Education bienveillante : pourquoi je n’adhère pas

POURQUOI JE N’AIME PAS L’EDUCATION BIENVEILLANTE

L’éducation bienveillante est un sujet de plus en plus à la mode depuis quelques années, entre autres chez les parents qui sont attirés par la pédagogie Montessori. Et je sens que je ne vais pas me faire des amis avec cet article, mais il est absolument fondamental pour moi et c’est une véritable mise en garde que je me sens obligée de faire.

En fait, il y a une série d’articles que je veux écrire depuis longtemps, mais qui sont particulièrement délicats. Chacun de ces articles a pour but de montrer qu’il faut éviter toute radicalité et adopter des positions beaucoup plus nuancées, en particulier lorsqu’il s’agit de parentalité et d’éducation.

Mais je vous en prie, lisez bien cet article jusqu’au bout, ne vous arrêtez pas aux premières phrases en pensant « c’est n’importe quoi ». En particulier si vous-même pratiquez l’éducation bienveillante, faites-moi la grâce de croire que justement, ma position est nuancée et non radicale. J’ai d’ailleurs écrit un second article pour expliquer encore mieux tous ces concepts et en quoi la discipline positive et l’éducation bienveillante ne sont pas exactement la même chose.

Car comme souvent avec les effets de mode, vous allez voir que les tenants de l’éducation bienveillante ne manquent pas de radicalité. Commençons par cette expression « éducation bienveillante« …

Une éducation bienveillante… et une éducation malveillante ?

Les mots ont leur importance. Sachant que « bienveillant » signifie littéralement « qui veut du bien », franchement, quel parent n’est pas bienveillant ?

Tout les parents souhaitent une éducation bienveillante

En tout cas, c’est une expression qui classe immédiatement les parents dans deux catégories et suggère que l’autre catégorie serait celle des parents « malveillants », qu’il faut absolument rabaisser. Donc franchement, cette expression me sort par les yeux. Comment peut-on se prétendre « bienveillant » quand on rabaisse tous les autres et qu’on se croit supérieurs à eux ?

Une immense culpabilité pour les parents

Mais mon refus de l’éducation bienveillante vient de plus loin et est plus profond.

Lorsque mon aîné a commencé à aller à l’école (sa seule année, dans une école Montessori formidable), une maman a proposé d’organiser un cercle de parents autour de l’éducation bienveillante. Intriguée, j’y suis allée, mais l’expérience s’est avérée franchement déprimante…

Chez nous, tout se passait plutôt bien, on découvrait à quel point un enfant de 2 ans et demi avait besoin d’indépendance et on s’adaptait tranquillement, avec nos petits succès et nos petits échecs.

Mais ce soir-là, une maman a témoigné, en expliquant qu’elle n’en pouvait plus : elle travaillait et le soir, en rentrant du travail, son fils restait absolument scotché à elle, ne la laissait même pas préparer le repas, et la harcelait pour qu’elle passe la soirée à jouer avec lui. Il occupait de plus toute son attention, au détriment de ses autres enfants !

Au fond, je crois que la plus grande difficulté était que cette maman n’avait aucun sas de transition entre son travail et la maison, et qu’elle aurait eu besoin de se recharger avant. On sentait qu’elle était à bout d’énergie (on voyait même des larmes perler à ses yeux). La suggestion de celle qui organisait le cercle de parents ? Prendre sur elle et passer un moment sur le trampoline avec cet enfant en décalant le dîner.

Ses besoins à elle : ils n’étaient pas pris en compte.

Sa détresse : complètement ignorée.

Seule conclusion : elle devait en faire encore plus.

éducation bienveillante entraîne une grande culpabilité chez les parents

J’ai eu mal pour elle au plus profond de moi. Ce soir-là, j’ai été définitivement refroidie par l’éducation bienveillante. Certes, l’éducation ne consiste pas à faire passer tous ses besoins avant ceux de son enfant, mais elle ne consiste pas non plus à faire passer tous les besoins de l’enfant avant les siens. C’est culpabilisant, déprimant et épuisant.

L’éducation bienveillante : vraiment efficace ?

C’est ce que j’observais d’ailleurs, le matin à l’école, quand les parents « bienveillants » se retrouvaient complètement dépassés par leurs enfants. Dieu sait que je ne considère pas que les enfants doivent « obéir », faire ce qu’on leur dit sans moufter ou « rester sages ». Mais en revanche, il est pour moi intolérable de laisser des enfants en bousculer d’autres, courir partout tous les jours en perturbant le calme de l’école et des enfants déjà rentrés. Ou de les laisser taper et insulter d’autres enfants. C’est tout simplement un manque de respect.

Combien de familles pratiquant l’éducation bienveillante connaissez-vous autour de vous ? Comment le vivent-elles au quotidien ? Ont-elles l’air heureuses et épanouies, les relations sont-elles respectueuses entre tous les membres de la famille ? Ou les parents sont-ils complètement dépassés, épuisés, malmenés ?

Si vous-même vous essayez d’éduquer vos enfants de façon bienveillante, comment le vivez-vous ? Posez-vous un instant et prenez du recul, honnêtement : êtes-vous satisfait de vos relations avec votre ou vos enfants ? Etes-vous à l’aise pour retrouver d’autres familles et que vos enfants jouent ensemble ? Est-ce que vous vous sentez, vous-même, dépassée, épuisée ou malmenée ?

J’ai écouté beaucoup de mamans qui, un peu en cachette, un peu honteuses, partageaient avec moi leur désarroi : pourquoi est-ce que ça ne marche pas pour elles ? Qu’est-ce qu’elles font de mal ? C’est censé être la solution magique et au lieu de ça elles n’en peuvent plus…

De même, j’avoue que dans notre entourage, je ne suis pas convaincue par ce que j’observe. Trop souvent, l’éducation bienveillante part dans un excès de laisser-faire, de laxisme, qui en fait n’est pas bon pour les enfants, qui souffrent de ne pas avoir de cadre. Car c’est important à rappeler : le cadre est sécurisant pour les enfants.

Bien entendu, le cadre peut être plus ou moins étendu, mais il y a une juste dimension qui est adaptée à l’enfant. C’est exactement la même chose que d’enfermer son enfant dans un placard (cadre beaucoup trop restreint et contraignant), le laisser vivre dans une maison (cadre adapté et sécurisant) ou le laisser abandonné dans la rue (aucun cadre, profondément paniquant).

On lit (heureusement) de plus en plus de témoignages de parents pourtant très engagés dans l’éducation bienveillante et qui avouent en revenir.

Ils parlent de l’épuisement, de la culpabilité, de la difficulté au quotidien. Même certains « super parents » qui en formaient d’autres à l’éducation bienveillante reconnaissaient il y a peu dans leur infolettre que ça les avaient beaucoup fait souffert et qu’ils avaient dû prendre du recul par rapport à tout cela pour réenvisager leur parentalité autrement.

éducation bienveillante peut épuiser les parents

Ouf ! Je suis profondément reconnaissante à tous ces parents qui sont suffisamment honnêtes pour admettre leurs difficultés sur les réseaux sociaux et expliquer tout simplement qu’ils ont changé d’avis sur la question (il n’y a aucune honte à changer d’avis, bien au contraire, c’est la preuve que l’on continue à réfléchir).

Prenez le premier article venu sur la bienveillance et lisez les commentaires : ce que je lis, c’est de la tristesse, de la culpabilité, de l’angoisse : « Je ne fais jamais assez bien », « je me retrouve toujours à craquer », « je ne m’en sors pas », « c’est absolument épuisant », « j’ai l’impression de devoir toujours en faire plus »…

Car au fond, ces parents ne sont que les victimes. Croyez-moi, je ne cherche absolument pas à leur lancer la pierre (ou à vous lancer la pierre si vous-même pratiquez l’éducation bienveillante). J’ai essayé moi-même pendant quelque temps (mais c’était il y a plus de 7 ans). J’ai participé à un cercle de parents. J’ai lu les fameux livres d’Isabelle Filliozat ou de Faber et Mazlish. Dedans, j’ai surtout retrouvé des techniques, des astuces, qui fonctionnent un temps et puis cessent.

Par exemple : « Offrir un choix à l’enfant : plutôt que de lui dire de mettre le couvert, lui demander s’il veut commencer par les assiettes ou les verres ».

La première fois, pas de souci, l’enfant est tout heureux, et puis ça fonctionne encore deux, trois, quatre fois… Jusqu’à ce que l’enfant, qui n’est pas stupide, refuse tout simplement de choisir : « Tu préfères commencer par les assiettes ou les verres ? – Non ! »

C’est d’ailleurs amusant (enfin, on rit un peu jaune), dans le livre « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », les auteurs reconnaissent elles-mêmes que dans leur groupe de parents, c’était la conclusion de tout le monde : au début, tout le monde était ravi des astuces proposées, et au bout de trois semaines, tout le monde en revenait en expliquant désespéré que « ça ne fonctionnait plus ».

Ce que je trouve dramatique, c’est qu’elles n’en ont pas tiré les conclusions qui s’imposaient et se sont juste contentées d’alterner davantage leurs astuces. Alors que tout le monde commence enfin à le reconnaître aujourd’hui : l’éducation bienveillante n’est pas une solution à long terme.

La bienveillance mise à toutes les sauces

Par ailleurs, je suis souvent un peu agacée par ce qu’on fait de la bienveillance. Avez-vous remarqué que sur les réseaux sociaux, dans certains groupes de parents, la bienveillance devient un outil pour faire taire ? Si quelqu’un apporte une contradiction (poliment j’entends), il y a toujours quelqu’un pour dire « ça n’est pas franchement bienveillant ».

Alors que le débat est parfaitement sain, tant qu’il se fait dans le respect et l’honnêteté. On a parfaitement le droit de ne pas être d’accord (et peut-être que vous n’êtes d’ailleurs pas d’accord avec cet article que vous êtes en train de lire : je ne vous en respecterai pas moins pour autant !).

Ou d’autres qui se montrent hyper violents, sous prétexte de bienveillance ! Avec des remarques comme « Mais comment vous pouvez prétendre faire du Montessori et imposer à votre enfant de finir son assiette ? C’est n’importe quoi ! » (et ce sont les mêmes que l’on retrouve quelques commentaires plus loin en train de parler de bienveillance…)

Cela rejoint aussi la question des violence éducatives ordinaires (ou de la violence de manière générale). Il est un peu facile de mettre l’étiquette de « violence » sur tout et n’importe quoi, en fait sur tout ce qui représente une contrainte ou une limite.

éducation bienveillante impose t'elle des limites ?

Si ce terme de violence éducative ordinaire a permis de répandre l’idée (et c’est une très bonne chose) qu’il n’y avait pas besoin de coups pour être maltraitant, que les paroles avaient parfois autant de poids que les gestes et que nous pouvions davantage respecter nos enfants, certains poussent le raisonnement à l’extrême.

  • Si je me lance dans une bataille de chatouilles avec mes enfants, est-ce de la violence ?
  • Si ma fille embête quelqu’un et que je la prends dans mes bras pour l’éloigner « de force », est-ce de la violence ?
  • Si mon fils insulte son frère et que je lui dis « C’est inacceptable », est-ce de la violence ?

Vous pensez peut-être que j’exagère, mais j’ai entendu des familles m’affirmer pour chacun de ces cas qu’il s’agissait de violence. Il y a même un article de Catherine Guéguen qui place la phrase « Ce n’est pas bien » sur le même plan que les gifles.

Le problème, c’est que du coup, le parent lambda se dit « ce sont des illuminés » et va continuer avec les fessées et les insultes comme système éducatif… Le radicalisme est toujours contre-productif. Au final, les parents détournent complètement l’idée même de bienveillance

Mais par quoi remplacer l’éducation bienveillante ?

Car il est facile de critiquer, de pointer les limites de l’éducation bienveillante. D’autant plus qu’elle a eu ses mérites, celui en particulier de pointer du doigt certaines de nos attitudes de parents qui semblaient justifiées, et dont on sait aujourd’hui combien elles peuvent être nuisibles pour la construction psychologique et physiologique de l’enfant (IRM à l’appui).

Mais maintenant, on fait quoi ? Est-ce qu’on s’effondre sur le carrelage de notre salle de bain pour pleurer toutes les larmes de notre corps ? Est-ce qu’on ouvre un pot de Nutella et qu’on essaie de s’anesthésier à coup de calories et de séries TV ? Je rêve de tellement mieux pour vous, pour chacune d’entre nous…

En fait, j’ai confiance dans une évolution de nos modes de parentalité à l’exemple des Américains. Entre malbouffe et démesure consumériste, ce n’est pas souvent que je prendrai exemple sur les Etats-Unis, mais en l’occurrence, ils ont dépassé ce stade de la « bienveillance extrémiste » depuis longtemps.

Chez eux, la bienveillance éducative a été à la mode dans les années 70 environ. Ils ont eu le temps de digérer tout cela et de parvenir à un équilibre bien plus satisfaisant, où toute la responsabilité ne porte pas sur les parents.

Chez nous, l’éducation bienveillante est un phénomène qui a surtout commencé à se répandre il y a une dizaine d’années. Et comme pour tout effet de mode, les parents qui découvraient ces principes se sont jetés dedans à corps perdu, en poussant toutes les idées à l’extrême.

On assiste à un effet de balancier inverse qui à mon avis ne fait que démarrer, et qui risque de complètement décrédibiliser l’éducation bienveillante (c’est déjà le cas dans certains milieux) pour en revenir à un mode d’éducation autoritaire (mais un peu moins qu’avant quand même).

