à dire qu’elle puisse servir pour la boule, le cube, le pavé, le pavé triangulaire et le cylindre. Réfléchir pour faire en sorte que la languette puisse se changer. Sur celle que je connais, c’est posé au dessus. Pour l’avoir utilisée avec ma fille, j’ai trouvé que ce n’était pas du tout pratique. On avait dû mettre du scotch.

C : J’ai fait une version avec la languette qui se glisse par-dessous. Je pense qu’il faudra mettre de la pâte à fix ou quelque chose pour maintenir. Mais l’avantage, c’est qu’on a une seule boîte pour toutes les formes à introduire.

C : On a dessiné tous ces modèles avec mon mari l’année dernière. On les a testés, je les ai montés, et je voulais avoir le regard de quelqu’un d’autre, parce que j’aime bien, pour du matériel Montessori très spécifique comme ça, avoir deux regards. On s’est donné rendez-vous avec Juliette et j’ai invité Claire de Gérard, qui, elle aussi, fait des formations pour des tout petits. Pour discuter ensemble du matériel et des modifications qu’elles voulaient que je fasse. Moi, j’ai mes contraintes, mais à l’usage, il y a d’autres contraintes et c’était important d’avoir un regard extérieur. 

Boîte permanence de l'objet matériel montessori à faire soi-même

C : Elles ont apprécié de se rencontrer, parce que c’est vrai que les formateurs se rencontrent rarement. Et je suis une des seules à être ce point de jonction.

C : Ma clientèle, c’était surtout l’école à la maison. Comme l’école à la maison est presque interdite dans les faits, j’ai beaucoup moins de travail. J’ai des enseignants. Tout à l’heure, j’étais en lien avec une autre formatrice qui forme les enseignants des écoles privées qui sont en poste.

C : Elle avait l’air de dire qu’elle avait beaucoup de demandes. Je pense que c’est les enseignants, aujourd’hui surtout. Mais une fois qu’on a son matériel Montessori, acheté ou qu’on a pu faire soi-même, on n’a plus besoin de le changer. Ça dure longtemps, tant mieux. Heureusement que mes clientes du début, elles ne sont pas obligées de changer leur matériel au bout de dix ans.

C : J’ai des enseignants qui ont utilisé mon matériel depuis dix ans et il ne bouge pas. 

C : Alors je vais parler contre moi. Mais quand on voit les photos de Maria Montessori avec ses cubes de la tour rose, franchement, leurs angles, les coins, ils sont bien usés, hein ?

C : Si c’est toi-même qui as fait ta peinture, tu le peins, et puis, s’il y a un accro à réparer, ce sera la même peinture. Mais si ce n’était pas toi qui l’avais peint, tu es obligé de tout reprendre.

C : Alors, je sais que c’est très difficile. Moi j’ai juste trois puzzles qui correspondent au Bon Berger.

C : C’était du matériel que je voulais avoir pour moi, alors je l’ai fait. Après, on en a parlé avec la personne qui a ouvert le Marché du Bon Berger, qui se trouve être un ami. Étant donné que je n’étais pas formée, je n’ai pas poursuivi. Moi, c’était vraiment les enfants et l’enseignement de Montessori de base. Ça m’intéressait moins le catéchisme, alors que j’ai fait des années de catéchisme, mais je ne me suis pas sentie catéchiste dans l’âme. Ce que j’aime vraiment, c’est faire du soutien scolaire et avec la méthode Montessori.

Je trouve que c’est très bien que Vincent ait son travail avec le Marché du Bon Berger et que moi, je reste de mon côté en n’empiétant pas sur son domaine. J’en resterai là. J’ai fait la carte de Palestine, enfin la Terre Sainte. J’ai fait deux puzzles avec le cycle du temps, que je trouve très parlants et pour lesquels j’ai fait faire les dessins. Le porte-chasuble, parce que je voulais apprendre à ma fille les couleurs liturgiques et je me suis arrêtée là.

