Education bienveillante : pourquoi je n’adhère pas

POURQUOI JE N’AIME PAS L’EDUCATION BIENVEILLANTE

L’éducation bienveillante est un sujet de plus en plus à la mode depuis quelques années, entre autres chez les parents qui sont attirés par la pédagogie Montessori. Et je sens que je ne vais pas me faire des amis avec cet article, mais il est absolument fondamental pour moi et c’est une véritable mise en garde que je me sens obligée de faire.

En fait, il y a une série d’articles que je veux écrire depuis longtemps, mais qui sont particulièrement délicats. Chacun de ces articles a pour but de montrer qu’il faut éviter toute radicalité et adopter des positions beaucoup plus nuancées, en particulier lorsqu’il s’agit de parentalité et d’éducation.

Mais je vous en prie, lisez bien cet article jusqu’au bout, ne vous arrêtez pas aux premières phrases en pensant « c’est n’importe quoi ». En particulier si vous-même pratiquez l’éducation bienveillante, faites-moi la grâce de croire que justement, ma position est nuancée et non radicale. J’ai d’ailleurs écrit un second article pour expliquer encore mieux tous ces concepts et en quoi la discipline positive et l’éducation bienveillante ne sont pas exactement la même chose.

Car comme souvent avec les effets de mode, vous allez voir que les tenants de l’éducation bienveillante ne manquent pas de radicalité. Commençons par cette expression « éducation bienveillante« …

Une éducation bienveillante… et une éducation malveillante ?

Les mots ont leur importance. Sachant que « bienveillant » signifie littéralement « qui veut du bien », franchement, quel parent n’est pas bienveillant ?

Tout les parents souhaitent une éducation bienveillante

En tout cas, c’est une expression qui classe immédiatement les parents dans deux catégories et suggère que l’autre catégorie serait celle des parents « malveillants », qu’il faut absolument rabaisser. Donc franchement, cette expression me sort par les yeux. Comment peut-on se prétendre « bienveillant » quand on rabaisse tous les autres et qu’on se croit supérieurs à eux ?

Une immense culpabilité pour les parents

Mais mon refus de l’éducation bienveillante vient de plus loin et est plus profond.

Lorsque mon aîné a commencé à aller à l’école (sa seule année, dans une école Montessori formidable), une maman a proposé d’organiser un cercle de parents autour de l’éducation bienveillante. Intriguée, j’y suis allée, mais l’expérience s’est avérée franchement déprimante…

Chez nous, tout se passait plutôt bien, on découvrait à quel point un enfant de 2 ans et demi avait besoin d’indépendance et on s’adaptait tranquillement, avec nos petits succès et nos petits échecs.

Mais ce soir-là, une maman a témoigné, en expliquant qu’elle n’en pouvait plus : elle travaillait et le soir, en rentrant du travail, son fils restait absolument scotché à elle, ne la laissait même pas préparer le repas, et la harcelait pour qu’elle passe la soirée à jouer avec lui. Il occupait de plus toute son attention, au détriment de ses autres enfants !

Au fond, je crois que la plus grande difficulté était que cette maman n’avait aucun sas de transition entre son travail et la maison, et qu’elle aurait eu besoin de se recharger avant. On sentait qu’elle était à bout d’énergie (on voyait même des larmes perler à ses yeux). La suggestion de celle qui organisait le cercle de parents ? Prendre sur elle et passer un moment sur le trampoline avec cet enfant en décalant le dîner.

Ses besoins à elle : ils n’étaient pas pris en compte.

Sa détresse : complètement ignorée.

Seule conclusion : elle devait en faire encore plus.

éducation bienveillante entraîne une grande culpabilité chez les parents

J’ai eu mal pour elle au plus profond de moi. Ce soir-là, j’ai été définitivement refroidie par l’éducation bienveillante. Certes, l’éducation ne consiste pas à faire passer tous ses besoins avant ceux de son enfant, mais elle ne consiste pas non plus à faire passer tous les besoins de l’enfant avant les siens. C’est culpabilisant, déprimant et épuisant.

L’éducation bienveillante : vraiment efficace ?

C’est ce que j’observais d’ailleurs, le matin à l’école, quand les parents « bienveillants » se retrouvaient complètement dépassés par leurs enfants. Dieu sait que je ne considère pas que les enfants doivent « obéir », faire ce qu’on leur dit sans moufter ou « rester sages ». Mais en revanche, il est pour moi intolérable de laisser des enfants en bousculer d’autres, courir partout tous les jours en perturbant le calme de l’école et des enfants déjà rentrés. Ou de les laisser taper et insulter d’autres enfants. C’est tout simplement un manque de respect.

Combien de familles pratiquant l’éducation bienveillante connaissez-vous autour de vous ? Comment le vivent-elles au quotidien ? Ont-elles l’air heureuses et épanouies, les relations sont-elles respectueuses entre tous les membres de la famille ? Ou les parents sont-ils complètement dépassés, épuisés, malmenés ?

Si vous-même vous essayez d’éduquer vos enfants de façon bienveillante, comment le vivez-vous ? Posez-vous un instant et prenez du recul, honnêtement : êtes-vous satisfait de vos relations avec votre ou vos enfants ? Etes-vous à l’aise pour retrouver d’autres familles et que vos enfants jouent ensemble ? Est-ce que vous vous sentez, vous-même, dépassée, épuisée ou malmenée ?

J’ai écouté beaucoup de mamans qui, un peu en cachette, un peu honteuses, partageaient avec moi leur désarroi : pourquoi est-ce que ça ne marche pas pour elles ? Qu’est-ce qu’elles font de mal ? C’est censé être la solution magique et au lieu de ça elles n’en peuvent plus…

De même, j’avoue que dans notre entourage, je ne suis pas convaincue par ce que j’observe. Trop souvent, l’éducation bienveillante part dans un excès de laisser-faire, de laxisme, qui en fait n’est pas bon pour les enfants, qui souffrent de ne pas avoir de cadre. Car c’est important à rappeler : le cadre est sécurisant pour les enfants.

Bien entendu, le cadre peut être plus ou moins étendu, mais il y a une juste dimension qui est adaptée à l’enfant. C’est exactement la même chose que d’enfermer son enfant dans un placard (cadre beaucoup trop restreint et contraignant), le laisser vivre dans une maison (cadre adapté et sécurisant) ou le laisser abandonné dans la rue (aucun cadre, profondément paniquant).

On lit (heureusement) de plus en plus de témoignages de parents pourtant très engagés dans l’éducation bienveillante et qui avouent en revenir.

Ils parlent de l’épuisement, de la culpabilité, de la difficulté au quotidien. Même certains « super parents » qui en formaient d’autres à l’éducation bienveillante reconnaissaient il y a peu dans leur infolettre que ça les avaient beaucoup fait souffert et qu’ils avaient dû prendre du recul par rapport à tout cela pour réenvisager leur parentalité autrement.

éducation bienveillante peut épuiser les parents

Ouf ! Je suis profondément reconnaissante à tous ces parents qui sont suffisamment honnêtes pour admettre leurs difficultés sur les réseaux sociaux et expliquer tout simplement qu’ils ont changé d’avis sur la question (il n’y a aucune honte à changer d’avis, bien au contraire, c’est la preuve que l’on continue à réfléchir).