Puis le balancier repartira de l’autre côté, vers la bienveillance, mais moins loin etc. etc. jusqu’à ce qu’on atteigne un point d’équilibre. Ce que je vous propose, c’est d’anticiper et d’essayer de sauter quelques mouvements de balancier…

un système de balancier pour trouver un équilibre entre éducation bienveillante et éducation autoritaire

Car si j’en reviens à l’exemple des Etats-Unis, ils ont déjà effectué ces mouvements pendulaires et sont, à mon avis, parvenus à un certain équilibre (je parle des familles vraiment intéressées par les questions d’éducation évidemment, pas de celles qui se contentent de suivre le mouvement et restent attachées à la télé, la malbouffe et la démesure en tout).

En effet, en 1981, Jane Nelsen écrivait son livre sur la Discipline positive, à partir des travaux d’Adler et de Dreikurs, qui dataient déjà des années 20. Après des années et des années où nous l’avons expérimentée, je suis pour ma part convaincue que la discipline positive est l’une des meilleures solutions disponibles à l’heure actuelle.

Je reviendrai dans un prochain article sur ce qu’est la discipline positive, mais je peux déjà vous en donner quelques éléments de base pour que vous saisissiez la différence avec l’éducation bienveillante.

Le principe de départ est que l’enfant (et tout être humain bien sûr) recherche avant tout le sentiment d’appartenance et d’importance. Appartenance à une communauté (la famille) et conscience qu’il a un rôle à jouer dans cette communauté (par exemple à travers les contributions qu’il peut apporter dans la famille).

J’écoutais récemment une interview de Jane Nelsen (qui est maintenant assez âgée) et qui traduisait ces mots par amour/affection et responsabilité. Deux notions qui s’équilibrent et qui évitent aussi bien l’autoritarisme (trop de responsabilité et pas assez d’affection) que le laxisme et l’enfant-roi (« trop » d’affection et pas assez de responsabilité).

Équilibrer amour et responsabilité permet d’éviter les écueils de la fameuse éducation bienveillante. Est-ce que ça demande toujours du travail aux parents ? Oui bien sûr. Mais ça demande aussi aux enfants de prendre leurs propres responsabilités et c’est ça qui change tout. Le poids du travail à accomplir pour parvenir à des relations familiales apaisées ne pèse pas exclusivement sur les parents.

Pour en revenir au cercle de parents dont je vous parlais, cette maman aurait été écoutée et certes, il y a des choses qu’elle aurait pu faire pour nourrir affectivement son enfant, mais derrière elle aurait aussi gagné du temps et de l’énergie car son enfant aurait lui aussi apporté sa contribution à la vie de famille (peut-être par exemple en l’aidant à préparer le repas ou en rangeant ses affaires avant).

Les critères de la discipline positive

Pour savoir donc si l’on parle d’éducation bienveillante ou de discipline positive, le plus simple est d’en revenir aux critères posés par Jane Nelsen elle-même.

La discipline positive :

  1. Aide les enfants à se sentir connectés (appartenance et importance). Je préfère d’ailleurs le terme anglais de « significance » à « importance ».
  2. Est encourageante et respectueuse pour tous (pas seulement pour l’enfant, le parent aussi est pris en compte, de même que tout l’entourage).
  3. Est efficace à long terme (pas d’astuces qui fonctionnent 3 semaines).
  4. Enseigne des compétences de vie essentielles (respect, attention aux autres, résolution de problèmes, coopération et toutes les compétences qui permettent de contribuer dans sa famille, son école ou sa communauté au sens large). On n’envisage pas l’éducation qu’à court terme, c’est tout son avenir qu’on prépare avec l’enfant.
  5. Invite l’enfant à croire en son potentiel. (Encourage l’autonomie).

Si on vous propose quelque chose qui ne respecte pas l’un de ses critères, c’est bien simple, ce n’est pas de la discipline positive.

Est-ce que cela veut dire que tout est facile maintenant, et que nous vivons dans une super famille de Bisounours ? Certainement pas. Il y a des hauts, des bas, des crises et oui, parfois encore des cris. Mais c’est amusant : généralement quand il y a une crise, je m’aperçois que cela correspond justement à un moment où j’ai moins mis en pratique ce que j’ai appris.

Par exemple dans des moments de vie difficiles (pendant mes deux dernières grossesses, j’ai dû passer beaucoup de temps allongée car je n’avais aucune énergie et si je me levais, je vomissais immédiatement), ou simplement parce que quand tout va bien, on n’a plus tellement besoin de certains outils et que du coup, quand une micro-crise survient, on a perdu ses réflexes.

Mais à chaque fois que je me suis replongée dans ces outils, que je me les suis remémorés de façon à pouvoir les utiliser à tout moment, quand j’en aurai besoin, nos relations familiales se sont retrouvées complètement apaisées et ce, sans que j’ai à me sacrifier et à tout faire passer après le bonheur immédiat de mes enfants.

Comme je vous le disais, il est difficile d’adopter une position nuancée et de l’exposer, en particulier sur Internet. Car tout le monde lit en diagonale, s’arrête aux phrases les plus frappantes et se forge une opinion à la va-vite.

Pour ma part, je vous fais confiance. Je pose cet article ici, et peut-être que d’ici une heure j’aurais 30 commentaires pour me dire que je n’ai rien compris, comment je peux critiquer l’éducation bienveillante, et à quel point je manque moi-même de bienveillance (le tout au milieu de quelques réflexions bien désagréables et pas du tout bienveillantes…)

Peut-être que certaines seront déçues, prendront la décision de ne plus me suivre. Peut-être que certaines se sentiront attaquées. Sachez que ce n’est absolument pas mon attention. Au contraire, si vous pratiquez l’éducation bienveillante et que vous y trouvez votre bonheur, tant mieux pour vous ! Ce que je dis n’est qu’une généralité et je suis ravie pour vous si vous êtes l’exception à la règle. Mais si vous pratiquez l’éducation bienveillante et que vous vous reconnaissez dans cet article, sachez que je suis là pour vous écouter, je lis et réponds à tous les commentaires…

Car je refuse d’insulter l’intelligence de celles et ceux qui me lisent. Peut-être qu’en-dessous de cet article pourra alors plutôt émerger une saine discussion, un échange respectueux. Pour ma part, sachez que j’ai toujours aimé discuter de tout, et en particulier avec des gens aux opinions radicalement opposées des miennes, tant que les échanges se faisaient dans le respect et l’honnêteté intellectuelle. Chez les Montessouricettes, aucun débat n’est tabou ! En revanche, je suis intransigeante sur un point : il faut se respecter.

J’ai d’ailleurs répondu à un certain nombre de remarques dans un autre article : Discipline positive et éducation bienveillante, est-ce la même chose ?

Et si vous avez envie d’en savoir plus, le thème de février de notre communauté sur abonnement, l’Accompagnement à la Parentalité et à l’IEF Montessori sera justement les bases de la discipline positive.

Je serais ravie que vous nous y rejoigniez !

 

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110 commentaires sur “Education bienveillante : pourquoi je n’adhère pas

  1. Bonjour Anne Laure,
    Quel article courageux ! Et bien écrit !
    Pour ma part, je ne suis pas pour une seule façon de faire , de voir, d’apprendre etc… je pense que c’est un tout et surtout que c’est à adapter à sa situation personnelle . Sinon, c’est un peu sectaire .
    Donc s’inspirer,adapter et Faire de mon mieux est ma letmotive
    Il y a tellement d’élément à prendre en compte dans une situation …

    1. Merci de ton retour !
      Il est effectivement indispensable de prendre en compte la situation de la famille, ses valeurs etc. Ce que j’aime dans la discipline positive, c’est que c’est, comme la pédagogie Montessori, un cadre que l’on adapte justement à ses valeurs et à ses enfants.
      Je pense que dans un cas comme dans l’autre, on s’appuie sur des principes universels qu’il faut complètement personnaliser, et que c’est pour ça que ça fonctionne aussi largement.
      Et qu’est-ce qui t’inspire le plus au quotidien pour ta famille ?

      1. Je pense que vous n’avez simplement pas compris les principes de l’éducation bienveillante. Il ne s’agit en aucun cas de laxisme ou de tyrannie ds intérêts de l’enfant sur ceux des parents. Dommage que vous cherchiez à convaincre quand vous n’avez pas pris soin de vous renseigner correctement au préalable.

        1. 🙂 Dommage que vous fassiez des suppositions sur les gens… Dommage aussi que si je ne suis pas d’accord avec vous, c’est que je ne me suis pas assez bien renseignée. Peut-être que cette suite à cet article vous éclairera, même si j’en doute : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/

      2. Bonjour,
        J’ai tout d’abord été surprise par le titre de cet article et j’attendais vivement de découvrir quelle était l’alternative proposée.
        Lorsque tu cites l’exemple de cette maman épuisée qui se voit proposer un conseil pour en faire encore plus avec son enfant déjà très en demande, il est clair que c’est maladroit. Effectivement l’éducation bienveillante commence par être bienveillant envers soi même. Et on ne peut pas ranger ce genre de conseil dans la « catégorie » de l’éducation bienveillante. Cette maman avait juste besoin d’une énorme dose d’empathie.
        Pour ma part, j’ai vraiment été heureuse de découvrir l’éducation bienveillante car instinctivement, je ne voulais pas reproduire certains schémas de l’éducation que j’avais reçue. Je voulais réussir à accompagner mes deux enfants, sans devoir menacer, punir ou donner des fessées. Mes parents criaient rarement mais j’ai reçu pas mal de fessées et je trouvais ma maman sévère. J’ai réalisée bien plus tard que j’étais une enfant hypersensible et je pense que ma maman avait beaucoup de peine avec mes émotions débordantes. J’aurais eu besoin de plus d’écoute et de plus d’affection. Et pourtant,il est clair que mes parents étaient bienveillants et nous ont donné beaucoup d’amour, d’attention et de présence à moi et ma sœur. Vraiment pour moi, il n’y a pas d’un côté parents bienveillants et de l’autre parents malveillants. Mais si mes parents avaient eu plus d’informations sur les étapes du développement de l’enfant ou sur les besoins d’une enfant hypersensible, je pense que j’aurais grandi de façon plus épanouie.
        Il me semble que l’éducation bienveillante est résumée ici comme une liste de trucs et astuces pour éviter les crises ou pour se faire obéir. C’est un des aspects et tant mieux s’il y a des astuces pour se faciliter le quotidien. Pour ma part, j’inclue la discipline positive dans la grande famille de l’éducation bienveillante et je partage totalement le besoin d’un cadre très clair, exactement comme dans la vision de Maria Montessori.
        Ce qui me semble déjà extraordinaire, c’est de s’interroger, de lire, d’expérimenter. C’est un pas de géant en faveur d’une plus grande conscience dans le domaine de l’éducation. J’ai envie de féliciter tous ces parents qui s’interrogent. C’est vraiment bien plus difficile qu’avant. Avant, on ne se posait pas autant de questions sur ce sujet. Et pour vous faire sourire, je mets à part bien entendu, Maria Montessori, totalement révolutionnaire pour son époque !!
        Pour rester sur une touche bienveillante ;-), je voudrais aussi citer Marshall Rosenberg (Communication non violente). Selon moi, l’approche de la relation en termes de sentiments et de besoins est fondamentale. Et cela évite l’écueil de « faire pour ses enfants en s’oubliant », car les besoins de chaque individu sont essentiels. Je vous partage le résumé de son livre Élever nos enfants avec bienveillance (en format écrit et audio).
        https://des-parents-et-des-enfants.com/resume-du-livre-elever-nos-enfants-avec-bienveillance-de-marshall-b-rosenberg/
        https://des-parents-et-des-enfants.com/podcasts/
        Merci encore pour cet article profond qui donne des ressources. Vivement votre article détaillé sur la discipline positive.
        Fabienne

        1. Merci pour ce commentaire Fabienne. La suite est ici, avec plus de détails sur la discipline positive et la question du vocabulaire « bienveillance / discipline positive » : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/
          Je suis désolée que tes émotions n’aient peut-être pas été accueillies comme il l’aurait fallu lorsque tu étais enfant. Une simple idée qui me vient en te lisant : souvent un enfant hypersensible a au moins un parent hypersensible aussi. Peut-être que ta maman avait elle-même des émotions débordantes, qu’elle ressentait puissamment les tiennes et avait besoin de s’en protéger aussi. Ou peut-être que je suis totalement à côté de la plaque ! Mais ce n’est qu’une piste de réflexion…

  2. Merci pour cet article ! Je souscris à 100% ! 🙂
    ça fait un moment pour ma part également que je sature de l’expression « éducation bienveillante » qui est en soi d’une grande malveillance envers tous ceux qui font autrement.
    Et oui, chez moi, ça ne marche pas et j’ai remarqué que cette manière de faire insécurise mes enfants. J’ai 3 garçons et ils ont une vraie soif de cadre et de fermeté.
    Je ne suis pas parfaite, loin s’en faut. Je peux avoir la fessée facile, parce que je suis fatiguée, à bout de patience. Mais NON, je ne suis ni malveillante, ni maltraitante. J’essaie de faire mieux, d’avoir une main de fer dans un gant de velours, je câline, je gronde, nous rions, nous faisons des choses ensemble, je les confie à la voisine le temps d’une heure…. Bref, j’applique de plus en plus le pragmatisme, je cherche ce qui fonctionne pour chacun de mes enfants, parce que les recettes… je n’y crois plus ! 🙂

    1. En fait je crains que les recettes de bienveillance ne soient vite contre-productives : on les applique, on prend sur soi, ça fonctionne un peu, ça ne fonctionne plus, on reprend sur soi et du coup à un moment donné on est tellement à bout de nerfs que c’est la crise, les cris ou les fessées.
      Effectivement, le cadre est profondément sécurisant, et il y a un équilibre à trouver (suivant chaque famille, chaque situation) entre la pure affection et la fermeté. C’est d’ailleurs ce que tendent à démontrer les études réalisées depuis les années 60. Cet article est passionnant sur le sujet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Style_parental

      1. Bonjour,
        Votre article est très éclairant et ma justement fait réfléchir à mon mode d éducation. C est une question que je ne me suis jamais posée… Quelle éducation vais je adopter pour élever mes enfant ? En fait, mon mari et moi avons plutôt fait au feeling, sur le moment. Nous étions souvent d accord et nous ne nous sommes jamais contredits devant nos enfants. Après, il y a eu des moments de crise, C est sûr, nous nous sommes parfois fâchés fort, mais nous n avons jamais laissé une colère s installer, jamais un mauvais climat perdurer. La baguette magique était d attendre le retour au calme, chacun de son côté, et revenir vers nos enfants avec douceur et parler de la situation, s expliquer sur un ton posé et doux. Tout le monde se pardonnait et hop C était reparti.
        Je pense avoir utilisé et testé plein plein de modes de fonctionnement differents, mais le pouvoir dédramatisant et rassurant des mots me semble le plus adapté depuis. Mon grand à 11ans ma petite a 8ans. Reste l adolescence à venir. En tout cas pour l instant je suis satisfaite et je ne croule pas, enfin je crois🤔 sous la fatigue ou la culpabilité. Je me sens bien dans mon rôle de maman, je pense que tous les 4 nous nous sentons bien dans notre foyer.