Porte chasuble de la méthode du bon berger à faire soi-même

C : Oui, Vincent, il a été formé à la catéchèse du Bon Berger. Donc, quand il fabrique le matériel du Bon Berger, il sait ce qu’il fait.

C : C’est pas une commande, mais un client, je crois qu’il s’appelait Alain. C’est un enseignant qui m’a passé une grosse commande, et puis encore plusieurs commandes sur un mois et demi ou deux mois. À l’époque, on travaillait avec ma fille et elle disait « Ah, il y a encore une commande de Alain aujourd’hui ». Au bout d’un moment, j’ai fini par le contacter en lui disant « Alain, vous avez commandé toute la boutique ». J’ai été très touchée parce que cet homme était enseignant. Il s’était formé à la pédagogie Montessori. Je crois qu’il travaillait dans une école publique. Il a fait des économies, mais beaucoup d’économies, parce qu’il a acheté tout le matériel pour le faire lui-même.

Ça demande un travail de dingue. C’est lui qui a acheté son matériel. Souvent, c’est les mairies qui payent. Il a fabriqué son matériel lui-même pour pouvoir proposer Montessori dans son école, alors qu’il est le seul à pratiquer cette pédagogie dans son école. Ce n’est pas une commande étonnante, mais c’était une belle rencontre parce que, du coup, on a eu quelques échanges et j’ai été vraiment touchée qu’il choisisse ma boutique pour équiper sa classe.

C : Je crois qu’on a vraiment beaucoup parlé de mon histoire. Mais quand j’expédie mes commandes, il y a un petit message, je le répète à chaque fois, je mets le numéro de suivi, et je demande si c’est possible, de m’envoyer des photos du matériel terminé, parce que j’aime bien voir le matériel en situation avec des enfants.

Étonnamment, au début d’123Montessori, je recevais souvent des photos. Maintenant, je n’en reçois plus du tout. Alors, je suis un peu triste, j’espère que mon matériel sert, parce que ça ne sert à rien de l’acheter si on ne le monte pas.

C : Pour me contacter, c’est contact@123Montessori.frJe ne veux pas me substituer à un formateur, mais ça m’arrive d’avoir des questions de la part des clients qui voudraient savoir, pour la multiplication, quel matériel je recommanderais. Ça, c’est une question type, mais il peut y en avoir d’autres. Je veux bien répondre. Je n’enverrai pas une fiche avec une présentation type. Parce que je pense que ça, c’est les formateurs qui le font. Mais je veux bien aider à choisir, prendre le temps d’un coup de fil si c’est nécessaire. On prend un rendez-vous téléphonique parce que je ne suis pas toujours libre. Ça me plaît aussi de rencontrer mes clients de cette manière-là.

C : Oui, sur 123montessori.fr, vous avez déjà toute ma gamme disponible. Comme on ne l’a pas fait d’un seul coup, il y a eu beaucoup d’ajouts petit à petit. N’hésitez pas à fouiller, parce qu’il y a énormément de choses et on n’imagine pas tout ce qu’il y a.  Si vous voulez me contacter, pas de souci, je suis ravie de répondre à tout.

C : Merci, Anne-Laure, merci à vous 

Étiqueté , ,

Votre répertoire de podcasts sur la pédagogie Montessori et la Discipline Positive

Plongez dans l’univers fascinant de la pédagogie Montessori grâce à notre podcast « Montessori à la maison avec les Montessouricettes ». Avec un catalogue riche de plus de 200 épisodes, nous avons exploré une multitude de thèmes pour vous aider à trouver des réponses à vos questions sur l’éducation Montessori. Mais, nous savons que retrouver un sujet précis peut s’avérer difficile parmi cette vaste bibliothèque d’épisodes.

C’est pourquoi nous avons créé pour vous un répertoire organisé des podcasts dédiés à divers aspects du monde Montessori et bien au-delà. Vous y trouverez des ressources sur la pédagogie Montessori, l’école à la maison (ou instructions en famille), la discipline positive, et bien plus encore comme le coschooling et des activités à faire en famille.

