Faire l’école à la maison : ce qu’il faut savoir pour se lancer

Faire l’école à la maison : ce qu’il faut savoir pour se lancer

Vous êtes tentés de faire l’école à la maison, également appelé l’instruction en famille (IEF),  mais vous hésitez. Vous ne connaissez pas les démarches administratives, vous ne savez pas comment vous y prendre, quels sont vos obligations et vos droits ?

Je vous dis tout ce qu’il faut savoir pour se lancer afin de faire l’école à la maison qui, je vous l’assure est un échange particulièrement enrichissant pour les enfants mais aussi pour les parents.

Si vous préférez, vous pouvez aussi écouter tous mes conseils avant de vous lancer dans l’école à la maison sur le podcast :

Pendant le confinement, pratiquiez-vous vraiment l’école à la maison ?

L’idée de ce billet m’est venue suite à un sondage que j’ai posté dans le groupe Facebook du “Terrier des Montessouricettes”, dans lequel je demandais à tous les membres comment ils vivaient le confinement. Est-ce qu’ils avaient hâte que ça se termine ? Ou est-ce qu’en fait ils y prenaient plus ou moins goût ?

À ma grande surprise beaucoup de personnes vivaient bien le confinement. Bien entendu, nous avions tous hâte que cette pandémie s’arrête. Nous souhaitions aussi retrouver un peu de liberté de mouvement, pouvoir sortir au-delà du kilomètre autorisé, retrouver notre indépendance, et pour certains passer un peu de temps seul. Malgré tout une grande majorité n’aurait rien contre un mois ou deux de plus. 

Par ailleurs, autour de moi, je sentais beaucoup d’inquiétude et d’interrogations par rapport au déconfinement qui, à l’heure où je vous écris, est fixé au 11 mai 2020. Dans quelles conditions ce déconfinement va-t-il se faire pour nos enfants ? Cela vaut vraiment le coup sur le plan sanitaire ? L’Éducation nationale va-t-elle réussir à maintenir cinq enfants par classe en maternelle, dix enfants par classe en primaire comme ils le souhaitent ?  Si tel est le cas, tout le monde ne pourra pas retourner à l’école.  Alors qui décidera quels enfants auront la priorité pour retourner à l’école s’il y a trop d’élèves ? 

Mais, j’ai l’impression que nous n’en arriverons pas à ce point car je vois beaucoup de parents trop inquiets pour prendre le risque. Le risque que leurs enfants contractent le virus à l’école et le ramènent chez eux et ainsi contaminent des parents plus âgés ou des gens dans la rue. 

Et puis quand ça se passe bien, quand on vit bien cette période d’école à la maison (qui n’en est pas vraiment une, je vous en explique les raisons plus bas), pourquoi ne pas continuer ? 

Ce que je remarque également, c’est que beaucoup de parents ne souhaitent plus suivre le programme des enseignants. C’est l’une des raisons qui me pousse à dire que, dans le contexte actuel, les parents ne pratiquent pas vraiment l’école à la maison, car ils ne sont pas les éducateurs de leurs enfants, mais des répétiteurs. Ils suivent le programme et les leçons imposé par le professeur, le parent n’a aucune liberté pédagogique.

Beaucoup de parents trouvent que les devoirs ne sont pas forcément adaptés spécifiquement à leurs enfants. Pour certains, ils sont trop légers, pour d’autres trop lourds. 

dans le contexte actuel, les parents ne font pas vraiment l’école a la maison


Enfin, un chiffre qui m’a surpris, c’est que 5 à 10% des élèves auraient perdu tout contact avec les professeurs. Jean-Michel Blanquer reconnaissait même avoir perdu le contact avec 500 000 élèves !

Est-ce une forme d’absentéisme virtuel ? De mon côté je pense aussi que certaines familles ont décidé de faire la sourde oreille, c’est-à-dire de ne pas répondre aux sollicitations des professeurs simplement pour faire une forme d’école à la maison comme ils le souhaitent.

Alors, pourquoi ne pas retrouver sa liberté pédagogique en déscolarisant officiellement son enfant et en l’instruisant comme on le souhaite jusqu’à la fin de l’année scolaire (cela ne fait que 8 semaines finalement) ? L’engagement est minime, limité dans le temps et il y a peu de risques pour beaucoup d’avantages.

Donc si vous êtes tentés par l’aventure de l’école à la maison, ce billet est pour vous. 

C’est légal

Avant tout, sachez que faire l’école à la maison est parfaitement légal. Il est extrêmement simple de déscolariser son enfant, même en cours d’année. Pour cela il suffit d’envoyer deux courriers, un à la mairie et un à l’inspection académique, plus précisément au directeur académique des services de l’Éducation nationale.

Si votre enfant était inscrit dans une école, vous devez aussi simplement prévenir l’école mais ils ne peuvent pas vous en empêcher. Sachez aussi qu’à tout moment, l’enfant peut aussi réintégrer l’école, même en cours d’année (l’Etat a l’obligation de vous trouver une place). 