        1. Déjà le fait d’être d’accord dans le couple facilite considérablement les choses ! Quand au moins on est cohérents à deux, ça donne de bons points de repère. Votre feeling a l’air de vous avoir réussi, félicitations pour vous être fait confiance, à vous-même et à l’autre !
          Et bon courage pour l’adolescence à venir, je vous la souhaite aussi douce que possible 😉

      2. Waouw !
        Quel article !
        J y adhère complètement ! Et, toutes ses nuances sont tellement importantes, pour chacun d entre nous.
        Je me demande souvent comment qualifier l éducation que j essaie d inculquer a mes enfants, et bien, elle ressemble terriblement a la vôtre !
        C est un mix, un mélange, qui souvent remue toute série de questions, entre le cadre (qui sécurise et prépare a la vie de demain, dans la société, parce que les familles ne sont pas des micro sociétés, qui fonctionnent en vase clos) et l ouverture (a la réflexion, au dialogue, aux choix, aux envies et besoins). C est chercher la meilleure méthode au moment qui se présente, en fonction des forces et « difficultés » de l enfant que l on a, face a nous. C est pouvoir prendre telle option, et une toute autre pour une meme situation, parce que son frère, ou sa soeur n a pas les mêmes besoins.
        Je suis absolument mitigée face a ces préceptes d education écrite, indiquant comment agir ou ne pas agir. La nuance dans l éducation, et la connaissance de son enfant sont les meilleurs indicateurs, a écouter, encore et encore .. avec la disponibilité qui est la nôtre, grande ou moins grande ..
        Merci pour cet article !

        1. Merci Marie ! Oui, la nuance, c’est ce que j’essaie de transmettre par-dessus tout dans tout ce que j’écris (ou que je dis, maintenant grâce aux podcasts). Mais c’est aussi ce qui est le plus difficile à exprimer et certains commentaires ici le démontrent bien je crois.

      3. Bonjour,
        Superbe article, très riche et surtout deculpabilisant!!!!
        Je me rend compte que je pratique la discipline positive.
        Je suis éducatrice de jeunes enfants. Pour moi la limite est essentielle à la construction de l’enfant. Lui apporter une sécurité, une présence…on ne peut le laisser se faire mal et faire mal aux autres…on l’invite alors à s’isoler…en ayant que parents pour être » bienveillant » on se doit de s’accorder du temps…comment répondre pleinement aux besoins d’être petit être en construction, sans repondre à nos besoins?
        Construire ensemble est important. Nous sommes le premier lui de socialisation de l’enfant. La famille est sa base…donnons des limites saines, accompagnons, encourageons. Donnons aux enfants la sécurité affective qu’ils ont besoins pour devenir des adultes sereins.
        J’aime beaucoup votre article.il offre des explications saines et claires. Il n’interdit pas. Il amène la réflexion et propose des solutions
        Belle échange. Merci
        Rosa

        1. Merci Rosa ! Je suis vraiment heureuse de la saine discussion que cet article a suscité…

  3. Bonjour Anne-Laure,

    Je t’avoue que suis une grande adepte de la discipline positive, La discipline positive de Jane Nelsen fait partie de mes livres de chevet. Une formatrice était venue tout au long de l’année pendant plusieurs années pour nous aider à la mettre en place dans nos classes. D’abord très méfiante car je pensais que c’était un « truc laxiste », j’ai été emballée en découvrant réellement ce que c’était ! C’est vraiment responsabilisant pour l’enfant, son avis compte mais c’est moi qui fixe le cadre ; c’est incroyablement reposant : on ne se bat plus contre les élèves pour obtenir ce qu’on veut mais on les implique, à eux de trouver des solutions, des moyens pour atteindre l’objectif fixé ou répondre à une problématique.Et puis on évalue pour voir si les solutions adoptées résolvent le problème ; sinon nous recherchons à nouveau des solutions; puis nous évaluons à nouveau leur efficacité, etc.
    En revanche, j’avoue que je ne me suis jamais intéressée à la parentalité bienveillante, je n’en ai jamais ressenti le besoin. Et pourtant je peine parfois à instaurer la DP à la maison… surtout avec la fatigue en ce moment. Étonnamment, je trouvais presque cela plus facile à l’école ! Je crois que c’est parce que je réfléchissais vraiment à comment la mettre chaque jour en pratique, j’usais de tous les outils mis à ma disposition et il y avait des temps d’échange en classe plusieurs fois par semaine pour que les élèves et moi réfléchissions aux différents points à l’ordre du jour.

    Voilà!
    Je t’embrasse,

    Lorraine.

    1. Rien de mieux que les solutions que les enfants trouvent eux-mêmes ! A la maison nos deux aînés ont établi leur planning pour savoir qui prend son bain avec les plus jeunes ou prend sa douche tout seul, qui s’assoit à la première rangée dans la voiture et qui éteint le soir. J’avoue que je ne maîtrise même pas ce planning, depuis qu’ils se sont mis d’accord, plus aucune dispute…
      C’est peut-être plus difficile à la maison aussi parce que les enjeux sont plus importants : les rivalités entre frères et soeurs, les jalousies, l’envie de passer du temps avec ses parents… Et clairement, il faut garder en tête les principaux outils pour les avoir à portée de main en cas de crise imprévue.
      Mais c’est amusant : je ne suis jamais aussi productive (au niveau de mon travail, du rangement de la maison etc.) et aussi détendue que lorsque je prends une demi-heure par jour pour passer un moment spécial avec chacun de mes trois grands ! C’est une demi-heure « perdue » qui se retrouve largement récupérée, sans compter que ce sont des moments super agréables !
      J’aime bien ce que tu dis : c’est reposant parce qu’on n’a pas l’impression de porter tout le poids soi-même, chacun joue son rôle dans la constellation familiale.

      Je t’embrasse aussi,
      Anne-Laure

    2. Merci Anne Laure pour cet article qui m’ouvre des horizons nouveaux. Quand je lis ta description des enfants qui vivent dans des familles pratiquant l’éducation bienveillante, j’ai l’impression de voir mon fils, sauf que nous ne pratiquons pas l’éducation bienveillante. Je pense que ma difficulté vient du fait que je suis monotache et parfois déconnectée du réel, surtout avec la fatigue, et je n’ai pas d’autorité naturelle. Du coup, j’ai beau dire non (parfois trop tard) il fait quand même et c’est l’escalade des punitions qu’il ne respecte pas. Je suis en train de lire éduquer sans punir de Thomas Gordon qui propose des outils intéressants mais ne me convient qu’à moitié. Du coup j’attends avec impatience les ressources du mois prochain.

      1. Je suis désolée de tes difficultés… C’est intéressant que tu parles d’autorité naturelle : je me demande ce que ça recouvre en fait, est-ce que ça ne serait pas le côté impressionnant, la capacité à faire peur qu’on appellerait autorité naturelle ? Si c’est le cas, je veux croire qu’on peut trouver d’autres solutions.
        Concernant Thomas Gordon, qu’y a-t-il par exemple qui ne te convient qu’à moitié ?
        Au niveau du style de communication qu’il a développé, j’avoue que ça a été tellement utilisé, en entreprise ou (sans doute de façon inconsciente) dans ma famille, que je ne le trouve pas du tout efficace. Quand on m’adresse un Message-Je, j’entends le Message-Tu qui se cache derrière et je trouve l’écoute active tellement artificielle que si quelqu’un s’amuse à me répéter ce que je viens de dire ça a surtout tendance à me faire quitter la conversation. En fait l’écoute active, pour qu’elle fonctionne, exige avant tout, à mon humble avis, une grande sincérité et un grand désir d’aider l’autre. Mais dans ce cas, je ne crois pas qu’on ait vraiment besoin de « techniques de communication ».

        1. Une des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord est que quand il y a conflit de valeur, il faut laisser faire une fois l’enfant prévenu. Bien sûr, avec un jeune adulte on ne peut pas choisir sa vie à sa place, mais un enfant a besoin de limites et cela passe aussi dans les conflits de valeur. Et puis, j’ai testé de dire à mon fils que j’avais besoin de me reposer et qu’avec le bruit qu’il faisait je ne pouvais pas, il m’a ri au nez…. Pour l’autorité naturelle, quand certaines personnes disent non, on n’a aucune envie de les contredir. Peut-être la prestance, la grosse voie ou parce que ce sont des leaders ? Peut être que je suis simplement trop effacée.

          1. A mon sens, l’autorité « naturelle » (c’est quelque chose qui se développe, comme tout le reste, mais certes certains en ont plus naturellement) peut correspondre à deux choses : quelqu’un qui nous inspire/motive ou quelqu’un qui nous fait peur… La grosse voix, la présence physiquement impressionnante… comme dans la nature, cela joue sur l’autorité mais je ne suis pas sûre que ce soit la relation que l’on souhaite établir avec ses enfants…

        2. Pour Thomas Gordon, je le trouve très culpabilisant pour les parents qui sont laxistes ou pour ceux qui sont autoritaires. Quand on lit les témoignages de son livre, on a l’impression d’une recette miracle. J’ai essayé de mettre un peu en pratique et ai été vite découragée (genre mon fils qui me fit au nez quand j’exprime un besoin ou deux de mes enfants qui préfèrent se taper dessus plutôt que de chercher des solutions gagnant gagnant. Je pense aussi que parfois, c’est à l’adulte de trancher même si un besoin de l’enfant n’est pas satisfait (comme l’exemple que tu donnais dans un commentaire du rendez-vous chez le dentiste ou pour certains conflits de valeurs genre piercings en tout genre à 12 ans…). Pour ce qui est de l’autorité naturelle, j’ai été mise en difficulté dès mon adolescence quand j’étais chef de patrouille chez les scouts. J’étais une bonne seconde, mais pas une bonne chef. Et cela a été difficile également en tant que cheftaine de clairière. Je pense que certaines personnes ont un charisme qui donnent envie aux enfants de les suivre, d’autres non et il faut alors conbiner autrement. Pour ma part, je sais qui si je reste frontale, ça va finir en cris voire fessée et énervement et je suis encore en recherche d’autres façons de faire. J’ai quelques idées mais la mise en pratique est longue. Pour mon fils, ce n’est pas qu’avec moi que c’est difficile. Il y a des moments où ça va et d’autres non. Je pense qu’il a gros déficit de contrôle de soi (genre à boire le contenu de la salière ou ne pas pouvoir s’empêcher de prendre le couteau à pain pour en faire une épée).

          1. Oui, il y a sûrement des difficultés autour du contrôle inhibiteur d’après ce que tu dis. Dans tous les cas, l’éducation est rarement aussi simple que dans les livres ! Quant à l’autorité naturelle ou le charisme, c’est quelque chose d’assez mystérieux effectivement, mais je ne suis pas sûre qu’il y ait un charisme « universel ». J’ai tendance par exemple à ne pas spécialement accrocher avec les gens que l’on dit charismatiques ou devant lesquels les autres sont en admiration.