Que vous soyez un parent qui cherche des conseils pratiques pour appliquer la méthode Montessori à la maison, un enseignant qui souhaiterait mettre en place cette merveilleuse pédagogie au sein de sa classe ou un éducateur cherchant à approfondir votre compréhension de la discipline positive, notre collection de podcasts est là pour vous guider. Découvrez, apprenez et grandissez avec nous dans ce voyage passionnant vers une éducation enrichissante et positive.

Mieux me connaître

Pédagogie Montessori

Se former à la pédagogie Montessori

Aménager sa maison Montessori

Communauté enfantine Montessori

Vie Pratique & Sensorielle Montessori

Langage Montessori

Langues étrangères

Calcul Montessori

Nature Montessori

Art et loisirs créatifs Montessori

Noël Montessori

Éducation nationale ou école Montessori

Instruction en famille (ou école à la maison)

Coschooling

Parentalité positive

Discipline positive

Émotions Parents / Enfants

Moments en famille

Organisation pour maman

Divers

Apprentissages informels et pédagogie Montessori

Apprentissages informels et pédagogie Montessori

Photographie du château de Versailles prise par mon fils : l'un de nos nombreux apprentissages informels de la journée

Avez-vous déjà entendu parler d’apprentissages informels ? Je vais être franche, cela recouvre beaucoup de choses… Mais je vais essayer de vous montrer à quoi cela peut ressembler à travers l’exemple de l’une de nos sorties pédagogiques.

Avant de continuer, si vous préférez écouter le podcast de cet article, par exemple en faisant vos tâches ménagères ou pendant un trajet en voiture, je vous invite à cliquer sur le lecteur ci-dessous :

 

Il y a quelques années, les enfants et moi, accompagnés de l’un de mes neveux, lycéen, sommes allés au Château de Versailles. Plus précisément, dans les jardins du château. Cela tombe bien, car je rencontre souvent des mamans inquiètes qui se demandent comment on peut apprendre en-dehors d’un cadre « scolaire ». Dans l’instruction en famille, il y a toutes sortes de courants, de « l’école de grand-papa » à l’unschooling, ou instruction informelle. Même dans cette dernière catégorie, il y a des nuances : certaines familles laissent les enfants apprendre réellement seuls, en autonomie, et ne font que répondre à leurs questions et sollicitations, sans chercher à susciter la curiosité. D’autres créent les occasions d’apprentissage et c’est plutôt ce que je me suis efforcée de faire durant cette visite à Versailles.

Nous avons donc passé une bonne partie de la journée dans ces magnifiques jardins dessinés par Le Nôtre. A l’arrivée au château, François, qui avait tout juste 7 ans, a remarqué les deux façades « qui ressemblent à un temple romain » : j’en ai donc profité pour lui parler un peu du classicisme et de la façon dont, à cette époque, on s’est mis à imiter les œuvres d’art de l’Antiquité.

Dans les jardins eux-mêmes, les enfants se sont mis à courir de statue en statue pour lire les inscriptions. Excellent exercice informel de lecture puisque pour la plupart ce n’étaient pas des noms qu’ils connaissaient. François n’avait pas de souci, mais pour Elisabeth, 5 ans, qui commençait tout juste l’étude des différentes façons d’écrire un même son (e/eu/œu), c’était un véritable travail.

Au passage, lorsque je connaissais l’histoire du personnage représenté, je la racontais aux enfants (Cléopâtre, des dieux romains…) et nous recherchions la symbolique qui permet de les reconnaître. Au passage nous avons dû aborder la notion d’allégorie quand sur une fontaine, ma fille a lu « Les trois chasseurs » : « Mais c’est qui ? Comment ils s’appellent ? » Ce n’était qu’une représentation de la chasse… Bon, je ne suis pas sûre qu’ils aient bien compris le principe, mais ça viendra un jour.