Prenez le premier article venu sur la bienveillance et lisez les commentaires : ce que je lis, c’est de la tristesse, de la culpabilité, de l’angoisse : « Je ne fais jamais assez bien », « je me retrouve toujours à craquer », « je ne m’en sors pas », « c’est absolument épuisant », « j’ai l’impression de devoir toujours en faire plus »…

Car au fond, ces parents ne sont que les victimes. Croyez-moi, je ne cherche absolument pas à leur lancer la pierre (ou à vous lancer la pierre si vous-même pratiquez l’éducation bienveillante). J’ai essayé moi-même pendant quelque temps (mais c’était il y a plus de 7 ans). J’ai participé à un cercle de parents. J’ai lu les fameux livres d’Isabelle Filliozat ou de Faber et Mazlish. Dedans, j’ai surtout retrouvé des techniques, des astuces, qui fonctionnent un temps et puis cessent.

Par exemple : « Offrir un choix à l’enfant : plutôt que de lui dire de mettre le couvert, lui demander s’il veut commencer par les assiettes ou les verres ».

La première fois, pas de souci, l’enfant est tout heureux, et puis ça fonctionne encore deux, trois, quatre fois… Jusqu’à ce que l’enfant, qui n’est pas stupide, refuse tout simplement de choisir : « Tu préfères commencer par les assiettes ou les verres ? – Non ! »

C’est d’ailleurs amusant (enfin, on rit un peu jaune), dans le livre « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », les auteurs reconnaissent elles-mêmes que dans leur groupe de parents, c’était la conclusion de tout le monde : au début, tout le monde était ravi des astuces proposées, et au bout de trois semaines, tout le monde en revenait en expliquant désespéré que « ça ne fonctionnait plus ».

Ce que je trouve dramatique, c’est qu’elles n’en ont pas tiré les conclusions qui s’imposaient et se sont juste contentées d’alterner davantage leurs astuces. Alors que tout le monde commence enfin à le reconnaître aujourd’hui : l’éducation bienveillante n’est pas une solution à long terme.

La bienveillance mise à toutes les sauces

Par ailleurs, je suis souvent un peu agacée par ce qu’on fait de la bienveillance. Avez-vous remarqué que sur les réseaux sociaux, dans certains groupes de parents, la bienveillance devient un outil pour faire taire ? Si quelqu’un apporte une contradiction (poliment j’entends), il y a toujours quelqu’un pour dire « ça n’est pas franchement bienveillant ».

Alors que le débat est parfaitement sain, tant qu’il se fait dans le respect et l’honnêteté. On a parfaitement le droit de ne pas être d’accord (et peut-être que vous n’êtes d’ailleurs pas d’accord avec cet article que vous êtes en train de lire : je ne vous en respecterai pas moins pour autant !).

Ou d’autres qui se montrent hyper violents, sous prétexte de bienveillance ! Avec des remarques comme « Mais comment vous pouvez prétendre faire du Montessori et imposer à votre enfant de finir son assiette ? C’est n’importe quoi ! » (et ce sont les mêmes que l’on retrouve quelques commentaires plus loin en train de parler de bienveillance…)

Cela rejoint aussi la question des violence éducatives ordinaires (ou de la violence de manière générale). Il est un peu facile de mettre l’étiquette de « violence » sur tout et n’importe quoi, en fait sur tout ce qui représente une contrainte ou une limite.

éducation bienveillante impose t'elle des limites ?

Si ce terme de violence éducative ordinaire a permis de répandre l’idée (et c’est une très bonne chose) qu’il n’y avait pas besoin de coups pour être maltraitant, que les paroles avaient parfois autant de poids que les gestes et que nous pouvions davantage respecter nos enfants, certains poussent le raisonnement à l’extrême.

  • Si je me lance dans une bataille de chatouilles avec mes enfants, est-ce de la violence ?
  • Si ma fille embête quelqu’un et que je la prends dans mes bras pour l’éloigner « de force », est-ce de la violence ?
  • Si mon fils insulte son frère et que je lui dis « C’est inacceptable », est-ce de la violence ?

Vous pensez peut-être que j’exagère, mais j’ai entendu des familles m’affirmer pour chacun de ces cas qu’il s’agissait de violence. Il y a même un article de Catherine Guéguen qui place la phrase « Ce n’est pas bien » sur le même plan que les gifles.

Le problème, c’est que du coup, le parent lambda se dit « ce sont des illuminés » et va continuer avec les fessées et les insultes comme système éducatif… Le radicalisme est toujours contre-productif. Au final, les parents détournent complètement l’idée même de bienveillance

Mais par quoi remplacer l’éducation bienveillante ?

Car il est facile de critiquer, de pointer les limites de l’éducation bienveillante. D’autant plus qu’elle a eu ses mérites, celui en particulier de pointer du doigt certaines de nos attitudes de parents qui semblaient justifiées, et dont on sait aujourd’hui combien elles peuvent être nuisibles pour la construction psychologique et physiologique de l’enfant (IRM à l’appui).

Mais maintenant, on fait quoi ? Est-ce qu’on s’effondre sur le carrelage de notre salle de bain pour pleurer toutes les larmes de notre corps ? Est-ce qu’on ouvre un pot de Nutella et qu’on essaie de s’anesthésier à coup de calories et de séries TV ? Je rêve de tellement mieux pour vous, pour chacune d’entre nous…

En fait, j’ai confiance dans une évolution de nos modes de parentalité à l’exemple des Américains. Entre malbouffe et démesure consumériste, ce n’est pas souvent que je prendrai exemple sur les Etats-Unis, mais en l’occurrence, ils ont dépassé ce stade de la « bienveillance extrémiste » depuis longtemps.

Chez eux, la bienveillance éducative a été à la mode dans les années 70 environ. Ils ont eu le temps de digérer tout cela et de parvenir à un équilibre bien plus satisfaisant, où toute la responsabilité ne porte pas sur les parents.

Chez nous, l’éducation bienveillante est un phénomène qui a surtout commencé à se répandre il y a une dizaine d’années. Et comme pour tout effet de mode, les parents qui découvraient ces principes se sont jetés dedans à corps perdu, en poussant toutes les idées à l’extrême.

On assiste à un effet de balancier inverse qui à mon avis ne fait que démarrer, et qui risque de complètement décrédibiliser l’éducation bienveillante (c’est déjà le cas dans certains milieux) pour en revenir à un mode d’éducation autoritaire (mais un peu moins qu’avant quand même).

Puis le balancier repartira de l’autre côté, vers la bienveillance, mais moins loin etc. etc. jusqu’à ce qu’on atteigne un point d’équilibre. Ce que je vous propose, c’est d’anticiper et d’essayer de sauter quelques mouvements de balancier…

un système de balancier pour trouver un équilibre entre éducation bienveillante et éducation autoritaire

Car si j’en reviens à l’exemple des Etats-Unis, ils ont déjà effectué ces mouvements pendulaires et sont, à mon avis, parvenus à un certain équilibre (je parle des familles vraiment intéressées par les questions d’éducation évidemment, pas de celles qui se contentent de suivre le mouvement et restent attachées à la télé, la malbouffe et la démesure en tout).

En effet, en 1981, Jane Nelsen écrivait son livre sur la Discipline positive, à partir des travaux d’Adler et de Dreikurs, qui dataient déjà des années 20. Après des années et des années où nous l’avons expérimentée, je suis pour ma part convaincue que la discipline positive est l’une des meilleures solutions disponibles à l’heure actuelle.

Je reviendrai dans un prochain article sur ce qu’est la discipline positive, mais je peux déjà vous en donner quelques éléments de base pour que vous saisissiez la différence avec l’éducation bienveillante.