  4. Bonjour Madame, je suis ravie de lire votre article! Votre démarche honnête intellectuellement et respectueuse tranche nettement avec les prescriptions souvent radicales, intolérantes, et uniformes de l’education « Bienveillante » en vogue. J’ai été moi aussi d’abord séduite par les ouvrages que vous citez (notamment Écouter pour que les enfants parlent), avant de réaliser qu’ils distillent une sorte de poison dans l’esprit des jeunes parents prêts à tout pour bien faire : l’idee que l’on pourrait faire du mal à nos enfants, même sans le vouloir, si l’on ne respecte pas le mode d’emploi prescrit… Cela n’élève pas les intelligences et le libre discernement des parents qui seuls connaissent leurs enfants…
    Je suis frappée également par le marketing autour des ces nouvelles théories, et par le conformisme qui s’en dégage.
    Je suis convaincue aussi qu’un équilibre est à trouver entre autoritarisme et laxisme, et vais donc me pencher sur la discipline positive.
    Pour finir, merci d’avoir eu le courage d’écrire votre article. Cela ne doit pas être facile pour vous de vous être positionnée aussi clairement, mais je suis sure que vous y gagnerez. Je vous souhaite une belle journée. Lucie

    1. Merci beaucoup de votre commentaire ! Effectivement, j’avoue que j’étais (et que je reste) un peu anxieuse car 1/ j’ai peur de blesser certaines mamans qui font par exemple partie de mes stagiaires (ce n’est pas mon intention mais on est facilement maladroit, surtout à l’écrit) et 2/ il est sûr que je prends un risque professionnel.
      En dehors de toute question d’un « mode d’emploi », je crois que de toute façon on ne peut pas éviter de faire parfois du mal à nos enfants : toute relation proche implique une forte vulnérabilité et par nos gestes ou nos paroles, nous pouvons les blesser même involontairement. Ensuite il faut que le pardon et l’amour l’emportent !
      Le conformisme dont vous parlez est très clair, et pourtant je le comprends : comme chaque fois qu’on découvre quelque chose qui nous paraît être une solution miracle, on n’a qu’une hâte, la crier sur tous les toits et convaincre tout le monde de faire comme nous… jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que ça ne fonctionne plus pour nous mais alors il est difficile de faire marche arrière et de reconnaître qu’on a induit des gens en erreur.
      La discipline positive est tout sauf une solution miracle : on en récolte ce que l’on y sème et il faut l’adapter à sa propre famille. Mais c’est justement ce qui fait à mon humble avis sa force sur le long terme. De notre côté, cela va faire 4 ans qu’on l’a découverte et qu’on l’a mise en pratique dans des situations très diverses.
      Pour moi, le résultat est clair : chaque fois que j’en ai repris les principes, les relations se sont apaisées à la maison. Chaque fois (souvent en fin de grossesse ou juste après une naissance) qu’on s’en éloignait, les relations étaient électriques…
      Très bonne journée à vous

  5. Je vous remercie pour votre article ! Je suis tout à fait d’accord avec vous ! J’en ai marre de cette éducation bienveillante qui p’zce les autres en malveillant…

    1. La question de fond, c’est peut-être la suivante : est-ce qu’on va se décider à s’entraider plutôt qu’à se mépriser ?

  6. Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec votre article. Le problème de la bienveillance c’est qu’il place l’enfant au centre et que le parent est complètement oublié alors que son rôle est tellement difficile. Je n’arrive d’ailleurs par à comprendre comment font les parents des pays nordiques pour ne jamais crier sur leurs enfants? Me concernant, lorsque je leur demande des choses qui ne leurs plaisent pas (faire des tâches ménagères, se coucher, arrêter l’écran), cela finit régulièrement par des cris.

    1. La culture nordique est certes très différente et le poids social fait sûrement qu’effectivement, les parents ne crient pas ou presque pas sur leurs enfants, mais il semblerait qu’ils aient eux aussi leurs problèmes (bien sûr, la distance aussi bien géographique que culturelle rend difficile d’évaluer la réalité des pratiques parentales) : https://www.lepoint.fr/societe/les-suedois-ces-enfants-gates-a-qui-on-a-laisse-le-pouvoir-28-10-2013-1748628_23.php

    2. Bonjour, je découvre votre article, que trouve très intéressant, un peu par hasard et j’en suis fort contente.
      Quoi vous dire d’autre que merci ! Car non seulement en temps que maman l’éducation bienveillante nous met une très forte pression…… mais encore plus quand vous faites partie du milieu professionnel de la petite enfance ! Personne ne vous loupe à la moindre fatigue, faiblesse,….

      Les enfants sont pour moi des tout petits êtres extraordinaires qui ont tant à apprendre, à découvrir, à aimer…..
      Et je suis confrontée à des parents qui se disent dans l’éducation bienveillante et qui sont épuisés, stressés, agressifs envers les adultes et dont les enfants sont finalement impatient, colérique irrespectueux et par le fait malheureux.

      Tous les parents se doivent d’être bienveillant envers leurs enfants.
      Mais la triste réalité est que la société actuelle nous catégorise. Si nous ne sommes pas « bienveillant » c’est que nous sommes « malveillant « .
      Soyons juste parents dans l’amour, l’écoute et le respect.
      Merci pour cet article.

      1. Merci pour votre message. J’espère que vous réussissez à vous protéger et à vous préserver des commentaires désagréables. Je souhaite en tout cas qu’ici, vous puissiez venir et vous exprimer, dans le respect et l’écoute mutuels. Bonne continuation !

  7. Pour moi la bienveillance ne veut pas dire laxisme. Elle ne peut être dissociée de l’exigence. En effet, comment bien veiller sur un enfant sans lui poser un cadre? Faber-Mazlish aide à communiquer avec les enfants de façons plus apaisée mais ça ne veut pas dire que les enfants decident. Cela leur laisse juste la possibilité de choisir dans le cadre que je fixe. Donc notre désaccord tiens uniquement dans la définition des mots. Merci pour ton partage.

    1. Tant mieux ! C’est bien pour moi le premier souci : il faut définir ce qu’on entend par éducation bienveillante, et sans doute utiliser des mots différents pour ces modes d’éducation qui, même s’ils s’appuient sur le respect de l’enfant, s’avèrent finalement très différents.

    2. C’est exactement le sentiment que j’ai eu en lisant l’article. Pour ma part l’éducation bienveillante ne rime en aucun cas avec laxisme, et,par manque d’info ou à vouloir bien faire, certains parents tombent dans ce laxisme, oublient complètement leurs propres besoins, et s’épuisent. C’est dommage! Au final, tout dépend de ce qu’on met derrière l’éducation bienveillante 🙂

      1. C’est tout le coeur de la suite que j’ai donnée à cet article, tout dépend de ce que l’on appelle éducation bienveillante ou positive : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/

  8. Quel bel article! Bravo Anne Laure! Et je m’y retrouve complètement. J’avoue avoir lu tous ces livres d’éducation bienveillante à la naissance de mon aînée. Surtout parce que je voulais adapter l’éducation très traditionnelle que j’ai reçue enfant, qui a plein de bons côtés, mais dont le cadre était trop restreint à mon goût. Sauf que j’ai vite découvert l’excès inverse : l’absence de cadre que propose l’éducation bienveillante. Et parfois des astuces à utiliser avec l’enfant qui sont à la limite de la manipulation… Cela va d’ailleurs à l’encontre de la pédagogie montessori qui prône le respect de l’enfant certes, mais aussi celui des autres, de l’entourage, du matériel, de l’environnement, ainsi que de l’importance d’un cadre à donner à l’enfant, et de règles à respecter pour sa propre construction. Ceci est parfois oublié dans certains blogs montessori… comme tu dis, l’adulte se met trop souvent au service de l’enfant jusqu’à en devenir limite esclave, et cela ne rend absolument pas service à l’enfant que l’on rend finalement moins autonome. Merci pour cet article courageux !

    1. Merci Mathilde ! Ton retour compte beaucoup pour moi… C’est vrai qu’on doit parfois, à l’âge adulte, faire en quelque sorte une deuxième crise d’adolescence pour se dissocier du mode d’éducation de nos parents et trouver le nôtre. J’ai grandi avec la télé, quelques fessées (comme quasiment tout le monde à ma génération)… Je ne jette certainement pas la pierre à mes parents, qui ont été de très bons parents, simplement d’une autre époque. Il faut simplement faire le tri entre ce que l’on ne veut pas reproduire et les choses qui nous ont construits de façon apaisée…

    2. Bonjour

      Votre article est très intéressant. Mais j’aimerai apporter des nuances justement. Au début de l’article vous mettez le point sur l’importance des mots, point sur lequel je suis complètement d’accord. De ce fait je ne pense pas que l’on peut dire que s’il y a une éducation bienveillante il y a des parents malveillants. Une personne bienveillante peut avoir des comportements malveillants. On parle bien d’éducation bienveillante et non de parents bienveillant. Personne n’est parfait !

      De plus, selon moi une éducation bienveillante implique un cadre. Il est nécessaire de donner aux enfants des limites, cela est nécessaire pour le bon developpement.

      Merci pour cet article qui mène à la réflexion et qui me confirme que ce que je fais me correspond.

      1. Vous avez tout à fait raison de distinguer la personne du comportement. Mais même en parlant d’éducation malveillante, ce mot signifie « vouloir le mal », donc cela porte nécessairement un jugement sur la personne qui éduque et pas seulement sur son mode d’éducation, car seule une personne peut « vouloir le mal ».
        Pour approfondir la distinction entre les différentes façons de mettre en pratique l’éducation bienveillante, cette suite que j’ai écrite vous intéressera peut-être : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/

  9. Bonjour, merci pour votre article très intéressant. C’est vrai qu’en devenant parents, nous revivons une part de notre enfance et c’est là où l’on commence à se poser beaucoup (trop ?) de questions. Est ce que mon éducation était bonne, heureuse, épanouissante ? Qu’est ce que je pourrais changer pour mes propres enfants? C’est dur de ne pas tomber dans des recettes toutes faites. J’ai une amie psy qui m’a dit un jour : « le fait qu’un parent se demande s’il est un bon parent montre justement qu’il l’est ! ». Ça m’a beaucoup fait rire et dédramatiser. Finalement peut être faut il trouver un équilibre entre une méthode et ses propres intuitions.

    1. J’aime beaucoup cette remarque de votre amie ! Effectivement, c’est l’essentiel, à partir de là on fait de son mieux et on essaie d’être un parent « suffisamment bon » pour reprendre l’expression de Winnicott.

      1. Bonjour, merci pour cet article courageux. C’est toujours très intéressant de lire des avis divergents et le plus intéressant c’est de pouvoir échanger sur le sujet. Je suis TELLEMENT d’accord avec tout ce que vous avez dit. Mais permettez moi de nuancer à mon tour 😊. TOUTES les éducations (on ne parle pas ici de défaillances parentales qui ne rentrent pas dans ce contexte de discussion, je parle ici de structures parentales « normales ») sont bienveillantes! TOUS les parents pensent agir du mieux qu’ils peuvent POUR leur enfant et PAR bienveillance. J’en viens donc au fait que : l’éducation bienveillante est un mythe ! Cela n’existe pas! Et le fait que beaucoup de ce que j’appelle des pseudos penseurs de l’éducation véhiculent ces messages dans des groupes de parent cause BEAUCOUP de dégâts sur les parentalités !!!! Parler de l’éducation positive n’est pas donné à tout le monde… c’est un métier, une expertise, qui nécessite une vraie FORMATION professionnelle et par dessus tout une vraie PEDAGOGIE pour l’expliquer et la transmettre. Parce que oui l’education positive, ou la discipline positive impose des non, impose des limites fixes et ultra solides, n’utilise pas de cris car le discours est franc et clair, bienveillant mais pas permissif du tout! Jamais laxiste au contraire ! Elle emploie une vraie AUTORITÉ et FERMETÉ (bienveillante certe) elle est respectueuse de la personnalité et reconnaissante de l’autre dans son identité et intégralité, oui MAIS elle ne fonctionne que si les règles sont fixes et pérennes dans le temps. Par exemple je rentre du travail et le petit dernier pleure et est en demande permanente. Mais c’est le temps.de lecture de la grande. Je comprends, l’émotion, je valide qu’il a le droit de ressentir ça, que ça doit être difficile… mais son comportement ne doit pas demander au parent d’en faire plus comme on vous l’a transmis ! NON ! J’entends, je valide l’émotion, je suis empathique de ce qu’il ressent, MAIS là c’est le moment de la lecture de la grande sœur. Et POINT BARRE on ne cède pas en education positive ! L’enfant dépassera sa frustration (à plus ou moins long terme…) dans l’amour et le respect… mais l’éducation positive c’est aussi inculquer la notion de l’autre. Que l’autre peut aussi ressentir des émotions tel la colère, que les autres sont eux aussi important et qu’ils comptent, qu’il y a des règles pour vivre ensemble. Le problème vient aussi des MILLIERS de livres existants qui nuancent peu… et qui se contredisent beaucoup pour certains… les parents pensent être très avertis sur le sujet et déteste ce qu’ils avaient adoré 15 jours avant dans un autre livre… et cela donne des résultats désordonnés des « enfants rois » et des parents au bout du rouleau… c’est pour ça que je me bats… pour ces enfants, pour ces parents. C’est la raison d »etre de mon entreprise. Si besoin de discuter, je serai ravie d’échanger avec vous sur les réseaux sur BeEmositif formations. Encore merci pour votre poste. Cordialement, marine.

        1. Merci à vous ! Oui, la nuance est vraiment quelque chose de fondamental, dans les relations en général mais surtout en matière de parentalité…

  10. Bonjour Anne-Laure,

    Je suis très surprise par ton article car je n’ai jamais interprété l’expression « Éducation bienveillante » de la manière dont tu la décris.
    Pourtant j’ai lu Filliozat, j’aime beaucoup « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent. » de Faber et Mazlish et bien d’autres.
    Il a toujours était évident pour moi et pour d’autres parents que je côtoie que la bienveillance doit être mutuelle. J’entends par là qu’éducation bienveillante ne veut pas dire perdre son bon sens et laisser les enfants sans repère, sans limite etc…
    Bien-sûr il y a souvent au sein de mouvements des extrémistes qui n’ont pas saisi les choses dans leur ensemble. Et qui, par exemple, pratique le laxisme le plus total sous couvert « d’Éducation Bienveillante ».
    Il ne me semble pas que ce soit le message de Filliozat ou Faber et Mazlish. Et en aucun cas je n’y ai lu qu’il s’ agissait de méthode miracle !

    Faber et Mazlish fournissent plein de petites astuces pour éviter les rapports de force dans la limite du possible. Parfois ça marche, tant mieux, parfois on est obligé d’imposer les choses et c’est bien aussi.