Devant une fontaine, François s’est exclamé que l’oiseau représenté dessus ressemblait à un cygne ou une cigogne, il ne savait pas trop. Je lui ai donc confirmé que c’était bien un cygne, je lui ai montré quelques éléments qui permettaient de le reconnaître, avant de lui rappeler ce qu’est une cigogne, qu’elle appartient à la famille des échassiers, comme le héron, qu’ils ont de grandes pattes très fines, et qu’elle est blanche et noire.

Les magnifiques jardins de Versailles, prétextes à de nombreux apprentissages informels

En passant devant le château, nous avons un peu parlé des rois et reines qui y ont vécu (ils connaissaient déjà Louis XIV). Puis nous nous sommes dirigés un peu plus bas vers le grand canal, où nous nous sommes arrêtés pour goûter.

Là, nous avons surtout observé la nature : les différents oiseaux qui nous entouraient (corbeaux, canards, cygnes…), les feuilles, les bourgeons… Eh oui, même en goûtant, on peut apprendre, c’est tout le principe des apprentissages informels ! Petite partie de ballon pour se défouler, petit goûter pour récupérer et nous sommes repartis vers le château.

Nous avons repris notre exploration des statues jusqu’à ce que tout le monde soit bien fatigué ! Cela tombait bien, c’était l’heure à laquelle mon mari devait nous rejoindre. Il ne restait plus qu’à attendre le départ du car que devait prendre mon neveu. Pour patienter, et comme les enfants étaient épuisés par leur longue marche, nous sommes allés dans un café pour prendre un verre. Sur l’un des verres que le serveur a apporté, il y avait la Corse : l’occasion parfaite de demander aux enfants s’ils reconnaissaient cette forme, qu’ils ont déjà souvent manipulée sur des puzzles de France.

Puis vint le moment de l’addition : j’ai expliqué à mon aîné qu’il était toujours bon de vérifier une addition et je lui ai demandé s’il voulait bien refaire le calcul pour que l’on soit surs du résultat. Il s’est donc lancé dans son addition de 6 nombres à 3 chiffres (je lui ai rapidement expliqué le principe de la virgule en lui disant que ce qui venait après, c’étaient des centimes, et qu’il pouvait donc faire comme s’il n’y avait pas de virgule). Je vous rassure : le calcul de la machine était bon !

Mon neveu a finalement pris son car et cela a sonné la fin de notre magnifique journée à Versailles. Au final, les enfants ont travaillé :

  • L’histoire de l’art (notion de classicisme)
  • La lecture (les noms des statues, souvent très difficiles à lire)
  • L’histoire et la mythologie (toujours grâce aux statues, ainsi qu’à la présence du château de manière générale)
  • La botanique et la zoologie (en observant une nature assez différente de celle de la campagne sauvage, ainsi que les statues qui représentaient des animaux)
  • La géographie (la Corse et son statut par rapport à la France)
  • Le calcul (vérification de l’addition au café)

 

Avantages et inconvénients des apprentissages informels

 

Ces apprentissages informels paraissent très ambitieux sans doute, mais il faut savoir que les jeunes enfants sont de véritables éponges (c’est d’ailleurs ce que Maria Montessori appelle l’esprit absorbant) et lorsqu’ils sont passionnés par quelque chose, rien ne les arrête. C’est tout l’avantage de passer par les apprentissages informels : on rebondit sur les centres d’intérêt des enfants et tout se fait avec plaisir !

Bien évidemment, tout cela a été rendu possible grâce à un gros effort de ma part. Il se trouve que j’ai fait des études assez poussées, j’ai la chance de posséder une culture assez large et l’expérience fait que j’ai maintenant l’habitude de susciter des occasions d’apprentissage informel dans à peu près n’importe quelle circonstance. Et pourtant, je vous avoue que tout cela m’a épuisée ! J’aime que nous apprenions parfois différemment, j’aime aussi d’ailleurs les sorties où je ne rajoute rien, où je laisse simplement les enfants vivre leur expérience, mais je ne ferais pas cela au quotidien.