Le principe de départ est que l’enfant (et tout être humain bien sûr) recherche avant tout le sentiment d’appartenance et d’importance. Appartenance à une communauté (la famille) et conscience qu’il a un rôle à jouer dans cette communauté (par exemple à travers les contributions qu’il peut apporter dans la famille).

J’écoutais récemment une interview de Jane Nelsen (qui est maintenant assez âgée) et qui traduisait ces mots par amour/affection et responsabilité. Deux notions qui s’équilibrent et qui évitent aussi bien l’autoritarisme (trop de responsabilité et pas assez d’affection) que le laxisme et l’enfant-roi (« trop » d’affection et pas assez de responsabilité).

Équilibrer amour et responsabilité permet d’éviter les écueils de la fameuse éducation bienveillante. Est-ce que ça demande toujours du travail aux parents ? Oui bien sûr. Mais ça demande aussi aux enfants de prendre leurs propres responsabilités et c’est ça qui change tout. Le poids du travail à accomplir pour parvenir à des relations familiales apaisées ne pèse pas exclusivement sur les parents.

Pour en revenir au cercle de parents dont je vous parlais, cette maman aurait été écoutée et certes, il y a des choses qu’elle aurait pu faire pour nourrir affectivement son enfant, mais derrière elle aurait aussi gagné du temps et de l’énergie car son enfant aurait lui aussi apporté sa contribution à la vie de famille (peut-être par exemple en l’aidant à préparer le repas ou en rangeant ses affaires avant).

Les critères de la discipline positive

Pour savoir donc si l’on parle d’éducation bienveillante ou de discipline positive, le plus simple est d’en revenir aux critères posés par Jane Nelsen elle-même.

La discipline positive :

  1. Aide les enfants à se sentir connectés (appartenance et importance). Je préfère d’ailleurs le terme anglais de « significance » à « importance ».
  2. Est encourageante et respectueuse pour tous (pas seulement pour l’enfant, le parent aussi est pris en compte, de même que tout l’entourage).
  3. Est efficace à long terme (pas d’astuces qui fonctionnent 3 semaines).
  4. Enseigne des compétences de vie essentielles (respect, attention aux autres, résolution de problèmes, coopération et toutes les compétences qui permettent de contribuer dans sa famille, son école ou sa communauté au sens large). On n’envisage pas l’éducation qu’à court terme, c’est tout son avenir qu’on prépare avec l’enfant.
  5. Invite l’enfant à croire en son potentiel. (Encourage l’autonomie).

Si on vous propose quelque chose qui ne respecte pas l’un de ses critères, c’est bien simple, ce n’est pas de la discipline positive.

Est-ce que cela veut dire que tout est facile maintenant, et que nous vivons dans une super famille de Bisounours ? Certainement pas. Il y a des hauts, des bas, des crises et oui, parfois encore des cris. Mais c’est amusant : généralement quand il y a une crise, je m’aperçois que cela correspond justement à un moment où j’ai moins mis en pratique ce que j’ai appris.

Par exemple dans des moments de vie difficiles (pendant mes deux dernières grossesses, j’ai dû passer beaucoup de temps allongée car je n’avais aucune énergie et si je me levais, je vomissais immédiatement), ou simplement parce que quand tout va bien, on n’a plus tellement besoin de certains outils et que du coup, quand une micro-crise survient, on a perdu ses réflexes.

Mais à chaque fois que je me suis replongée dans ces outils, que je me les suis remémorés de façon à pouvoir les utiliser à tout moment, quand j’en aurai besoin, nos relations familiales se sont retrouvées complètement apaisées et ce, sans que j’ai à me sacrifier et à tout faire passer après le bonheur immédiat de mes enfants.

Comme je vous le disais, il est difficile d’adopter une position nuancée et de l’exposer, en particulier sur Internet. Car tout le monde lit en diagonale, s’arrête aux phrases les plus frappantes et se forge une opinion à la va-vite.

Pour ma part, je vous fais confiance. Je pose cet article ici, et peut-être que d’ici une heure j’aurais 30 commentaires pour me dire que je n’ai rien compris, comment je peux critiquer l’éducation bienveillante, et à quel point je manque moi-même de bienveillance (le tout au milieu de quelques réflexions bien désagréables et pas du tout bienveillantes…)

Peut-être que certaines seront déçues, prendront la décision de ne plus me suivre. Peut-être que certaines se sentiront attaquées. Sachez que ce n’est absolument pas mon attention. Au contraire, si vous pratiquez l’éducation bienveillante et que vous y trouvez votre bonheur, tant mieux pour vous ! Ce que je dis n’est qu’une généralité et je suis ravie pour vous si vous êtes l’exception à la règle. Mais si vous pratiquez l’éducation bienveillante et que vous vous reconnaissez dans cet article, sachez que je suis là pour vous écouter, je lis et réponds à tous les commentaires…

Car je refuse d’insulter l’intelligence de celles et ceux qui me lisent. Peut-être qu’en-dessous de cet article pourra alors plutôt émerger une saine discussion, un échange respectueux. Pour ma part, sachez que j’ai toujours aimé discuter de tout, et en particulier avec des gens aux opinions radicalement opposées des miennes, tant que les échanges se faisaient dans le respect et l’honnêteté intellectuelle. Chez les Montessouricettes, aucun débat n’est tabou ! En revanche, je suis intransigeante sur un point : il faut se respecter.

J’ai d’ailleurs répondu à un certain nombre de remarques dans un autre article : Discipline positive et éducation bienveillante, est-ce la même chose ?

Et si vous avez envie d’en savoir plus, le thème de février de notre communauté sur abonnement, l’Accompagnement à la Parentalité et à l’IEF Montessori sera justement les bases de la discipline positive.

Je serais ravie que vous nous y rejoigniez !

 

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41 commentaires sur “Education bienveillante : pourquoi je n’adhère pas

  1. Bonjour Anne Laure,
    Quel article courageux ! Et bien écrit !
    Pour ma part, je ne suis pas pour une seule façon de faire , de voir, d’apprendre etc… je pense que c’est un tout et surtout que c’est à adapter à sa situation personnelle . Sinon, c’est un peu sectaire .
    Donc s’inspirer,adapter et Faire de mon mieux est ma letmotive
    Il y a tellement d’élément à prendre en compte dans une situation …

    1. Merci de ton retour !
      Il est effectivement indispensable de prendre en compte la situation de la famille, ses valeurs etc. Ce que j’aime dans la discipline positive, c’est que c’est, comme la pédagogie Montessori, un cadre que l’on adapte justement à ses valeurs et à ses enfants.
      Je pense que dans un cas comme dans l’autre, on s’appuie sur des principes universels qu’il faut complètement personnaliser, et que c’est pour ça que ça fonctionne aussi largement.
      Et qu’est-ce qui t’inspire le plus au quotidien pour ta famille ?