Vos obligations

Si vous choisissez de faire l’école à la maison pour votre enfant, votre seul devoir est de fournir une instruction à votre enfant qui lui permet d’atteindre à seize ans le socle commun de connaissances, de compétences et de savoir-faire qui est prévu par l’Éducation nationale. 
Attention toutefois, la loi a évolué depuis quelques années et l’objectif n’est plus seulement ce socle commun à atteindre à seize ans, mais toutes les inspections se feront en se référant aux attendus de fin de cycle.

Donc, même si on peut suivre une progression pédagogique un peu différente, l’idée est que les inspecteurs vont évaluer votre enfant en fonction des attendus de chaque fin de cycle. Par conséquent il faut quand même en tenir compte dans votre programme, dans la façon dont vous envisagez votre école à la maison, car certains inspecteurs sont beaucoup plus conciliants que d’autres, beaucoup plus ouverts à l’école à la maison alors que d’autres n’ont qu’un objectif, celui de vous ramener au sein de l’Éducation nationale.

Vous trouverez sur ce blog un article qui vous explique comment éviter le pire lors de vos inspections, car ces dernières peuvent être un vrai moment d’échange entre parents et représentants de l’Éducation nationale ou bien un vrai cauchemar.

les inspections, une étape lorsque l'on fait l'école à la maison

C’est quelque chose auquel je porte une attention toute particulière dans l’Accompagnement que je propose à mes stagiaires. Je leur donne tous les outils juridiques pour protéger leurs droits en amont. Par exemple pour choisir le lieu de l’inspection, que ce soit chez elle ou dans les locaux de l’inspection académique. Je leur donne aussi tous les modèles de courrier pour pouvoir reporter une inspection sans que l’on vous reproche de faire obstruction, pour déclarer l’école à la maison auprès de la mairie ou de l’inspection etc. 

Certains inspecteurs un peu tatillons et opposés à l’école à la maison peuvent essayer de vous imposer des conditions d’inspection déplorables (manque de délai, tests proposés etc.). Mais lorsqu’on connaît la loi, les choses sont très simples.

J’ajouterais une chose sur la situation actuelle : si entre le 11 mai et maintenant, vous faisiez déscolariser votre enfant dès maintenant il y a peu de chances pour que vous ayez une inspection. 

En effet, sachant que les inspecteurs ne procèdent à aucune inspection pendant le confinement, cela signifie qu’à partir du déconfinement ils vont devoir rattraper toutes celles qui n’ont pas été faites. J’en conclus, de manière logique, que les personnes qui déscolarisent leurs enfants maintenant, n’auront certainement pas d’inspection avant la fin de l’année, d’autant plus que l’inspecteur doit prévenir un mois à l’avance de la date d’inspection, ce qui laisse donc très peu de marge.

En sachant cela vous pouvez en conclure qu’il y a assez peu d’engagement, assez peu de risques à l’heure actuelle à déscolariser son enfant pour quelques mois et à faire un essai. De toute façon vous êtes à la maison, vous devez assurer leur instruction. Donc si vous étiez tenté par l’idée de l’école à la maison, c’est peut être le bon moment pour vous lancer.

Les avantages de l’école à la maison

Je sais que beaucoup de parents y pensent. Alors quels sont les avantages de l’école à la maison ? Qu’est-ce que cela pourrait vous apporter?

Avant tout la liberté pédagogique. Au lieu de suivre le cursus, la progression, les leçons imposés par un professeur, c’est vous qui pourrez choisir le programme et sa progression. Dans cette liberté pédagogique, vous allez pouvoir davantage respecter le rythme de développement de votre enfant et ce dont il a besoin à un moment donné. Vous allez aussi avoir la possibilité de le laisser apprendre plus vite dans certains domaines et de prendre davantage de temps dans d’autres domaines.

Je m’explique, certains enfants progressent à une vitesse incroyable en calcul, mais ont peut être plus de difficultés au niveau du Français, vous pouvez donc adapter le temps dont l’enfant a besoin dans ces deux matières, le faire avancer sur ce qui, en fait, relève du programme de l’année supérieure en calcul mais revenir en arrière au niveau du français afin de revoir des bases non acquises. Bref vous suivez le rythme de votre enfant et non pas celui imposé par une classe de 25 élèves.

Deuxième avantage, vous suivez le rythme familial. Les vacances de Pâques viennent de passer, mais chez nous, les enfants, ont travaillé comme d’habitude. En revanche, au moment de la naissance de notre petit dernier, nous avons beaucoup ralenti le rythme et c’était en quelque sorte une période de vacances pour nous. Chacun est donc libre de placer ses vacances comme il le souhaite en fonction du rythme familial, des événements familiaux, des sorties que vous voulez effectuer. Bien évidemment tout cela est surtout valable en dehors de la période de confinement. Chez nous, nous aimons souvent le vendredi prendre une journée entière pour aller visiter un musée à Paris, pour aller nous promener dans la forêt, pour découvrir un endroit un petit peu plus loin que chez nous et y passer la journée. Et bien en faisant l’école à la maison c’est tout à fait possible, même si le vendredi est normalement un jour scolaire et travaillé. Personnellement, je considère que ces sorties culturelles font partie du programme d’enseignement pour nos enfants. 

faire l'école à la maison facilite les sorties culturelles

C’est d’ailleurs l’un des autres avantages à faire l’école à la maison, cela permet une ouverture culturelle beaucoup plus vaste que ce qui est généralement proposé à l’école. Rien que la semaine dernière, nos enfants ont appris une quantité phénoménale de choses ! 