Lorsque je parle d’école à la maison, on me demande souvent si je suis enseignante de formation. J’ai bien enseigné dans le supérieur, mais rien qui soit vraiment adapté à des enfants de 0 à 7 ans ! Je trouve cependant que c’est là toute la beauté de la pédagogie de Maria MontessoriQue l’on ait fait de grandes études ou que l’on n’ait même pas son brevet, on peut apprendre énormément à son enfant, par l’intermédiaire du matériel pédagogique qu’elle a créé scientifiquement.

Le cube du trinôme Montessori : apprentissage formel ou informel ?

La manipulation du cube du trinôme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un simple exemple : vous n’avez peut-être jamais bien compris la formule du binôme (a + b)= a3+ 3a2b + 3ab2+ b3 mais votre enfant peut très bien, dès 3 ans, manipuler le cube du binôme et s’imprégner de ce résultat. Chaque pièce (cube ou pavé), correspond à l’un des éléments de cette égalité remarquable. Et cela devient encore plus impressionnant avec le cube du trinôme, qui résume de façon géométrique l’égalité (a + b + c)3= a3+ b3+ c3+ 3a2b + 3ab2+ 3a2c + 3ac2+ 3b2c + 3bc+ 6abc.

Vous ne me croirez probablement pas, mais je vous assure qu’à force de manipuler très jeune (vers 3 ans, 3 ans et demi) ce puzzle en 3D, ce genre de développement mathématique devient naturel à l’enfant plus âgé… Et là encore, peu importe que vous n’ayez jamais rien compris aux maths, si vous êtes simplement capable de montrer à l’enfant comment défaire ce cube, en classant les pièces identiques ensemble, et comment ensuite le remonter dans l’ordre, vous aurez posé les bases de l’algèbre dans son cerveau.

En formation, j’ai rencontré une maman qui n’avait jamais eu le bac et dont le fils, éduqué à la maison avec la pédagogie Montessori, a fait de brillantes études mathématiques. Alors qu’il faisait sa thèse, il a tenté de lui expliquer son sujet de recherche (qui était incroyablement compliqué) et elle s’est sentie dépassée, jusqu’à ce qu’il lui explique que tout ça venait de ce qu’elle lui avait montré à tel moment dans son parcours Montessori. Elle-même n’avait pas vu ou pas compris ces notions derrière le matériel, mais lui, dont l’intelligence était particulièrement orientée vers les mathématiques, en avait tiré beaucoup plus, et cela avait inspiré jusqu’à son sujet de thèse !

Bref, au-delà du plaisir qu’il y a à partager son savoir avec ses enfants, il est bon de pouvoir s’appuyer au quotidien sur une pédagogie moins exigeante que les apprentissages informels envers nous, les parents ! Je trouve cela particulièrement reposant de se concentrer sur les étapes concrètes d’une présentation, sur ce que chaque sens perçoit (les sons, les couleurs, les formes…) plutôt que sur l’abstraction, que l’enfant percevra petit à petit lui-même à force de s’entraîner.

De suivre une progression en se concentrant simplement sur les centres d’intérêt et les progrès de l’enfant, plutôt que de chercher dans l’environnement immédiat ce qui pourrait être prétexte à une leçon. Pour moi, la pédagogie Montessori est le juste équilibre entre l’éducation formelle et informelle : elle se concentre sur les besoins et le rythme propre de l’enfant, sans plaquer une progression arbitraire, tout comme les apprentissages informels, mais elle offre un cadre et une structure rassurante, sur laquelle nous pouvons nous appuyer, nous les parents.