  2. Merci pour cet article ! Je souscris à 100% ! 🙂
    ça fait un moment pour ma part également que je sature de l’expression « éducation bienveillante » qui est en soi d’une grande malveillance envers tous ceux qui font autrement.
    Et oui, chez moi, ça ne marche pas et j’ai remarqué que cette manière de faire insécurise mes enfants. J’ai 3 garçons et ils ont une vraie soif de cadre et de fermeté.
    Je ne suis pas parfaite, loin s’en faut. Je peux avoir la fessée facile, parce que je suis fatiguée, à bout de patience. Mais NON, je ne suis ni malveillante, ni maltraitante. J’essaie de faire mieux, d’avoir une main de fer dans un gant de velours, je câline, je gronde, nous rions, nous faisons des choses ensemble, je les confie à la voisine le temps d’une heure…. Bref, j’applique de plus en plus le pragmatisme, je cherche ce qui fonctionne pour chacun de mes enfants, parce que les recettes… je n’y crois plus ! 🙂

    1. En fait je crains que les recettes de bienveillance ne soient vite contre-productives : on les applique, on prend sur soi, ça fonctionne un peu, ça ne fonctionne plus, on reprend sur soi et du coup à un moment donné on est tellement à bout de nerfs que c’est la crise, les cris ou les fessées.
      Effectivement, le cadre est profondément sécurisant, et il y a un équilibre à trouver (suivant chaque famille, chaque situation) entre la pure affection et la fermeté. C’est d’ailleurs ce que tendent à démontrer les études réalisées depuis les années 60. Cet article est passionnant sur le sujet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Style_parental

      1. Bonjour,
        Votre article est très éclairant et ma justement fait réfléchir à mon mode d éducation. C est une question que je ne me suis jamais posée… Quelle éducation vais je adopter pour élever mes enfant ? En fait, mon mari et moi avons plutôt fait au feeling, sur le moment. Nous étions souvent d accord et nous ne nous sommes jamais contredits devant nos enfants. Après, il y a eu des moments de crise, C est sûr, nous nous sommes parfois fâchés fort, mais nous n avons jamais laissé une colère s installer, jamais un mauvais climat perdurer. La baguette magique était d attendre le retour au calme, chacun de son côté, et revenir vers nos enfants avec douceur et parler de la situation, s expliquer sur un ton posé et doux. Tout le monde se pardonnait et hop C était reparti.
        Je pense avoir utilisé et testé plein plein de modes de fonctionnement differents, mais le pouvoir dédramatisant et rassurant des mots me semble le plus adapté depuis. Mon grand à 11ans ma petite a 8ans. Reste l adolescence à venir. En tout cas pour l instant je suis satisfaite et je ne croule pas, enfin je crois🤔 sous la fatigue ou la culpabilité. Je me sens bien dans mon rôle de maman, je pense que tous les 4 nous nous sentons bien dans notre foyer.

        1. Déjà le fait d’être d’accord dans le couple facilite considérablement les choses ! Quand au moins on est cohérents à deux, ça donne de bons points de repère. Votre feeling a l’air de vous avoir réussi, félicitations pour vous être fait confiance, à vous-même et à l’autre !
          Et bon courage pour l’adolescence à venir, je vous la souhaite aussi douce que possible 😉

  3. Bonjour Anne-Laure,

    Je t’avoue que suis une grande adepte de la discipline positive, La discipline positive de Jane Nelsen fait partie de mes livres de chevet. Une formatrice était venue tout au long de l’année pendant plusieurs années pour nous aider à la mettre en place dans nos classes. D’abord très méfiante car je pensais que c’était un « truc laxiste », j’ai été emballée en découvrant réellement ce que c’était ! C’est vraiment responsabilisant pour l’enfant, son avis compte mais c’est moi qui fixe le cadre ; c’est incroyablement reposant : on ne se bat plus contre les élèves pour obtenir ce qu’on veut mais on les implique, à eux de trouver des solutions, des moyens pour atteindre l’objectif fixé ou répondre à une problématique.Et puis on évalue pour voir si les solutions adoptées résolvent le problème ; sinon nous recherchons à nouveau des solutions; puis nous évaluons à nouveau leur efficacité, etc.
    En revanche, j’avoue que je ne me suis jamais intéressée à la parentalité bienveillante, je n’en ai jamais ressenti le besoin. Et pourtant je peine parfois à instaurer la DP à la maison… surtout avec la fatigue en ce moment. Étonnamment, je trouvais presque cela plus facile à l’école ! Je crois que c’est parce que je réfléchissais vraiment à comment la mettre chaque jour en pratique, j’usais de tous les outils mis à ma disposition et il y avait des temps d’échange en classe plusieurs fois par semaine pour que les élèves et moi réfléchissions aux différents points à l’ordre du jour.

    Voilà!
    Je t’embrasse,

    Lorraine.

    1. Rien de mieux que les solutions que les enfants trouvent eux-mêmes ! A la maison nos deux aînés ont établi leur planning pour savoir qui prend son bain avec les plus jeunes ou prend sa douche tout seul, qui s’assoit à la première rangée dans la voiture et qui éteint le soir. J’avoue que je ne maîtrise même pas ce planning, depuis qu’ils se sont mis d’accord, plus aucune dispute…
      C’est peut-être plus difficile à la maison aussi parce que les enjeux sont plus importants : les rivalités entre frères et soeurs, les jalousies, l’envie de passer du temps avec ses parents… Et clairement, il faut garder en tête les principaux outils pour les avoir à portée de main en cas de crise imprévue.
      Mais c’est amusant : je ne suis jamais aussi productive (au niveau de mon travail, du rangement de la maison etc.) et aussi détendue que lorsque je prends une demi-heure par jour pour passer un moment spécial avec chacun de mes trois grands ! C’est une demi-heure « perdue » qui se retrouve largement récupérée, sans compter que ce sont des moments super agréables !
      J’aime bien ce que tu dis : c’est reposant parce qu’on n’a pas l’impression de porter tout le poids soi-même, chacun joue son rôle dans la constellation familiale.

      Je t’embrasse aussi,
      Anne-Laure

    2. Merci Anne Laure pour cet article qui m’ouvre des horizons nouveaux. Quand je lis ta description des enfants qui vivent dans des familles pratiquant l’éducation bienveillante, j’ai l’impression de voir mon fils, sauf que nous ne pratiquons pas l’éducation bienveillante. Je pense que ma difficulté vient du fait que je suis monotache et parfois déconnectée du réel, surtout avec la fatigue, et je n’ai pas d’autorité naturelle. Du coup, j’ai beau dire non (parfois trop tard) il fait quand même et c’est l’escalade des punitions qu’il ne respecte pas. Je suis en train de lire éduquer sans punir de Thomas Gordon qui propose des outils intéressants mais ne me convient qu’à moitié. Du coup j’attends avec impatience les ressources du mois prochain.

      1. Je suis désolée de tes difficultés… C’est intéressant que tu parles d’autorité naturelle : je me demande ce que ça recouvre en fait, est-ce que ça ne serait pas le côté impressionnant, la capacité à faire peur qu’on appellerait autorité naturelle ? Si c’est le cas, je veux croire qu’on peut trouver d’autres solutions.
        Concernant Thomas Gordon, qu’y a-t-il par exemple qui ne te convient qu’à moitié ?
        Au niveau du style de communication qu’il a développé, j’avoue que ça a été tellement utilisé, en entreprise ou (sans doute de façon inconsciente) dans ma famille, que je ne le trouve pas du tout efficace. Quand on m’adresse un Message-Je, j’entends le Message-Tu qui se cache derrière et je trouve l’écoute active tellement artificielle que si quelqu’un s’amuse à me répéter ce que je viens de dire ça a surtout tendance à me faire quitter la conversation. En fait l’écoute active, pour qu’elle fonctionne, exige avant tout, à mon humble avis, une grande sincérité et un grand désir d’aider l’autre. Mais dans ce cas, je ne crois pas qu’on ait vraiment besoin de « techniques de communication ».