    Filliozat éveille les consciences sur le fait que l’enfant est victime de ses émotions, qu’il ne fait pas exprès de piquer une colère face à la frustration par exemple. Qu’il a besoin d’être accompagné et rassuré face aux limites. Il y a une différence entre :

    1- Dire non à un enfant, le laisser seul face aux émotions qui le submergent à ce moment là, sous couvert de « les règles sont les règles ».
    2- Dire oui à tout et n’importe quoi, sous couvert de « bienveillance » (qui du coup n’en est pas, nous sommes d’accord la dessus !)
    3- Dire non tout en accompagnant l’enfant par une attitude empathique. Il est tout à fait possible de dire un non ferme et définitif tout en étant sincèrement désolée pour son enfant qui ressent des émotions difficiles à surmonter et le lui dire, être présent à ses côtés le temps qu’il les surmonte.

    Alors, je me doute que tu as certainement la 3eme attitude étant donné tes positions pédagogiques. Mais ce n’est vraiment pas évident pour tout le monde.
    Et comme tu le dis les mots ont leur importance. Ce n’est pas parce que beaucoup détourne l’expression « Éducation Bienveillante » en un Laxisme le plus total qu’il faut lier ces deux termes, ils n’ont rien à voir !
    Donc oui j’adhère à l’Éducation Bienveillante et Le Bon Sens 😉
    La bienveillance mutuelle, il est aussi très riche pour les enfants d’apprendre à considérer l’autre !

    1. Le problème vient de ce que personne ne s’est réellement approprié l’expression « éducation bienveillante » et ne l’a définie. Donc qui peut prétendre pratiquer la « véritable éducation bienveillante » et ne pas la détourner ? Pour certains parents (et apparemment pour Catherine Gueguen), si on dit « Ce n’est pas bien » devant un comportement, ce n’est pas bienveillant. Sinon, ce ne sont pas les livres de Filliozat ou Faber et Mazlish qui prétendent apporter une solution miracle (quoique c’est quand même un peu ce que suggère le « programme d’accompagnement » d’Isabelle Filliozat).

      Les trois cas que tu décris me paraissent trop purement idéalisés pour qu’on puisse réellement en discuter. Justement, j’ai le sentiment qu’ils partent de grands principes théoriques mais pas de la réalité de la parentalité : la réalité où, avec certains enfants, si tu restes à côté d’eux alors qu’ils passent par une émotion difficile, tu ne fais que renforcer cette émotion et où, justement, ils ont besoin que tu t’éloignes pour pouvoir la traiter (de ce que j’ai pu observer, ça correspond à un tempérament assez spécifique, mais pas inhabituel). Ou bien la réalité où après avoir essayé de gérer la crise autrement, le non ferme et définitif consiste aussi à porter un de tes enfants à la voiture et à l’attacher pour qu’un autre enfant puisse arriver chez le docteur à l’heure, et où donc tu ne restes pas à côté à attendre qu’il ait surmonté son émotion (tu en reparleras plus tard).

      Je dirais que mon attitude est bien plus pragmatique et en adaptation constante : ça ne rentre pas dans un « les 14 phrases positives à dire à votre enfant » ou « les trois étapes pour supprimer les crises » (le genre d’articles qui fourmillent un peu partout).

  11. Je ne suis qu’à moitié convaincue par tes arguments… Je suis tout à fait d’accord sur le problème posé par l’utilisation abusive du terme « bienveillant » et par la culpabilité générée par certains principes, et je suis aussi complètement d’accord sur l’importance de respecter les limites et besoins de chacun (parents compris). Pour autant, je n’ai jamais lu chez aucun spécialiste de ce qu’on appelle couramment l’éducation bienveillante (je serais bien incapable de savoir qui est dedans ou pas en fait, tellement l’appellation est générique) qu’il faudrait que je piétine mes besoins pour répondre à ceux de mon enfant. Il se trouve que je l’ai fait au début, car je tâtonnais, n’ayant pas reçu une éducation sans violence (réelles : menaces, fessées, privations…). Maintenant j’ai trouvé mon équilibre. Je trouve dommage de réduire l’éducation dite bienveillante aux excès de ceux qui ne trouvent pas cet équilibre, ou qui sont carrément incohérents : j’ai toujours considéré que laisser son enfant taper les autres sans réagir était de la bêtise sur le long terme, pas de la bienveillance…
    Enfin je ne suis pas convaincue par la distinction éducation bienveillante / discipline positive. Autant la discipline positive est une méthode bien définie, autant l’éducation bienveillante est fourre-tout : j’ai moi-même croisé Jane Nelsen chez des blogueurs éducation bienveillante, j’ai toujours considéré qu’elle faisait partie de cette galaxie, si je puis dire.
    Maintenant j’ai limité mes blogueurs à ceux qui avaient trouvé le juste équilibre, et je milite d’un côté pour faire comprendre aux autoritaristes que le bras de fer avec l’enfant n’est pas constructif sur le long terme, et aux laxistes que si on veut apprendre à l’enfant à respecter et faire respecter ses propres limites il faut lui en donner l’exemple dans la paix et la sérénité.

    1. Et pour illustrer en quoi ta manière de voir le spectre « éducation bienveillante » me paraît inutilement négative : dans l’exemple que tu donnes, la réponse de celle qui a organisé le groupe me parait pertinente si elle est PROPOSÉE comme UNE solution possible. Dans une telle situation, il y a conflit de besoin. Parfois le parent a la possibilité matérielle de répondre à son besoin avant d’arriver, parfois non. Et comme il est plus facile à un adulte de différer la réponse à son besoin (pas y renoncer, hein, la différer), ce peut être une bonne solution de connecter pendant dix minutes avec son enfant pour avoir un peu de paix et de tranquillité ensuite. La solution proposée l’a peut-être été de manière maladroite et incomplète, mais elle n’est pas invalide en soi. Ce n’est pas parce que les gens appliquent mal certains préceptes que ces préceptes sont invalidés…

      1. Pour prendre une comparaison, ça me fait penser à ceux qui associent (en le prônant ou en le voyant comme diabolique) allaitement à la demande du nourrisson et allaitement long du bébé à « le bébé dispose du corps de la maman et c’est lui qui décide de la tétée même à 5 ans ». Ce n’est pas parce que certains ont un problème avec leurs propres limites que c’est le cas de tout le monde.

        1. Bonjour.
          Je voudrais juste préciser une chose, je lis : utiliser le terme Education bienveillante sous-entend qu’il existerait des parents malveillants et aucun parent n’a envie d’être malveillant.
          Alors autant je suis quasiment d’accord avec tout votre article (dont les conclusions peuvent se transposer à mon vécu propre), autant cette petite phrase me laisse sans voix. Il existe des parents malveillants. Il existe des gens qui n’ont aucune envie d’élever leurs enfants et d’autres qui sont dans l’incapacité intellectuelle et/ou psychologique de le faire. Il existe des enfants maltraités, violentés, battus, abandonnés à leur survie (mon mari en fut un)…
          voilà c’est peut-être un détail pour vous, une simple expression qui permet un parallèle que je peux comprendre mais cependant totalement erroné.
          Sinon bon article !
          Merci.

          1. Merci pour votre commentaire qui me permet de mieux préciser ma pensée : j’ai volontairement écrit qu’aucun parent ne « voulait » être malveillant. Même les parents maltraitants croient le faire pour de bonnes raisons : « il faut bien qu’il apprenne ; il n’est pas question que je le laisse me répondre comme ça etc. ». Je crois qu’il n’y a guère que de très rares sociopathes qui pourraient « vouloir » être malveillants. Mais je ne veux surtout pas minimiser l’extrême souffrance causés par les parents maltraitants, et je suis absolument désolée pour votre mari.

      2. C’est amusant, on en parlait justement avec une amie tout à l’heure : en fait, suivant les moments, on est prêt à envisager une solution ou bien on a simplement besoin d’être écouté. En l’occurrence, cette maman (qui en pleurait devant nous) avait d’abord besoin d’être écoutée. L’organisatrice, qui mettait en avant combien il fallait être à l’écoute des émotions des enfants, ne s’est donc pas intéressée à ses émotions de maman. Alors elle ne l’a pas dit explicitement, mais le message était très clair : « ta douleur n’a pas sa place, ce que tu dois faire, c’est prendre sur toi et faire encore plus d’efforts pour que la situation s’améliore », sans contre-partie.
        C’est ce message implicite que je trouve dangereux, non pas dans la théorie, mais la pratique de l’éducation bienveillante telle qu’elle a _souvent_ tendance à se faire aujourd’hui (certes, souvent, pas toujours, mais mon sentiment est que les excès commencent à l’emporter sur les visions plus équilibrées et raisonnables).

    2. Oui, certains disent pratiquer l’éducation bienveillante quand ils appliquent en fait le cadre de la discipline positive, mais c’est pour moi justement un argument de plus pour supprimer cette expression et que chacun définisse clairement son mode de parentalité.
      Concernant les excès, heureusement qu’aucun psychologue/écrivain/spécialiste ne dit explicitement qu’il faudrait piétiner ses besoins pour répondre à ceux de son enfant, mais c’est pourtant souvent la conclusion naturelle de toutes les injonctions de la « galaxie éducation bienveillante ».
      Tant mieux si tu as trouvé ton équilibre, c’est le but, éducation bienveillante ou pas (j’espérais que ma conclusion le disait clairement), mais pour donner un exemple très concret, il devient impossible de demander un conseil ou de parler d’éducation sur un groupe de parents sans que quelqu’un ne dépiste une « violence éducative ordinaire » quelque part ou une trace « d’adultisme ». D’après ta conclusion, j’ai tout de même l’impression qu’en fait on milite pour la même chose, mais qu’on n’est pas d’accord sur la distinction de vocabulaire. Est-ce que je me trompe ?

  12. Merci pour le partage de vos avis .
    L éducation bienveillante étaient des mots à la mode, maintenant c est la discipline positive qui arrive . Je trouve que pour l un ou l’autre , positif – négatif, bienveillant -malveillant , éducation-discipline…. nous jouons sur les mots au final , car les stratégies se complètent , sont similaires .
    Il me semble que l important est d écouter et s écouter dans les besoins de chacun et émotions , respecter et se respecter dans les avis et manières de faire, et partager les stratégies et surtout cesser les comparaisons / compétitions . En sachant qu à chaque instant, chaque adulte fait de son mieux avec ce qu il a au moment ou il en est. …

    1. Depuis 40 ans qu’elle existe (un siècle si on pense aux principes psychologiques qui la sous-tendent), je ne suis pas sûre qu’on puisse dire que la discipline positive « arrive » 😉 J’espère que vous me pardonnerez cette petite pique, elle n’a pas pour but d’être méchante.
      En fait, le souci est que les recherches entreprises depuis les années 70 (et le bon sens) sur les styles parentaux et leurs résultats indiquent que le style parental qui a les meilleurs « résultats » (en termes de réussite académique, mais aussi et surtout de santé mentale et d’épanouissement des enfants) est le style directif, intermédiaire entre le style autoritaire (est-il besoin de le définir ?) et le style permissif (défini comme « ayant peu d’attentes comportementales vis-à-vis de l’enfant »). Or ce qu’on appelle éducation bienveillante a de plus en plus tendance à se déplacer pour occuper le terrain du style parental permissif, avec ses conséquences néfastes.
      Et je suis d’accord à 100% avec vous sur la nécessité d’écouter et de s’écouter soi-même en sachant que chacun adulte (à de très rares exceptions près) fait de son mieux, mais justement, cela implique d’ouvrir le débat, qui a tendance à être refermé immédiatement à notre époque.