D’ailleurs, il est toujours compliqué de savoir s’il faut faire rentrer les activités Montessori dans le cadre d’une éducation formelle ou des apprentissages informels… Par exemple lorsqu’on étudie les fleurs dans notre jardin, est-ce formel ou informel ? Lorsqu’on apprend à tenir son crayon à travers des exercices de vie pratique, est-ce un apprentissage formel ou informel ? Il y a une forme, une structure, un cadre, mais ce n’est pas du tout le cadre habituel de l’école, où l’on est assis derrière un bureau…

Bref, le débat est bien vaste et je ne cherche pas à faire de prosélytisme, mais j’espère que cet éclairage vous aura permis de mieux comprendre comment nous profitons de l’IEF pour faire de belles sorties, prétextes à toutes sortes d’apprentissages informels, tout en ayant une base saine et solide grâce à Maria Montessori.

P.S. : La photo du château de Versailles qui illustre cet article a été prise par François, qui s’entraînait depuis peu à la photographie. Avec le respect de quelques règles simples (lanière toujours autour du cou, interdiction de courir avec l’appareil, on ne touche pas l’objectif…), il s’en sort et profite de chaque occasion pour s’améliorer (par exemple en prenant pour modèle son petit frère ou un champ de bataille avec des soldats en plastique). Vous pouvez retrouver cette photo, et d’autres prises par moi, sur notre compte Instagram. Si vous voulez avoir une idée de nos activités ou de nos journées, c’est l’endroit idéal pour nous suivre. J’espère vous retrouver là-bas !

Inscription à la communauté gratuite pour recevoir des ressources

 

Travail scolaire pendant les vacances

TRAVAIL SCOLAIRE PENDANT LES VACANCES

Vous vous demandez peut-être comment nous fonctionnons en IEF pour le travail scolaire pendant les vacances. En effet, nous sommes libres de partir quand nous le voulons, et surtout de travailler ou non quand nous le voulons.

Cet article n’est qu’un résumé de mon podcast Travailler pendant les vacances ; si vous voulez l’écouter dans son intégralité, par exemple en faisant vos tâches ménagères ou pendant un trajet en voiture, c’est ici :

Certaines familles pratiquent l’IEF toute l’année, sans grande interruption. D’autres suivent le rythme des vacances scolaires, en particulier les familles qui suivent des cours par correspondance, qui imposent parfois un calendrier précis pour rendre les devoirs.

Nous avons adopté une solution un peu intermédiaire : nous travaillons tout au long de l’année, avec environ un mois de vacances l’été et quelques semaines réparties dans l’année.

En particulier, nous partons souvent en vacances une semaine avant le début officiel des vacances d’été, pour profiter de tarifs bien moins chers tout en rencontrant d’autres familles venues d’Allemagne ou des Pays-Bas, qui sont souvent déjà en vacances en France.

travail scolaire pendant les vacances

Mais, et c’est le gros avantage de l’IEF, nous nous adaptons surtout aux événements familiaux ! A la naissance d’Etienne par exemple, nous avons ralenti le rythme et pris des “vacances d’IEF”. En revanche nous avons travaillé pendant les vacances de février ou de Pâques.

Et quand nous partons en vacances, pas de cahiers de devoirs de vacances (même si je comprends très bien la volonté de ne pas arrêter totalement le travail pendant les deux mois des vacances d’été !). Les enfants continuent à apprendre beaucoup de choses à travers nos visites, nos découvertes, nos voyages et leurs lectures. Nous sommes en quelque sorte en unschooling lorsque nous sommes en vacances.

L’IEF nous offre cette chance incroyable de pouvoir adapter notre rythme et nous apprécions d’en profiter pleinement !

Si vous vous lancez dans la pédagogie et que vous souhaitez être entourée, ou bien si vous êtes déjà plus avancée mais que vous voulez échanger avec d’autres personnes alors je vous invite à rejoindre Le Terrier des Montessouricettes.

Inscription à la communauté gratuite pour recevoir des ressources

Par ailleurs cet article ne reprend que les notes principales de mon podcast auquel je vous invite à vous abonner. Deux à trois fois par semaine, je vous parle de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d’instruction en famille, de coschooling et de bien d’autre choses encore.

Travail scolaire pendant les vacances - épisode 36
Étiqueté , , ,