  4. Bonjour Madame, je suis ravie de lire votre article! Votre démarche honnête intellectuellement et respectueuse tranche nettement avec les prescriptions souvent radicales, intolérantes, et uniformes de l’education « Bienveillante » en vogue. J’ai été moi aussi d’abord séduite par les ouvrages que vous citez (notamment Écouter pour que les enfants parlent), avant de réaliser qu’ils distillent une sorte de poison dans l’esprit des jeunes parents prêts à tout pour bien faire : l’idee que l’on pourrait faire du mal à nos enfants, même sans le vouloir, si l’on ne respecte pas le mode d’emploi prescrit… Cela n’élève pas les intelligences et le libre discernement des parents qui seuls connaissent leurs enfants…
    Je suis frappée également par le marketing autour des ces nouvelles théories, et par le conformisme qui s’en dégage.
    Je suis convaincue aussi qu’un équilibre est à trouver entre autoritarisme et laxisme, et vais donc me pencher sur la discipline positive.
    Pour finir, merci d’avoir eu le courage d’écrire votre article. Cela ne doit pas être facile pour vous de vous être positionnée aussi clairement, mais je suis sure que vous y gagnerez. Je vous souhaite une belle journée. Lucie

    1. Merci beaucoup de votre commentaire ! Effectivement, j’avoue que j’étais (et que je reste) un peu anxieuse car 1/ j’ai peur de blesser certaines mamans qui font par exemple partie de mes stagiaires (ce n’est pas mon intention mais on est facilement maladroit, surtout à l’écrit) et 2/ il est sûr que je prends un risque professionnel.
      En dehors de toute question d’un « mode d’emploi », je crois que de toute façon on ne peut pas éviter de faire parfois du mal à nos enfants : toute relation proche implique une forte vulnérabilité et par nos gestes ou nos paroles, nous pouvons les blesser même involontairement. Ensuite il faut que le pardon et l’amour l’emportent !
      Le conformisme dont vous parlez est très clair, et pourtant je le comprends : comme chaque fois qu’on découvre quelque chose qui nous paraît être une solution miracle, on n’a qu’une hâte, la crier sur tous les toits et convaincre tout le monde de faire comme nous… jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que ça ne fonctionne plus pour nous mais alors il est difficile de faire marche arrière et de reconnaître qu’on a induit des gens en erreur.
      La discipline positive est tout sauf une solution miracle : on en récolte ce que l’on y sème et il faut l’adapter à sa propre famille. Mais c’est justement ce qui fait à mon humble avis sa force sur le long terme. De notre côté, cela va faire 4 ans qu’on l’a découverte et qu’on l’a mise en pratique dans des situations très diverses.
      Pour moi, le résultat est clair : chaque fois que j’en ai repris les principes, les relations se sont apaisées à la maison. Chaque fois (souvent en fin de grossesse ou juste après une naissance) qu’on s’en éloignait, les relations étaient électriques…
      Très bonne journée à vous

  5. Je vous remercie pour votre article ! Je suis tout à fait d’accord avec vous ! J’en ai marre de cette éducation bienveillante qui p’zce les autres en malveillant…

    1. La question de fond, c’est peut-être la suivante : est-ce qu’on va se décider à s’entraider plutôt qu’à se mépriser ?

  6. Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec votre article. Le problème de la bienveillance c’est qu’il place l’enfant au centre et que le parent est complètement oublié alors que son rôle est tellement difficile. Je n’arrive d’ailleurs par à comprendre comment font les parents des pays nordiques pour ne jamais crier sur leurs enfants? Me concernant, lorsque je leur demande des choses qui ne leurs plaisent pas (faire des tâches ménagères, se coucher, arrêter l’écran), cela finit régulièrement par des cris.

    1. La culture nordique est certes très différente et le poids social fait sûrement qu’effectivement, les parents ne crient pas ou presque pas sur leurs enfants, mais il semblerait qu’ils aient eux aussi leurs problèmes (bien sûr, la distance aussi bien géographique que culturelle rend difficile d’évaluer la réalité des pratiques parentales) : https://www.lepoint.fr/societe/les-suedois-ces-enfants-gates-a-qui-on-a-laisse-le-pouvoir-28-10-2013-1748628_23.php

  7. Pour moi la bienveillance ne veut pas dire laxisme. Elle ne peut être dissociée de l’exigence. En effet, comment bien veiller sur un enfant sans lui poser un cadre? Faber-Mazlish aide à communiquer avec les enfants de façons plus apaisée mais ça ne veut pas dire que les enfants decident. Cela leur laisse juste la possibilité de choisir dans le cadre que je fixe. Donc notre désaccord tiens uniquement dans la définition des mots. Merci pour ton partage.

    1. Tant mieux ! C’est bien pour moi le premier souci : il faut définir ce qu’on entend par éducation bienveillante, et sans doute utiliser des mots différents pour ces modes d’éducation qui, même s’ils s’appuient sur le respect de l’enfant, s’avèrent finalement très différents.

  8. Quel bel article! Bravo Anne Laure! Et je m’y retrouve complètement. J’avoue avoir lu tous ces livres d’éducation bienveillante à la naissance de mon aînée. Surtout parce que je voulais adapter l’éducation très traditionnelle que j’ai reçue enfant, qui a plein de bons côtés, mais dont le cadre était trop restreint à mon goût. Sauf que j’ai vite découvert l’excès inverse : l’absence de cadre que propose l’éducation bienveillante. Et parfois des astuces à utiliser avec l’enfant qui sont à la limite de la manipulation… Cela va d’ailleurs à l’encontre de la pédagogie montessori qui prône le respect de l’enfant certes, mais aussi celui des autres, de l’entourage, du matériel, de l’environnement, ainsi que de l’importance d’un cadre à donner à l’enfant, et de règles à respecter pour sa propre construction. Ceci est parfois oublié dans certains blogs montessori… comme tu dis, l’adulte se met trop souvent au service de l’enfant jusqu’à en devenir limite esclave, et cela ne rend absolument pas service à l’enfant que l’on rend finalement moins autonome. Merci pour cet article courageux !

    1. Merci Mathilde ! Ton retour compte beaucoup pour moi… C’est vrai qu’on doit parfois, à l’âge adulte, faire en quelque sorte une deuxième crise d’adolescence pour se dissocier du mode d’éducation de nos parents et trouver le nôtre. J’ai grandi avec la télé, quelques fessées (comme quasiment tout le monde à ma génération)… Je ne jette certainement pas la pierre à mes parents, qui ont été de très bons parents, simplement d’une autre époque. Il faut simplement faire le tri entre ce que l’on ne veut pas reproduire et les choses qui nous ont construits de façon apaisée…

  9. Bonjour, merci pour votre article très intéressant. C’est vrai qu’en devenant parents, nous revivons une part de notre enfance et c’est là où l’on commence à se poser beaucoup (trop ?) de questions. Est ce que mon éducation était bonne, heureuse, épanouissante ? Qu’est ce que je pourrais changer pour mes propres enfants? C’est dur de ne pas tomber dans des recettes toutes faites. J’ai une amie psy qui m’a dit un jour : « le fait qu’un parent se demande s’il est un bon parent montre justement qu’il l’est ! ». Ça m’a beaucoup fait rire et dédramatiser. Finalement peut être faut il trouver un équilibre entre une méthode et ses propres intuitions.

    1. J’aime beaucoup cette remarque de votre amie ! Effectivement, c’est l’essentiel, à partir de là on fait de son mieux et on essaie d’être un parent « suffisamment bon » pour reprendre l’expression de Winnicott.