  13. Personnellement je pratique une sorte d’éducation bienveillante et je ne me retrouve pas vraiment dans le personnage de la maman à bout et dépassée, au contraire mais simplement parce que je suppose avoir un minimum de sens critique et ne pas tout prendre au pied de la lettre. Je suis assez surprise de lire qu’il faut un cadre aux enfants et que l’éducation bienveillante prônerait le contraire. Il est évident qu’il faut un cadre et pas qu’aux enfants d’ailleurs où irait-on sinon. Je pense pour ma part qu’il faut éviter d’être extrême, l’exagération n’est bonne nulle part et sur aucun sujet. Tous les gens qui pratiquent et conseillent l’éducation bienveillante ne le sont pas forcément heureusement. Après oui, je suis complètement d’accord avec vous souvent les articles, les groupes de partage etc… Le sont souvent mais il faut avouer qu’on part de loin et que souvent pour faire changer les mentalités il faut pousser le bouchon loin, histoire de faire reflechir/réagir. Il y a tellement de comportements nuisant ancré qu’il n’est pas évident d’en faire prendre conscience. Personnellement j’ai été élevée par une mère maniacodepressive jalouse et très violente en paroles plutôt toxique encore aujourd’hui et par un père pervers narssissique. Pas facile de savoir comment s’occuper d’un enfant lorsqu’on a été mal « conditionné ». J’ai eu ma première et j’ai pensé faire totalement différement de mes parents au final avec une enfant TDAH je me suis au contraire retrouvé à chercher à prouver quelque chose à mes parents, prouver que j’étais capable. Résultat j’ai été comme mes parents voir sans doute pire jusqu’à ce que je découvre ce qui aller s’appeler des années plus tard l’éducation bienveillante. J’ai vécu un enfer avec ma fille, une relation dominant dominé absolument infâme. J’étais la police et elle le démon. Les livres que vous citez donnent des conseils, des explications, des petits « trucs » qui certes ne fonctionneront qu’un temps mais ce ne sont que des directions, ce qui est triste c’est que des parents s’arrêtent à ça en pensant que ça va tout sauver, qu’il n’y a qu’une façon de faire. Non, ce ne sont Que des directions. Donnons l’exemple du choix. » Tu veux faire ceci ou tu souhaites faire cela ?  » Mais évidement que ça ne fonctionne qu’un temps, un exemple reste un exemple. Quand je lis ça je ne comprend pas » Faites cela à chaque fois, ça marche !  » moi je comprend plutôt : » Faites cela par exemple, vous voyez, ça marche, Donc maintenant vous savez qu’il y a d’autres manières de faire que de crier, punir, ou frapper, trouvez donc vous même les bonnes façons de faire et adaptez les à chacun de vos enfants et à chacune des différentes situations.  » L’éducation bienveillante c’est une façon différente d’aborder l’éducation pas une recette magique. Ma fille a été très difficiles et plus j’étais sévere et pire c’était. Est-ce à cause de l’éducation sévère que je lui ai donné ? Est-ce le fait qu’elle ait été TDAH ? Et TDAH ne serait-il pas aussi un soucis dû à l’éducation très strict qu’elle a eu ? Cette éducation qui ne me permetait pas de comprendre ses besoins pire de sans doute en partie que je les occultais. Je pense que tout est imbriqué. Mon deuxième a 2 ans et demi aujourd’hui. En dehors du fait que je suis ass mat depuis de très nombreuses années, que j’ai eu de l’expérience avec aussi ma fille, l’éducation bienveillante en dehors d’avoir transformée ma fille, lorsque j’ai viré à 180° à également fait des miracles sur mon petit garçon élevé ainsi depuis le début. Les livres que j’ai lu sur les neuroscience de l’affect du jeune enfant m’ont permis de comprendre beaucoup de choses et je suis, grâce à ça plus patience et beaucoup plus zen car je sais que ceci ou cela est normal, que ceci ou cela est un passage, qu’il y a une raison à tel ou tel comportement. Je ne me demande plus où j’ai bien pu « merder ». Mon fils grandi à son rythme sans que j’en attende de trop. J’ai appris à respecter la personne qu’il est. Cette maman a qui on conseille après sa journée de boulot, d’aller faire du trampoline avec son enfant… Pour moi ce conseil est juste n’importe quoi, ce n’est pas de l’éducation bienveillante. Son fils est sans doute tout aussi fatigué et sur les nerf qu’ elle. On aurait dû lui conseiller de se poser avec lui, un câlin, échanger chacun sur leur journée respective puis voir s’ils pouvaient faire quelque chose ensemble. Pour moi la bienveillance commence par soit même, je crois que c’est le poète Alain qui disait qu’on ne peut aimer personne correctement si on ne s’aime pas déjà soit même. Moi la chose qui me gêne le plus dans cet effet de mode, c’est plutôt ce qu’on nome la CNV. Je trouve que la communication non violente se rapproche beaucoup de la manipulation et ça, oui, ça me gêne beaucoup. Je préfère être vraie. Après honnêtement je ne vois pas trop de différence entre l’éducation non violente (si on ne va pas dans les extrêmes, et c’est ce qui me semblait normal et ce que j’en ai compris) et l’éducation positive. Je ne crois pas qu’on doive de toute façon se calquer sur un model et le suivre à tout pris, c’est à ça que sert le libre arbitre il me semble, savoir faire ses propres choix et utiliser sa réflexion. Bon j’espère que je n’ai pas dit trop de bêtises. En tout cas merci pour cet article ^^

    1. Merci pour ce témoignage, je suis désolée de cette première expérience si difficile et triste que vous avez vécue avec votre fille et je suis très heureuse pour vous que vous ayez ensuite trouvé votre équilibre avec elle et votre fils.
      L’évidence du cadre est parfois rappelée dans les « classiques » de l’éducation bienveillante, mais généralement sans explication sur sa mise en oeuvre. C’est sans doute ce que je trouve le plus précieux dans la discipline positive. Vous parlez d’éducation non violente, mais aussi de CNV… on en revient au même problème de vocabulaire : ce qui est une violence pour vous ou moi n’en sera pas pour un autre parent et inversement. J’ai aussi expérimenté des formes de CNV (qui ne se nommaient pas comme telle à l’époque) que j’ai trouvé profondément manipulatives. Au final, je me retrouve à entendre la même chose dans une formulation « girafe » ou « chacal » pour reprendre les termes de la CNV. Si ça peut en aider certains, tant mieux, mais effectivement le plus gros danger est de tomber dans un langage artificiel qui a pour but de contrôler l’autre.

    2. Merci pour votre article très intéressant.Par rapport aux techniques bienveillantes, hier mon fils de 7 ans (CE1) m’a dit que les enfants de sa classe se faisaient « avoir » quand la maîtresse leur demandait avec un grand sourire après une séance peinture de bien nettoyer leurs tables pour faire plaisir à la femme de ménage. Il m’a dit que quand c’était demandé comme ça il n’avait pas envie de le faire car elle essayait de les manipuler en parlant de la femme de ménage, qu’il préférait qu’elle leur demande simplement de nettoyer leurs tables.

      1. C’est quelque chose que je remarque souvent : les enfants sont souvent bien plus subtils qu’on ne le croit et ils ne sont pas dupes de nos petites astuces. En l’occurrence, il devait avoir l’impression de vivre un chantage émotionnel.

  14. Je pense que vous n’êtes pas assez renseignée et n avez pas croisé les bonnes personnes qui vous permettraient de comprendre en quoi consiste l’éducation bienveillante.
    Je suis triste de vous lire pour vous et tous ceux qui liront votre article.
    Je pratique cette éducation et je suis très heureuse, c’est sûr que mon fils n’est pas un enfant qui reste sans bouger ni parler mais en fait il vit. Je sors tous les jours avec lui, vais chez des gens sans avoir peur de son comportement.
    Je pourrais vous recommander des personnes à suivre si vous voulez approfondir le sujet

    1. Je ne vais pas vous montrer une photo de ma bibliothèque, des sites que je lis ou des formations que j’ai suivies. J’espère que vous voudrez bien me croire quand je vous dis que je suis bien renseignée. Que certains appliquent une certaine forme d’éducation bienveillante qui est en fait empreinte de bon sens et proche de ce que je pratique au quotidien, je n’en doute pas (encore une fois, le problème est qu’on met absolument tout et n’importe quoi sous cette expression). Que d’autres appliquent même une forme d’éducation que je trouverais pour ma famille trop extrême et s’en trouvent très heureux, je n’en doute pas, et comme je l’écris dans ma conclusion, tant mieux pour eux ! Je ne sais pas dans quelle catégorie vous vous reconnaissez mais dans tous les cas, je suis pour ma part très heureuse pour vous que vous ayez trouvé votre équilibre avec votre fils.
      Si j’ai ressenti le besoin d’écrire cet article, c’est à force d’entendre des témoignages à demi-voix de mamans fatiguées, épuisées, découragées et qui ne se reconnaissaient plus dans la famille qu’elles avaient, et qui étaient bien loin de la famille qu’elles espéraient bâtir avec bienveillance. Si cela ne vous concerne pas, quelle joie ! Mais pourquoi vous attrister de ce que d’autres soient soulagées de lire ces mots et y voient une porte de sortie ?

  15. Bonjour. Votre article est vraiment très intéressant et respectueux envers tous. Comme vous ce nouveau concept d’éducation bienveillante me fais un peu sortir de mes gonds, tant il peut être mis à toutes les sauces et revenir sur le tapis à chaque tentative de discussion. Cela encore plus sur les réseaux sociaux, à tel point qu’il devient impossible de partager son opinion sur certains groupes, sous peine de se faire cataloguer de mauvais parents par certaines. Alors que bien souvent les postantes, auraient bien besoin de lire vos lignes pour se sentir épaulées et soutenues. Et de ce fait, trouveraient bien plus de réponses à leurs questionnements, si seulement, les extrémistes de la bienveillance, étaient un peu plus ouverts aux échanges cordiaux.
    Tout ça pour vous dire que votre article fait vraiment du bien à lire et mérite d’être partagé en masse.

    1. Merci, j’apprécie beaucoup votre retour sur cet article, en particulier que vous l’ayez trouvé respectueux, car c’était mon souci principal en l’écrivant.

  16. Bonjour Anne Laure, j’ai lu avec attention ton article et effectivement, le terme de parentalité bienvaillante n’est pas du tout approprié, puisque cela voudrait dire qu’il y a des parents malveillants…alors que tout parent fait au mieux avec ses enfants, avec les ressources que sont les siennes, dans la plus grande bienveillance pour ses enfants…. et c’est aussi la position d’isabelle filliozat avec laquelle j’ai été formée… et c’est pour cela qu’elle ne parle jamais jamais de parentalité « bienveillante » mais « d’approche empathique » de l’enfant qui a mon sens est plus juste… l’approche des besoins de l’enfant (physiologiques, d’attachement, de meilleure communication etc). Elle utilise aussi une jolie image qu’est l’image du masque à oxygène : pour illustrer la nécessité au parent de prendre soin de lui avant tout pour mieux prendre soin de son enfant.Les astuces qui sont données ne sont pas à prendre juste en tant que telles mais sont adaptées au niveau de développement du cerveau de l’enfant et de ce qu’il est capable de comprendre, de mettre en place. Enfin, dans son approche il n’est pas question de ne pas donner de cadre, pas du tout… mais de donner du cadre sécurisant et non écrasant…. A ta dispo si tu veux échanger à ce sujet….PS : j’étais en formation Montessori avec toi, je suis Séverine

    1. Bonjour Séverine, je t’avais reconnue à ton nom 🙂 Isabelle Filliozat utilise quand même largement ce terme de bienveillance (rien que le sous-titre de la formation en ligne qu’elle propose est Gérez les crises avec bienveillance, suivi de « Une gestion bienveillante des conflits en famille, c’est possible. ») Mais en fait si tu regardes bien, elle reprend en grande partie la discipline positive dans ses formations (beaucoup moins dans ses livres).

  17. PS : as tu lu « il n’y a pas de parent parfait » d’isabelle filliozat qui est justement très déculpabilisant ?

  18. Bises et bravo pour tout le super travail que tu fais !! Je suis FAN !!!!

  19. Bonjour, j’ai lu votre article avec intérêt et je vous dit merci.
    Je suis assmat depuis 35 ans et ces dernières années je me suis sentie agressée et dévalorisée dans ma profession par ces parents qui ne recherchent qu’une « assistante maternelle bienveillante » car je ne me suis jamais sentie malveillante envers mes accueils.
    Merci de mettre des mots sur mes pensées.

    1. C’est difficile effectivement… Et puis comment définir cette bienveillance. Quand on cherche une nounou (je me suis plutôt retrouvée de ce côté-là), cela passe de toute façon par une vraie discussion et on voit bien si on est sur la même longueur d’onde ou si on aurait un style éducatif trop différent pour que cela fonctionne.

  20. Je ne peux que vous applaudir pour cet article! Enfin un article qui expose clairement ce que je constate au jour le jour avec mes deux petits !
    Je suis à fond depuis leur naissance sur les pédagogies alternatives, l’éducation bienveillante… mais à l’heure actuelle je suis épuisée.. épuisée de trouver chaque fois des solutions aux crises, de me sentir coupable le quand je cris une fois sur mes enfants!
    Je ne savais pas si c’était moi le problème. Alors j’ai acheter et lu tant de livres. Tous disaient pareil! C’était génial à lire. Mais à appliquer c’était compliqué.
    Nous faisons le mieux pour nos enfants. Je les élève dans la gentillesse et l’amour. Mais parfois j’en ai marre de me dire que je fais toujours mal, que je ne sais pas appliqué les conseils de mes livres.
    Votre article me rassure. Il me fait constater aussi que je ne suis pas tout à fait d’accord avec n’oyez choix d’éducation. Car aujourd’hui, notre couple est à la dérive. Nos enfants sont rois. Et cela n’est pas positif sur eux.. je le constate quotidiennement. J’ai choisi l’IEF pour mon aîné. Quelle erreur! Je suis épuisée. Seule et parfois incompétente. Aucun parent autour de nous n’a fait ce choix d’éducation entièrement tournée vers l’enfant. Nous n’avons plus de vie mon mari et moi. Nous ne vivons que pour eux. Et alors qu’on croyait bien faire, je m’aperçois aujourd’hui que j’ai tout faux…
    L’histoire du masque à oxygène dans l’avion : c’est identique.
    Alors tout revoir oui pourquoi pas. Avec tout autant d’amour. Mais un cadre fixe. Des règles aussi. Vers qui se tourner ? L’éducation positive ? Pourquoi pas. Je vais me renseigner et me laisser aussi un peu de repos pour ne pas être une mère parfaite que je ne serais jamais…
    merci et bravo!!

    1. J’ai mis beaucoup de temps à modérer tous ces commentaires (il y a toujours pas mal de spams au milieu et cet article a reçu des centaines de commentaires !), donc j’espère que depuis vous allez mieux. Ma conviction profonde est que la famille s’articule autour du couple parental, celui qui a donné naissance aux enfants. Ils ont besoin de notre union, de notre stabilité et c’est important (y compris pour eux) d’en faire une priorité. L’IEF n’a pas forcément besoin d’être intégralement tournée vers l’enfant, tel que je vois les choses c’est plutôt que nous avons une unité familiale et que chacun est pris en compte. Les enfants s’occupent souvent seuls, parfois je passe des moments avec un seul enfant, parfois avec deux ou tous, parfois nous sortons uniquement en couple (merci la nounou !). Je vous souhaite beaucoup de sérénité et d’apaisement en tout cas… Et rappelez-vous que vous êtes merveilleuse pour avoir cherché à apporter le meilleur à votre enfant !