  10. Bonjour Anne-Laure,

    Je suis très surprise par ton article car je n’ai jamais interprété l’expression « Éducation bienveillante » de la manière dont tu la décris.
    Pourtant j’ai lu Filliozat, j’aime beaucoup « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent. » de Faber et Mazlish et bien d’autres.
    Il a toujours était évident pour moi et pour d’autres parents que je côtoie que la bienveillance doit être mutuelle. J’entends par là qu’éducation bienveillante ne veut pas dire perdre son bon sens et laisser les enfants sans repère, sans limite etc…
    Bien-sûr il y a souvent au sein de mouvements des extrémistes qui n’ont pas saisi les choses dans leur ensemble. Et qui, par exemple, pratique le laxisme le plus total sous couvert « d’Éducation Bienveillante ».
    Il ne me semble pas que ce soit le message de Filliozat ou Faber et Mazlish. Et en aucun cas je n’y ai lu qu’il s’ agissait de méthode miracle !

    Faber et Mazlish fournissent plein de petites astuces pour éviter les rapports de force dans la limite du possible. Parfois ça marche, tant mieux, parfois on est obligé d’imposer les choses et c’est bien aussi.

    Filliozat éveille les consciences sur le fait que l’enfant est victime de ses émotions, qu’il ne fait pas exprès de piquer une colère face à la frustration par exemple. Qu’il a besoin d’être accompagné et rassuré face aux limites. Il y a une différence entre :

    1- Dire non à un enfant, le laisser seul face aux émotions qui le submergent à ce moment là, sous couvert de « les règles sont les règles ».
    2- Dire oui à tout et n’importe quoi, sous couvert de « bienveillance » (qui du coup n’en est pas, nous sommes d’accord la dessus !)
    3- Dire non tout en accompagnant l’enfant par une attitude empathique. Il est tout à fait possible de dire un non ferme et définitif tout en étant sincèrement désolée pour son enfant qui ressent des émotions difficiles à surmonter et le lui dire, être présent à ses côtés le temps qu’il les surmonte.

    Alors, je me doute que tu as certainement la 3eme attitude étant donné tes positions pédagogiques. Mais ce n’est vraiment pas évident pour tout le monde.
    Et comme tu le dis les mots ont leur importance. Ce n’est pas parce que beaucoup détourne l’expression « Éducation Bienveillante » en un Laxisme le plus total qu’il faut lier ces deux termes, ils n’ont rien à voir !
    Donc oui j’adhère à l’Éducation Bienveillante et Le Bon Sens 😉
    La bienveillance mutuelle, il est aussi très riche pour les enfants d’apprendre à considérer l’autre !

    1. Le problème vient de ce que personne ne s’est réellement approprié l’expression « éducation bienveillante » et ne l’a définie. Donc qui peut prétendre pratiquer la « véritable éducation bienveillante » et ne pas la détourner ? Pour certains parents (et apparemment pour Catherine Gueguen), si on dit « Ce n’est pas bien » devant un comportement, ce n’est pas bienveillant. Sinon, ce ne sont pas les livres de Filliozat ou Faber et Mazlish qui prétendent apporter une solution miracle (quoique c’est quand même un peu ce que suggère le « programme d’accompagnement » d’Isabelle Filliozat).

      Les trois cas que tu décris me paraissent trop purement idéalisés pour qu’on puisse réellement en discuter. Justement, j’ai le sentiment qu’ils partent de grands principes théoriques mais pas de la réalité de la parentalité : la réalité où, avec certains enfants, si tu restes à côté d’eux alors qu’ils passent par une émotion difficile, tu ne fais que renforcer cette émotion et où, justement, ils ont besoin que tu t’éloignes pour pouvoir la traiter (de ce que j’ai pu observer, ça correspond à un tempérament assez spécifique, mais pas inhabituel). Ou bien la réalité où après avoir essayé de gérer la crise autrement, le non ferme et définitif consiste aussi à porter un de tes enfants à la voiture et à l’attacher pour qu’un autre enfant puisse arriver chez le docteur à l’heure, et où donc tu ne restes pas à côté à attendre qu’il ait surmonté son émotion (tu en reparleras plus tard).

      Je dirais que mon attitude est bien plus pragmatique et en adaptation constante : ça ne rentre pas dans un « les 14 phrases positives à dire à votre enfant » ou « les trois étapes pour supprimer les crises » (le genre d’articles qui fourmillent un peu partout).

  11. Je ne suis qu’à moitié convaincue par tes arguments… Je suis tout à fait d’accord sur le problème posé par l’utilisation abusive du terme « bienveillant » et par la culpabilité générée par certains principes, et je suis aussi complètement d’accord sur l’importance de respecter les limites et besoins de chacun (parents compris). Pour autant, je n’ai jamais lu chez aucun spécialiste de ce qu’on appelle couramment l’éducation bienveillante (je serais bien incapable de savoir qui est dedans ou pas en fait, tellement l’appellation est générique) qu’il faudrait que je piétine mes besoins pour répondre à ceux de mon enfant. Il se trouve que je l’ai fait au début, car je tâtonnais, n’ayant pas reçu une éducation sans violence (réelles : menaces, fessées, privations…). Maintenant j’ai trouvé mon équilibre. Je trouve dommage de réduire l’éducation dite bienveillante aux excès de ceux qui ne trouvent pas cet équilibre, ou qui sont carrément incohérents : j’ai toujours considéré que laisser son enfant taper les autres sans réagir était de la bêtise sur le long terme, pas de la bienveillance…
    Enfin je ne suis pas convaincue par la distinction éducation bienveillante / discipline positive. Autant la discipline positive est une méthode bien définie, autant l’éducation bienveillante est fourre-tout : j’ai moi-même croisé Jane Nelsen chez des blogueurs éducation bienveillante, j’ai toujours considéré qu’elle faisait partie de cette galaxie, si je puis dire.
    Maintenant j’ai limité mes blogueurs à ceux qui avaient trouvé le juste équilibre, et je milite d’un côté pour faire comprendre aux autoritaristes que le bras de fer avec l’enfant n’est pas constructif sur le long terme, et aux laxistes que si on veut apprendre à l’enfant à respecter et faire respecter ses propres limites il faut lui en donner l’exemple dans la paix et la sérénité.

    1. Et pour illustrer en quoi ta manière de voir le spectre « éducation bienveillante » me paraît inutilement négative : dans l’exemple que tu donnes, la réponse de celle qui a organisé le groupe me parait pertinente si elle est PROPOSÉE comme UNE solution possible. Dans une telle situation, il y a conflit de besoin. Parfois le parent a la possibilité matérielle de répondre à son besoin avant d’arriver, parfois non. Et comme il est plus facile à un adulte de différer la réponse à son besoin (pas y renoncer, hein, la différer), ce peut être une bonne solution de connecter pendant dix minutes avec son enfant pour avoir un peu de paix et de tranquillité ensuite. La solution proposée l’a peut-être été de manière maladroite et incomplète, mais elle n’est pas invalide en soi. Ce n’est pas parce que les gens appliquent mal certains préceptes que ces préceptes sont invalidés…

      1. Pour prendre une comparaison, ça me fait penser à ceux qui associent (en le prônant ou en le voyant comme diabolique) allaitement à la demande du nourrisson et allaitement long du bébé à « le bébé dispose du corps de la maman et c’est lui qui décide de la tétée même à 5 ans ». Ce n’est pas parce que certains ont un problème avec leurs propres limites que c’est le cas de tout le monde.

      2. C’est amusant, on en parlait justement avec une amie tout à l’heure : en fait, suivant les moments, on est prêt à envisager une solution ou bien on a simplement besoin d’être écouté. En l’occurrence, cette maman (qui en pleurait devant nous) avait d’abord besoin d’être écoutée. L’organisatrice, qui mettait en avant combien il fallait être à l’écoute des émotions des enfants, ne s’est donc pas intéressée à ses émotions de maman. Alors elle ne l’a pas dit explicitement, mais le message était très clair : « ta douleur n’a pas sa place, ce que tu dois faire, c’est prendre sur toi et faire encore plus d’efforts pour que la situation s’améliore », sans contre-partie.
        C’est ce message implicite que je trouve dangereux, non pas dans la théorie, mais la pratique de l’éducation bienveillante telle qu’elle a _souvent_ tendance à se faire aujourd’hui (certes, souvent, pas toujours, mais mon sentiment est que les excès commencent à l’emporter sur les visions plus équilibrées et raisonnables).

    2. Oui, certains disent pratiquer l’éducation bienveillante quand ils appliquent en fait le cadre de la discipline positive, mais c’est pour moi justement un argument de plus pour supprimer cette expression et que chacun définisse clairement son mode de parentalité.
      Concernant les excès, heureusement qu’aucun psychologue/écrivain/spécialiste ne dit explicitement qu’il faudrait piétiner ses besoins pour répondre à ceux de son enfant, mais c’est pourtant souvent la conclusion naturelle de toutes les injonctions de la « galaxie éducation bienveillante ».
      Tant mieux si tu as trouvé ton équilibre, c’est le but, éducation bienveillante ou pas (j’espérais que ma conclusion le disait clairement), mais pour donner un exemple très concret, il devient impossible de demander un conseil ou de parler d’éducation sur un groupe de parents sans que quelqu’un ne dépiste une « violence éducative ordinaire » quelque part ou une trace « d’adultisme ». D’après ta conclusion, j’ai tout de même l’impression qu’en fait on milite pour la même chose, mais qu’on n’est pas d’accord sur la distinction de vocabulaire. Est-ce que je me trompe ?

  12. Merci pour le partage de vos avis .
    L éducation bienveillante étaient des mots à la mode, maintenant c est la discipline positive qui arrive . Je trouve que pour l un ou l’autre , positif – négatif, bienveillant -malveillant , éducation-discipline…. nous jouons sur les mots au final , car les stratégies se complètent , sont similaires .
    Il me semble que l important est d écouter et s écouter dans les besoins de chacun et émotions , respecter et se respecter dans les avis et manières de faire, et partager les stratégies et surtout cesser les comparaisons / compétitions . En sachant qu à chaque instant, chaque adulte fait de son mieux avec ce qu il a au moment ou il en est. …

    1. Depuis 40 ans qu’elle existe (un siècle si on pense aux principes psychologiques qui la sous-tendent), je ne suis pas sûre qu’on puisse dire que la discipline positive « arrive » 😉 J’espère que vous me pardonnerez cette petite pique, elle n’a pas pour but d’être méchante.
      En fait, le souci est que les recherches entreprises depuis les années 70 (et le bon sens) sur les styles parentaux et leurs résultats indiquent que le style parental qui a les meilleurs « résultats » (en termes de réussite académique, mais aussi et surtout de santé mentale et d’épanouissement des enfants) est le style directif, intermédiaire entre le style autoritaire (est-il besoin de le définir ?) et le style permissif (défini comme « ayant peu d’attentes comportementales vis-à-vis de l’enfant »). Or ce qu’on appelle éducation bienveillante a de plus en plus tendance à se déplacer pour occuper le terrain du style parental permissif, avec ses conséquences néfastes.
      Et je suis d’accord à 100% avec vous sur la nécessité d’écouter et de s’écouter soi-même en sachant que chacun adulte (à de très rares exceptions près) fait de son mieux, mais justement, cela implique d’ouvrir le débat, qui a tendance à être refermé immédiatement à notre époque.

  13. Personnellement je pratique une sorte d’éducation bienveillante et je ne me retrouve pas vraiment dans le personnage de la maman à bout et dépassée, au contraire mais simplement parce que je suppose avoir un minimum de sens critique et ne pas tout prendre au pied de la lettre. Je suis assez surprise de lire qu’il faut un cadre aux enfants et que l’éducation bienveillante prônerait le contraire. Il est évident qu’il faut un cadre et pas qu’aux enfants d’ailleurs où irait-on sinon. Je pense pour ma part qu’il faut éviter d’être extrême, l’exagération n’est bonne nulle part et sur aucun sujet. Tous les gens qui pratiquent et conseillent l’éducation bienveillante ne le sont pas forcément heureusement. Après oui, je suis complètement d’accord avec vous souvent les articles, les groupes de partage etc… Le sont souvent mais il faut avouer qu’on part de loin et que souvent pour faire changer les mentalités il faut pousser le bouchon loin, histoire de faire reflechir/réagir. Il y a tellement de comportements nuisant ancré qu’il n’est pas évident d’en faire prendre conscience. Personnellement j’ai été élevée par une mère maniacodepressive jalouse et très violente en paroles plutôt toxique encore aujourd’hui et par un père pervers narssissique. Pas facile de savoir comment s’occuper d’un enfant lorsqu’on a été mal « conditionné ». J’ai eu ma première et j’ai pensé faire totalement différement de mes parents au final avec une enfant TDAH je me suis au contraire retrouvé à chercher à prouver quelque chose à mes parents, prouver que j’étais capable. Résultat j’ai été comme mes parents voir sans doute pire jusqu’à ce que je découvre ce qui aller s’appeler des années plus tard l’éducation bienveillante. J’ai vécu un enfer avec ma fille, une relation dominant dominé absolument infâme. J’étais la police et elle le démon. Les livres que vous citez donnent des conseils, des explications, des petits « trucs » qui certes ne fonctionneront qu’un temps mais ce ne sont que des directions, ce qui est triste c’est que des parents s’arrêtent à ça en pensant que ça va tout sauver, qu’il n’y a qu’une façon de faire. Non, ce ne sont Que des directions. Donnons l’exemple du choix. » Tu veux faire ceci ou tu souhaites faire cela ?  » Mais évidement que ça ne fonctionne qu’un temps, un exemple reste un exemple. Quand je lis ça je ne comprend pas » Faites cela à chaque fois, ça marche !  » moi je comprend plutôt : » Faites cela par exemple, vous voyez, ça marche, Donc maintenant vous savez qu’il y a d’autres manières de faire que de crier, punir, ou frapper, trouvez donc vous même les bonnes façons de faire et adaptez les à chacun de vos enfants et à chacune des différentes situations.  » L’éducation bienveillante c’est une façon différente d’aborder l’éducation pas une recette magique. Ma fille a été très difficiles et plus j’étais sévere et pire c’était. Est-ce à cause de l’éducation sévère que je lui ai donné ? Est-ce le fait qu’elle ait été TDAH ? Et TDAH ne serait-il pas aussi un soucis dû à l’éducation très strict qu’elle a eu ? Cette éducation qui ne me permetait pas de comprendre ses besoins pire de sans doute en partie que je les occultais. Je pense que tout est imbriqué. Mon deuxième a 2 ans et demi aujourd’hui. En dehors du fait que je suis ass mat depuis de très nombreuses années, que j’ai eu de l’expérience avec aussi ma fille, l’éducation bienveillante en dehors d’avoir transformée ma fille, lorsque j’ai viré à 180° à également fait des miracles sur mon petit garçon élevé ainsi depuis le début. Les livres que j’ai lu sur les neuroscience de l’affect du jeune enfant m’ont permis de comprendre beaucoup de choses et je suis, grâce à ça plus patience et beaucoup plus zen car je sais que ceci ou cela est normal, que ceci ou cela est un passage, qu’il y a une raison à tel ou tel comportement. Je ne me demande plus où j’ai bien pu « merder ». Mon fils grandi à son rythme sans que j’en attende de trop. J’ai appris à respecter la personne qu’il est. Cette maman a qui on conseille après sa journée de boulot, d’aller faire du trampoline avec son enfant… Pour moi ce conseil est juste n’importe quoi, ce n’est pas de l’éducation bienveillante. Son fils est sans doute tout aussi fatigué et sur les nerf qu’ elle. On aurait dû lui conseiller de se poser avec lui, un câlin, échanger chacun sur leur journée respective puis voir s’ils pouvaient faire quelque chose ensemble. Pour moi la bienveillance commence par soit même, je crois que c’est le poète Alain qui disait qu’on ne peut aimer personne correctement si on ne s’aime pas déjà soit même. Moi la chose qui me gêne le plus dans cet effet de mode, c’est plutôt ce qu’on nome la CNV. Je trouve que la communication non violente se rapproche beaucoup de la manipulation et ça, oui, ça me gêne beaucoup. Je préfère être vraie. Après honnêtement je ne vois pas trop de différence entre l’éducation non violente (si on ne va pas dans les extrêmes, et c’est ce qui me semblait normal et ce que j’en ai compris) et l’éducation positive. Je ne crois pas qu’on doive de toute façon se calquer sur un model et le suivre à tout pris, c’est à ça que sert le libre arbitre il me semble, savoir faire ses propres choix et utiliser sa réflexion. Bon j’espère que je n’ai pas dit trop de bêtises. En tout cas merci pour cet article ^^