  21. Juste un grand merci, j’ai aimé lire votre article et me réjouis d’en lire d’autres.

    1. Merci !

  22. Bonsoir, je ne suis personnellement pour aucune de ses méthodologies. On peut peut-être dire qu’on se rapproche de la discipline positive quoique dans certaines présentation je trouvais que discipline semblait sonner comme si l’enfant devait correspondre au schéma du parent (je n’ai pas eu ce sentiment ici mais dans d’autres présentations). Quand j’échange avec les mamans je soutiens et surtout j’essaye de mettre en avant ce qu’en tant qu’enfant tu aurais aimé. Ma fille de bientôt 20 mois aide beaucoup à la maison et on ne lui a jamais proposé elle l’a fait et nous l’avons laissé faire on l’a aidé encouragé d’ailleurs dans chacune de ses découvertes. Je pense que les parents sont malheureusement absorbé par la société le métro boulot dodo, je comprends qu’ils soient épuisés et fatigués pas de transition avec la vie de famille. Mais observer leur enfant et leur intérêt, et le seul moyen pour qu’ils trouvent des solutions qu’ils ont au fond d’eux-mêmes. Avant de leur trouver des solutions, donnons leur confiance. Chaque parent et parfait pour son enfant. Il faut qu’ils prennent du temps pour eux et qu’ils écoutent leur instinct.

    1. J’aime beaucoup ce que vous dites ! Parfois cet instinct est masqué par beaucoup de choses : les pressions de la société, la fatigue… Parfois on ne comprend pas bien son enfant tout simplement parce qu’il est très différent de nous. Bref, dans ces cas-là, il est utile de pouvoir s’entourer d’autres parents pour réfléchir ensemble et trouver de nouvelles idées… que le parent concerné choisira ou non de mettre en pratique.

  23. Bonjour,
    Et bien Merci !!! Je me sentais si seule dans les soirées échanges/débats, lorsque j’entendais des mamans (le plus souvent) expliquer à quel point tout est formidable chez elles, leurs enfants sont épanouis, jamais de cris…
    Elles parlent de l’éducation bienveillante comme de quelque chose que tout le monde devrait appliquer.
    Personnellement je me sens bienveillante avec mes enfants mais non je ne les laisse pas tout faire, tout décider, et oui parfois ils n’ont pas le choix, je ne leurs demande pas toujours leur avis, il m’arrive même de crier et aussi de prendre du temps pour moi.
    Quelle mauvaise mère je suis !
    Je trouve qu’on en fait trop avec tous ces livres sur l’éducation bienveillante, les parents culpabilisent s’ils n’y arrivent pas.
    Voilà, bon je suis plus discipline positive !

    1. Je me méfie toujours de ce que les parents disent de leurs propres enfants. Non pas qu’ils mentent, mais inconsciemment ils peuvent oublier certaines choses ou en sous-estimer d’autres. Ma mère raconte aujourd’hui que je m’endormais sans aucun souci petite mais en fait on me donnait du sirop somnifère, c’est donc bien que l’endormissement était plus que difficile. Mais le souvenir s’en est effacé !

  24. Bonjour Anne-Laure,

    Merci beaucoup pour cet article qui me donne un peu de respiration, je vais chercher ce qu’a écrit Jane Nelson. Car je me sens souvent culpabilisée soit que je penche du côté des principes de l’éducation dite bienveillante qui ne fonctionne que quelques fois avec mes enfants mais aussi les enfants qui me sont confiés par les parents, soit du côté de l’éducation plus traditionnelle d’éducation stricte et dominante qui intervient bien souvent lorsque je suis fatiguée ou dépassée par les évènements. Je pense que ce sentiment est en parti dû à mon côté un perfectionniste romantique mais aussi à la pression extèrieure de mes lectures, de mes rencontres, et des discours. De temps en temps, j’arrive à trouver le juste milieu mais ce n’est pas facile.
    Effectivement, l’entente pédagogique entre le père et la mère est primordiale mais rarement naturelle dans mon couple et dans les couples que j’observe autour de moi. L’un ou l’autre des parents se retrouve bien souvent le « méchant » et l’autre celui qui apporte les « douceurs ». Nous avons des ados de 18 et 15 ans et un enfant de 3 ans du coup la difficulté est encore décuplée d’autant que les plus grands manquent bien souvent d’attitudes respectueuses et positives.Cette attitude est dûe a des erreurs passées et présentes de notre part, à leurs histoires très particulières et à l’état déplorable de l’éducation française scolaire mais aussi sociétale. Le manque de respect est un « sport national » ; l’humour qui se rapproche majoritairement à la moquerie du rabaissement, voir de l’insulte, les chants, film ou autres qui pronnent la haine qui sont accessibles par tous, les attitudes des adultes connus ou non qui manquent souvent de respect et de règle. Nous nous rendons compte que nous avons une part de responsabilité dans le devenir de nos enfants qui est importante mais nous ne pourrons jamais remplir la part de nos enfants (comme vous le soulignez), la part de la société qui les entoure, ni la part spirituel. Faire l’éducation de nos enfants est un réèl défi et nous avons besoin de tous nous épauler pour le faire ! Merci Anne Laure !

    1. Oui, nous avons tellement besoin d’entraide ! Et d’indulgence envers nous-même, nos enfants finissent par assumer leurs propres choix de vie, et c’est dans la nature des choses. Ce n’est pas forcément grave si les parents se retrouvent sur des lignes éducatives légèrement différentes (tant que ce n’est pas radical !), les enfant savent aussi faire la part des choses, le tout est d’être cohérent sur l’essentiel. Beaucoup de courage dans la recherche de ce juste milieu !

  25. Merci pour votre article.
    Je suis EJE en crèche depuis 24 et je me rends compte depuis quelques années que les petits changent énormément…..
    Dans la structure actuelle quelques parents pratiquent l’éducation bienveillante et bien c’est pour ces enfants là que la ve en collectivité est le plus compliqué…. Ils ont énormément de mal à accepter les petits règles de vie du quotidien !
    Moi aussi je mets peu à peu en doute les bienfaits de l’éducation positive…
    Merci pour votre bel article.

    1. Votre commentaire me fait penser qu’il y a peut-être, dans cette façon de mettre en pratique la bienveillance (j’insiste, dans cette façon, car ça dépendra des familles), une grande part d’individualisme. On s’écoute, on écoute ses émotions, ses besoins, ses envies, mais qu’en est-il des autres ? Il me semble indispensable de garder cette ouverture à l’autre pour ne pas se renfermer sur son nombril.

  26. Merci pour cet article très bien écrit.Mes enfants sont un peu grands pour que j’ai eu à naviguer avec « l’éducation bienveillante » (19, 18,12). Mais il m’a toujours semblé que dans une partie de l’interprétation donnée à cette formule, il manquait « éducation », pas au sens baguette et fessée mais étymologiquement « guider hors de », vers le monde extérieur, l’avenir, les autres. C’est à dire sécuriser, rendre fort, inculquer la confiance, la tolérance et le vivre ensemble (y compris pour sa dimension chaussettes sales…). Et si la confiance est là, la sécurité, ce n’est pas quelques injonctions efficaces ni quelques éclats de voix qui vont y changer grand chose.

    1. Je doute honnêtement qu’il existe des parents qui n’aient jamais, absolument jamais élevé la voix de toute façon… Comme vous le dites, il faut rassurer ensuite sur son amour, on peut demander pardon si on s’est emportés, mais l’important, ce sont les bases que l’on a posées. J’aime bien votre définition de l’éducation, qui est en opposition totale avec l’individualisme ambiant qui nous fait beaucoup de mal à tous.

  27. Dommage, encore et toujours ces clichés à la con sur les américains!

    1. « Malbouffe et démesure consumériste », ou leur posture sur l’éducation bienveillante ? Les deux premiers sont des généralités, certes, mais factuelles, tandis que le deuxième est beaucoup plus discutable, mais provient de mes échanges quotidiens avec des Américains dans le domaine de l’éducation et de la parentalité.

  28. Merci pour cet article, qui est pour ma part vraiment déculpabilisant. J’entends parfois que je ne suis pas assez bienveillante avec mes enfants alors que j’essaie justement de leur faire prendre conscience (sans les culpabiliser) qu’ils ont eux aussi des responsabilités et des engagements à tenir au sein de notre famille, pour que tout le monde soit bien. Je pense notamment à ma fille en IEF qui a beaucoup de mal à participer aux « tâches » communes.Je n’ai pas trouvé ma place dans ce mode d’éducation bienveillance, toujours tiraillée entre l’envie de mieux faire et l’éducation autoritaire que j’ai reçu. J’ai compris il y a quelque temps que ce que je demandais à mes enfants était juste une question de respect. Il font partie d’une famille, d’une communauté, c’est normal qu’ils participent à son bon fonctionnement. Je ne suis pas à leur service et comme eux, j’ai moi aussi besoin d’aide et de moments pour me reposer ou me ressourcer.
    Bref, ton article m’ouvre les yeux sur un mode d’éducation qui m’était encore inconnu bien que souvent pratiqué ici sans avoir pu poser de mots dessus. Merci pour cela, je vais donc creuser le sujet.

    1. Difficile aussi quand on a soi-même connu un mode d’éducation autoritaire (comme la plupart d’entre nous à notre génération je pense)… J’aime beaucoup ces notions de respect et d’attention aux autres, qui sont au coeur de ce que je voudrais transmettre à nos enfants !

  29. Bonjour Anne-Laure:
    Moi, je me sens identifié avec ce que vous racontez, mon parcours comme maman a été un peu comme ça. Jusqu’a-ce-qu’on a trouvé notre équilibre! Avec la petite je me sens beaucoup plus à l’aise, et vraiment depuis qu’on a découvert la discipline positive on à la sensation que tout entre dans l’ordre auquel on voulait arriver. En tout cas, les « nomenclatures »ne sont pas que ça, l’important en tant que parent c’est de trouver l’équilibre entre les besoins des enfants et les propres, et danser avec dans chaque moment pour trouver la meilleur solution. Ce pour cela que les extrèmes sont toujours dangereux et toxiques, à mon avis. Bonne journée à tous et a toutes!

    1. Oui, les étiquettes ne sont pas le plus important, l’essentiel est de trouver l’équilibre (j’aime énormément cette image de danser, ça me fait penser à un équilibriste qui danse sur le fil 🙂 ).

  30. J aimerai savoir si vous pourriez donner des exemples de situations concretes svp.
    Par rapport à un probleme rencontré, du coup comment réagir.
    Merci beaucoup d avance

    1. J’ai bien peur que ce soit plus nuancé que ça : par rapport à un problème donné, suivant l’enfant, les valeurs familiales, les parents, il n’y aura pas UNE réponse miracle. La discipline positive ne prétend pas justement apporter une liste de comportements à adopter, seulement des principes de base pour une éducation sur le long terme et des outils pour avoir des idées et ne pas rester bloquée sur une situation.

      Je sais bien que ce serait plus confortable de lire un article sur « Les 10 phrases à employer ou ne plus employer avec votre enfant », mais la parentalité n’est pas forcément confortable…

  31. Extrait: [Si vous-même vous essayez d’éduquer vos enfants de façon bienveillante, comment le vivez-vous ? Posez-vous un instant et prenez du recul, honnêtement : êtes-vous satisfait de vos relations avec votre ou vos enfants ? Etes-vous à l’aise pour retrouver d’autres familles et que vos enfants jouent ensemble ? Est-ce que vous vous sentez, vous-même, dépassée, épuisée ou malmenée ?]
    J’utilise l’éducation bienveillante auprès de mes enfants (10 à 15 ans) et j’en suis très satisfait, mes enfants sont heureux, respectueux et impliqués. Dans la maison et ailleurs.
    Les problèmes cités dans l’article découlent plus d’une charge mentale trop intense que de l’éducation bienveillante. Par ailleurs, une large série de pseudo-experts en parlent, mais ils ne font que créer plus de doutes chez le parent. En ce sens, l’article n’a pas tort.
    Mais, c’est avant tout une mécompréhension de la dynamique réelle d’une éducation bienveillante. Souvent, le parent a l’impression qu’il ne doit pas mettre de limites à l’enfant. Or, le laxisme est aussi destructeur que la violence.
    La bienveillance, c’est avant tout une démarche de soi à soi. Si on est incapable d’être bienveillant envers soi, ce sera difficile de l’être avec autrui.
    La bienveillance, c’est une posture de respect, de compassion et d’éthique. Cela demande une idée claire de ce qui nous appartient et de ce qui ne nous appartient pas. Cela demande le courage de fixer les limites claires et de s’y tenir si c’est la meilleure solution pour accompagner un enfant. C’est choisir d’intervenir avec notre qualité de présence, plutôt que nos mécanismes de défense. C’est aussi basé sur une remise en question continue pour devenir de meilleures personnes chaque jour.

    1. Vous avez apparemment trouvé votre équilibre, et j’en suis très heureuse pour vous ! A vous lire, avec les nuances que vous apportez, je pense que vous trouverez la suite de cet article intéressante : https://montessouricettes.fr/education-bienveillante-pourquoi-je-n-adhere-pas/

  32. Merci pour ce be article ! Je suis plutôt éducation traditionnelle, où le respect et une certaine discipline ont une place importante. Je pense être ouverte d’esprit et à l’écoute de mes enfants et était des fois à la limite de culpabiliser en voyant les parents et leur éducation bienveillante, mais en voyant le comportement de ces enfants, complètement inadapté à la vie en société, je le disais que je ne me débrouillais pas si mal que ça.
    Alors merci pour cette réflexion très bien écrite

    1. Merci beaucoup Séverine et tant mieux si vous ne culpabilisez pas !

  33. 🤣😂
    D’une certaine manière, j’adore cet article. Je n’aurai pas verbalisé ainsi, mais c’est assez pertinent ! Après j’avoue que je ne connais pas vraiment le concept de discipline positive dont vous parlez… j’ai toujours pensé que je pratique (nous pratiquons) une forme d’éducation bienveillante, mais sans doute pas selon les prophètes du genre…je n’ai jamais vraiment appliqué de « trucs »…
    Mes quatre enfants ont de dix à dix-huit ans et l’ambiance est globalement sereine…globalement hein ! L’adolescence n’est pas toujours simple. Je considère que nous accompagnons nos enfants au quotidien, en leur offrant un cadre clair et des limites le tout dans l’échange et la discussion…et ça fonctionne ! Sans (trop) se prendre la tête…
    Je vais aller lire le bouquin dont vous parlez sur la discipline positive, histoire de comprendre. Et éventuellement le glisser à quelques amies complètement dépassées par une éducation bienveillante qui ne parvient pas à poser de limites et dont les trucs font preuve d’échec les uns après les autres. Car malheureusement je reconnais dans ces descriptions deux ou trois amies, dont certaines sont dans une culpabilité terrible vis à vis de leur « échec » éducatif….si quelque chose peut les aider je signe !