    1. Merci pour ce témoignage, je suis désolée de cette première expérience si difficile et triste que vous avez vécue avec votre fille et je suis très heureuse pour vous que vous ayez ensuite trouvé votre équilibre avec elle et votre fils.
      L’évidence du cadre est parfois rappelée dans les « classiques » de l’éducation bienveillante, mais généralement sans explication sur sa mise en oeuvre. C’est sans doute ce que je trouve le plus précieux dans la discipline positive. Vous parlez d’éducation non violente, mais aussi de CNV… on en revient au même problème de vocabulaire : ce qui est une violence pour vous ou moi n’en sera pas pour un autre parent et inversement. J’ai aussi expérimenté des formes de CNV (qui ne se nommaient pas comme telle à l’époque) que j’ai trouvé profondément manipulatives. Au final, je me retrouve à entendre la même chose dans une formulation « girafe » ou « chacal » pour reprendre les termes de la CNV. Si ça peut en aider certains, tant mieux, mais effectivement le plus gros danger est de tomber dans un langage artificiel qui a pour but de contrôler l’autre.

  14. Je pense que vous n’êtes pas assez renseignée et n avez pas croisé les bonnes personnes qui vous permettraient de comprendre en quoi consiste l’éducation bienveillante.
    Je suis triste de vous lire pour vous et tous ceux qui liront votre article.
    Je pratique cette éducation et je suis très heureuse, c’est sûr que mon fils n’est pas un enfant qui reste sans bouger ni parler mais en fait il vit. Je sors tous les jours avec lui, vais chez des gens sans avoir peur de son comportement.
    Je pourrais vous recommander des personnes à suivre si vous voulez approfondir le sujet

    1. Je ne vais pas vous montrer une photo de ma bibliothèque, des sites que je lis ou des formations que j’ai suivies. J’espère que vous voudrez bien me croire quand je vous dis que je suis bien renseignée. Que certains appliquent une certaine forme d’éducation bienveillante qui est en fait empreinte de bon sens et proche de ce que je pratique au quotidien, je n’en doute pas (encore une fois, le problème est qu’on met absolument tout et n’importe quoi sous cette expression). Que d’autres appliquent même une forme d’éducation que je trouverais pour ma famille trop extrême et s’en trouvent très heureux, je n’en doute pas, et comme je l’écris dans ma conclusion, tant mieux pour eux ! Je ne sais pas dans quelle catégorie vous vous reconnaissez mais dans tous les cas, je suis pour ma part très heureuse pour vous que vous ayez trouvé votre équilibre avec votre fils.
      Si j’ai ressenti le besoin d’écrire cet article, c’est à force d’entendre des témoignages à demi-voix de mamans fatiguées, épuisées, découragées et qui ne se reconnaissaient plus dans la famille qu’elles avaient, et qui étaient bien loin de la famille qu’elles espéraient bâtir avec bienveillance. Si cela ne vous concerne pas, quelle joie ! Mais pourquoi vous attrister de ce que d’autres soient soulagées de lire ces mots et y voient une porte de sortie ?

  15. Bonjour. Votre article est vraiment très intéressant et respectueux envers tous. Comme vous ce nouveau concept d’éducation bienveillante me fais un peu sortir de mes gonds, tant il peut être mis à toutes les sauces et revenir sur le tapis à chaque tentative de discussion. Cela encore plus sur les réseaux sociaux, à tel point qu’il devient impossible de partager son opinion sur certains groupes, sous peine de se faire cataloguer de mauvais parents par certaines. Alors que bien souvent les postantes, auraient bien besoin de lire vos lignes pour se sentir épaulées et soutenues. Et de ce fait, trouveraient bien plus de réponses à leurs questionnements, si seulement, les extrémistes de la bienveillance, étaient un peu plus ouverts aux échanges cordiaux.
    Tout ça pour vous dire que votre article fait vraiment du bien à lire et mérite d’être partagé en masse.

    1. Merci, j’apprécie beaucoup votre retour sur cet article, en particulier que vous l’ayez trouvé respectueux, car c’était mon souci principal en l’écrivant.

  16. Bonjour Anne Laure, j’ai lu avec attention ton article et effectivement, le terme de parentalité bienvaillante n’est pas du tout approprié, puisque cela voudrait dire qu’il y a des parents malveillants…alors que tout parent fait au mieux avec ses enfants, avec les ressources que sont les siennes, dans la plus grande bienveillance pour ses enfants…. et c’est aussi la position d’isabelle filliozat avec laquelle j’ai été formée… et c’est pour cela qu’elle ne parle jamais jamais de parentalité « bienveillante » mais « d’approche empathique » de l’enfant qui a mon sens est plus juste… l’approche des besoins de l’enfant (physiologiques, d’attachement, de meilleure communication etc). Elle utilise aussi une jolie image qu’est l’image du masque à oxygène : pour illustrer la nécessité au parent de prendre soin de lui avant tout pour mieux prendre soin de son enfant.Les astuces qui sont données ne sont pas à prendre juste en tant que telles mais sont adaptées au niveau de développement du cerveau de l’enfant et de ce qu’il est capable de comprendre, de mettre en place. Enfin, dans son approche il n’est pas question de ne pas donner de cadre, pas du tout… mais de donner du cadre sécurisant et non écrasant…. A ta dispo si tu veux échanger à ce sujet….PS : j’étais en formation Montessori avec toi, je suis Séverine

    1. Bonjour Séverine, je t’avais reconnue à ton nom 🙂 Isabelle Filliozat utilise quand même largement ce terme de bienveillance (rien que le sous-titre de la formation en ligne qu’elle propose est Gérez les crises avec bienveillance, suivi de « Une gestion bienveillante des conflits en famille, c’est possible. ») Mais en fait si tu regardes bien, elle reprend en grande partie la discipline positive dans ses formations (beaucoup moins dans ses livres).

  17. PS : as tu lu « il n’y a pas de parent parfait » d’isabelle filliozat qui est justement très déculpabilisant ?

  18. Bises et bravo pour tout le super travail que tu fais !! Je suis FAN !!!!

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