    1. Merci, c’est vraiment mon message, de lutter contre cette culpabilité pernicieuse. Comme j’ai mis du temps à valider les commentaires (j’ai été débordée par les centaines de messages reçus !), avez-vous eu le temps de lire le livre ?

  34. Tout simplement merci pour cet article ! Je m’y retrouve totalement ! 🙂

  35. Je voudrais réagir à votre article.
    Education bienveillante vs malveillante : on est bien d’accord, c’est pour cela que je préfère le terme « respectueuse ».Pour la culpabilité, le fait de s’oublier en chemin, de douter en permanence de s’épuiser j’en parle justement dans mon article-guide=> https://grandirzen.fr/parentalite-positive-et-growth-mindset-mode-demploi/#Parentalite_positive_quels_dangers  
    J’aborde tous les dangers liés à la parentalité et comment les éviter, parce qu’il n’est pas nécessaire de tomber dans un extrême comme dans l’autre : d’un côté le laxisme et l’oubli de ses propres besoins et limites. De l’autre, trop de fermeté et d’autoritarisme.
    Tous les livres qui parlent d’éducation bienveillante et respectueuse ou de Discipline le disent bien : toutes les émotions sont acceptables, tous les comportements ne le sont pas !
    Il ne s’agit donc pas de laisser un enfant en bousculer un autre ou être violent.
    C’est comme cela que j’ai compris tous les livres que j’ai eu la chance de lire depuis 9 ans : Filliozat, Faber et Mazlish, Nelsen… et les formations que j’ai fait notamment sur la communication bienveillante. Tout d’abord, se respecter soi-même, c’est bien l’idée transmise dans ces écrits en tout cas, mon interprétation.

    Clairement, ça n’est pas facile ! Ce n’est pas la voix la plus simple mais je suis toujours convaincue que c’est un magnifique cadeau sur le long terme, si l’on ne tombe pas dans le laxisme bien sûr.
    Plus qu’une liste d’outils et astuces qui ne vont fonctionner que quelques jours, il s’agit plutôt d’un vrai état d’esprit 

    Je suis d’accord pour dire que le débat est sain et que la bienveillance est de mise concernant la forme mais ne doit pas servir à « faire taire » 🙂

    En ce qui concerne Montessori et l’éducation Bienveillante, il suffit de lire « L’enfant », de Maria Montessori pour comprendre que la posture à adopter avec un enfant doit lui permet de stimuler des hormones comme la dopamine, l’endorphine et la sérotonine, à nous de voir si une éducation « non bienveillante » peut faire le taf !

    La Discipline Positive est en effet totalement liée à l’éducation positive et en reprend bien les principes. J’ai d’ailleurs écrit un article complet sur le sujet : https://grandirzen.fr/discipline-positive-20-conseils-pour-lappliquer-au-quotidien/J’y explique bien que la bienveillance ne suffit pas, la fermeté est tout aussi importante !

    Enfin, pour l’exemple des Etats-Unis, dans les écoles Montessori à 20 000 dollars l’année certes, ça se passe comme ça (Discipline positive et éducation bienveillante) mais dans les familles, je ne pense pas que cela soit vrai malheureusement, encore moins dans certains Etats :/
    Je ne parle que de ma propre expérience, j’ai eu la chance d’y séjourner quelques semaines et de visiter des écoles et il y a certes des « avancées » sur de nombreux sujets mais tout n’est pas enviable.

    Merci de m’avoir lue 🙂

    Anaïs

    1. Merci pour votre commentaire ! La suite que j’ai apportée à cet article vous intéressera sans doute : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/
      J’y explique entre autres les soucis de vocabulaire entre éducation bienveillante et discipline positive.
      Concernant les Etats-Unis, je ne minimise pas du tout les problèmes éducatifs, mais globalement, dans leurs réflexions sur la parentalité (mais tous les parents ne réfléchissent pas sur la parentalité), ils sont beaucoup plus équilibrés que ce dont je suis témoin en France. Pour moi, ils ont vraiment connu ces mouvements de balancier bien avant nous et sont parvenus à un équilibre plus sain entre fermeté et bienveillance. Maintenant, cela n’empêche pas la grande majorité des parents de reproduire essentiellement les schémas parentaux qu’ils ont connus.

  36. Le truc qui me choque moi, c’est surtout le stress et la fatigue que génèrent l’éducation et le choix de faire 2, 3, 4, 5 enfants… Sérieux protégez-vous et vivez à la cool avec votre môme (voire sans)! La planète est surpeuplée, ça vous fatigue, ça vous coûte une blinde et vous êtes en mode ouin ouin tout le temps ! Bah évidemment qu’être enceinte en même temps que gérer un enfant c’est trop dur, et la France c’est pas encore la Suède alors calmez vous hormones les meufs !

    1. S’il y a bien une chose que je ne crois pas être, c’est « ouin ouin » 🙂 Mais je vous invite à aller faire un tour sur le blog. Je n’aime pas trop étaler notre vie privée mais peut-être que vous verrez une autre image des familles nombreuses que ce vous imaginez.

  37. Bonjour
    J’ai beaucoup apprécié cet article et sans le savoir je pense avoir adopté un fonctionnement qui s’approche de la discipline positive.
    Chez nous pas de télévision et on utilise peu l’ordinateur. Je ne suis pas non plus adepte des cercles de parentalité ni des magazines spécialisés. Je ne connais donc pas ce qui est a la mode ou pas, ni vraiment entendu parler des différentes méthodes.
    Je me suis juste basée sur mon vécu de ma jeunesse, et je me met a la place de l’enfant pour connaître ses besoins, et je pioche des idées, je teste des choses au niveau de l’éducation, avec pour crédo principal : respect, honnêteté, altruisme.
    Je respecte mes enfants qui doivent également me respecter. Je suis honnête avec eux je leur explique tout et ne leur ment pas. Et enfin je les aide et ils m’aident en retour.
    Mes enfants ont 6 et 8ans, et j’ai un petit dernier de 3 mois. Nous avons pris chacune de nos décisions qui concerne la famille en famille. Nous avons demandé leur avis aux enfants et l’avons pris en compte. Ce qui ne veut pas pour autant dire que nous leur passons tout. Si nous décidons, nous parents adulte et ayant de l’expérience et des connaissances, de ne pas faire comme le proposent les enfants, nous leur expliquons pourquoi. On leur donne des responsabilités et de l’autonomie comme le voudrait la méthode Montessori, pour le bébé on essaye la motricité libre et le portage, puis ce sera la diversification menée par l’enfant. Pas d’écrans la veille d’un jour d’école ni le matin, et seulement encadré et un temps limité. On les pousse a aider on a installé un tableau de qui fait quoi ( le linge, la table, le balais etc…) chacun range son linge. Ils préparent parfois le repas avec nous. Les parents ne doivent pas être les serviteurs des enfants, mais les enfants ne sont pas des chiens qui doivent obéir au doigt et a l’oeil. Il faut pas être radicalement noir ou blanc, mais un arc en ciel de couleurs, piocher un peu de tout ce qui peut convenir a notre famille.
    Chez nous ça marche, avec des hauts et des bas bien sûr, mais il faut absolument un cadre chez nous et qu’on y travaille avec les enfants. Famille recomposée, avec un enfant a haut potentiel au milieu, on a pas le choix. Ils posent des questions pertinentes et qui nous remettent en question parfois. Ils grandissent et la vie change donc on doit s’adapter et changer les choses parfois. Rien n’est statique! Donc pourquoi s’enfermer dans une seule méthode d’éducation pour toujours et en souffrir? Je vois pas l’intérêt. On a expliqué aux enfants qu’il faut qu’ils nous aident parce que le bébé me prend beaucoup de temps, qu’on est pas des serviteurs et que tout le monde a un rôle a jouer dans une famille, en respectant les capacités de chacuns. Comme on dit souvent, on est une équipe.

    1. Ce que je remarque particulièrement dans ce que vous décrivez, c’est que vous avez posé vos valeurs principales : respect, honnêteté, altruisme. Pour moi c’est la base dans une famille. A partir de là, vous avez raison, vous pouvez vous faire confiance. Je me doute bien que vous ne cherchez pas d’étiquettes, mais quand on vous lit, vous correspondez exactement au modèle de famille démocratique dont je parle ici, c’est amusant : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/

  38. L’éducation « bienveillantes » c’est comme tout : Il faut prendre ce qui nous intéresse et laisser le reste.

    L’éducation plus stricte n’est pas non plus un gage de réussite à tous les coups.

    Il faut savoir trouver un bon milieu entre éducation positive et fermeté. Et l’un ne va pas sans l’autre selon moi.

    1. Justement, le principe même de la discipline positive est l’équilibre entre bienveillance et fermeté. La suite de cet article devrait vous intéresser : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/

  39. Bonsoir
    Je ne vous connaissais pas jusqu’à ce soir lorsque j’ai découvert votre article dun partage sur fb. J’avoue avoir eu peur en lisant puisque je pensais pratiquer l’éducation bienveillante et que pour moi l’éducation bienveillance et positive était exactement la même chose. Je suis dans ce mode d’éducation et pour autant je pose un cadre, des règles, des limites à mon enfant. Du coup à mon sens c’était un peu la même chose, pour moi éducation bienveillante ne voulait pas dire être laxiste et se faire bouffer par son enfant en le laissant tout faire et en le faisant tjr passer en priorité en oubliant d’être bienveillant envers soi mm.
    Peut etre que du coup je suis plutôt axé sur une éducation positive et non pas bienveillante.
    Votre article à été très intéressant à lire et je vais du coup désormais vous suivre de près.
    Merci pour le partage de votre réflexion

    1. Merci Delphine ! J’ai mis beaucoup de temps à valider les derniers commentaires, donc peut-être avez-vous déjà lu la suite de cet article, qui justement explique la distinction et le recouvrement entre la discipline positive et l’éducation bienveillante : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/

  40. Il n’y a pas besoin d’education bienveillante , on peut tres bien éduquer ces enfants de façon « normal » sans pour autant utilise la maltraitance physique ou morale , j’ai élevé ma fille sans bouquin , normalement avec mon instinct de maman , je lui est appris le respect la gentillesse , appris à aimer l’école , à faire ces devoirs , je l’es laisser évoluer à sont rythme , par contre elle aide à la maison , elle met la table y a pas a tergiverse tu met la table point pourquoi vouloir prendre 4 chemins ; dans la vie y a des obligations les enfants une fois adulte n’auront pas le choix pour certaines choses donc leur laissez croire qu’ils aurons toujours le choix est utopique , bref résulta des courses j’ia une ado qui ne me fait pas de crise d’ado , qui est une excellente élève et très mature et gentille du haut de ces 15 ans , alors bordel arrêtez de vouloir éduquer vos enfants avec des bouquins suivez votre instinct et pendant la grossesse réfléchissez à comment vous voulez eduquer votre enfant .

    1. Bonjour, je ne veux surtout pas relativiser tout le travail d’éducation que vous avez mené et je me réjouis de vos excellentes relations avec votre fille. Mais tous les enfants n’ont pas le même tempérament et ne présentent pas les mêmes difficultés. Rien que dans une même fratrie, ce qui fonctionnait remarquablement bien avec l’un ne fonctionne pas nécessairement avec un autre. C’est donc dommage de dévaloriser les autres mamans alors que nous ferions tellement mieux de nous soutenir et de nous entraider !

  41. Merci pour cet article qui a le mérite d’ouvrir un débat constructif et respectueux des opinions de chacun-e. Si je pense percevoir le fond de vos propos, je ne comprends pas bien en quoi, sur la base que certains n’ont pas bien compris les principes et la posture de courants éducatifs pouvant êtres qualifiés de « bienveillants », ces derniers devraient du même coup être discrédités. Un peu comme celles et ceux qui utilisent la CNV et son processus « OSBD » comme un mode de communication interpersonnel (risque d’exaspération garanti)… alors qu’elle reste en premier lieu un merveilleux outil de connaissance de soi (dans l’intention de servir la qualité de la relation). Que la majorité des personnes que je croise en ait une vision erronée ne me pousse pas de facto à ne plus « adhérer » aux principes. Si le message est de dire que le mot « bienveillant » n’est pas adapté, qu’on n’est pas emballé par la terminologie ou qu’on ne sait plus vraiment ce que tout cela signifie… je pense que tout le monde sera plutôt d’accord. Est-ce que « positive » me réjouit plus ? Pas vraiment, me concernant (je reste sur la forme, ne pouvant juger du fond). Moi j’aime bien le qualificatif « en conscience », puisque c’est selon moi la pierre angulaire. Après, chacun son vocabulaire…
    Bref… un outil reste un outil : tout dépend de comment on se l’approprie et de l’intention avec laquelle on s’en saisit.
    Au plaisir,
    Guillaume

    1. Votre commentaire est très intéressant ! Et la CNV est un sujet qu’il faudra que j’aborde un de ces jours… Peut-être que la suite que j’ai écrite à cet article vous éclairera sur les raisons pour lesquelles j’ai abordé ces questions qui sont, effectivement, en grande partie des questions de vocabulaire : https://montessouricettes.fr/discipline-positive-education-bienveillante/

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