Ils ont travaillé sur les effets spéciaux, ils ont également fait du dessin naturaliste, ils ont travaillé sur la programmation informatique, l’espéranto, le latin, la mythologie grecque, sur les animaux et sur l’apparition de la vie sur terre. Des sujets qui généralement ne sont pas ou peu abordés à l’école. Même notre petite dernière a travaillé sur l’art et a éduqué son regard à des chefs-d’oeuvre de notre culture. Donc vous voyez que suivant ce que l’on souhaite proposer à ses enfants ou suivant leurs centres d’intérêt, nous pouvons y répondre beaucoup plus facilement en faisant l’école à la maison que dans le cadre de l’école républicaine car il est difficile de s’adapter aux centres d’intérêt de 25 élèves. 

Les mythes autour de l’école à la maison

Un autre point que je voudrais partager avec vous, ce sont les mythes autour de l’école à la maison.

Je voudrais démystifier certaines choses avant tout. Non, les familles ne vivent pas enfermées dans leur maison et les enfants ne sont pas prisonniers ! Il y a quelques jours, Harvard Magazine a publié un article avec une illustration qui a beaucoup fait rire les familles pratiquant l’école à la maison. Cette illustration présentait un enfant enfermé derrière une grille à la fenêtre d’une maison, dont les murs étaient constitués de livres qui indiquaient lecture, écriture, mathématiques, Bible, tandis qu’autour de la maison, on pouvait voir quelques enfants en train de s’amuser. L’idée du dessin était que les enfants qui pratiquent l’école à la maison sont enfermés chez eux par des radicaux religieux, ce qui nous a beaucoup fait rire car pour nous, c’est plutôt l’inverse !

C’est-à-dire que pour nous, ce sont les autres enfants qui se retrouvent enfermés dans les locaux de l’école, alors que nous sortons tout le temps, que nous rencontrons beaucoup de gens, aussi bien des familles qui pratiquent l’école à la maison que des familles qui ne la pratiquent pas, des commerçants, des gens dans la rue, des gens dans les musées, des voisins de tous âges. Et pour nous cette socialisation est beaucoup plus naturelle que celle qui consiste à ce que les enfants n’échangent, ne communiquent et ne vivent qu’avec des enfants qui ont le même âge. C’est généralement une des caractéristiques des familles pratiquant l’école à la maison : les enfants apprennent établir des liens avec toutes sortes de personnes, quel que soit leur âge. 

faire l'école à la maison permet d'établir des relations sociales avec des personnes de tous âges

Donc la socialisation n’est généralement absolument pas un problème, sauf si elle est un problème de base chez un enfant qui a des difficultés sociales de par son tempérament ou ses spécificités neuronales. Par exemple, certains enfants souffrant d’un trouble du spectre autistique ont évidemment des difficultés supplémentaires à créer du lien avec d’autres. Mais ces difficultés se seraient posées à l’école de toute façon. 

Autre mythe ou inquiétude autour de l’école à la maison. Non, il n’y a pas de limite d’âge. Vous n’êtes pas obligé de remettre les enfants à l’école pour le CP, ni pour le collège, ni même au lycée. Et savez-vous que l’on peut même passer le bac en candidat libre? A l’inverse, cela ne veut pas dire non plus, que si vous faites l’école à la maison pendant un an, vous êtes engagé jusqu’au dix-huit ans de votre enfant, c’est à vous de voir.

Vous pouvez très bien pratiquer l’école à la maison pendant les deux mois de cette année scolaire, puis la pratiquer pendant six mois, un an, deux ans, retourner à l’école et après une année d’école, il peut encore être déscolarisé. 

Bref, nous avons une liberté totale et cette liberté, j’aime bien la comparer  avec celle que nous avons autour de l’alimentation parce que pour moi, le parallèle est criant. 

En tant que parent (j’en ai déjà parlé dans le podcast “ Qui suis-je ? ”), nous avons la responsabilité de nourrir nos enfants. Nous pouvons faire le choix de produire cette nourriture intégralement, par exemple, à partir des aliments de notre potager, de confectionner nous-mêmes tous les plats que nous donnons à nos enfants. Certaines familles font leur pain, leurs yaourts, leurs soupes,  leurs conserves, leurs sauces… c’est un choix. D’autres familles achètent leur pain à la boulangerie, leurs yaourts au supermarché, des plats tout faits chez le traiteur ou au supermarché. Tous les choix sont respectables. 

Évidemment que nous prêtons attention à la nourriture que nous apportons à nos enfants, mais nous assumons parfaitement de déléguer cette responsabilité à des personnes en qui nous avons confiance par exemple, la boulangerie de notre quartier qui fait du très bon pain. 

À une époque, nous faisions notre pain. Nous ne le faisons plus, nous considérons que ce n’est pas nécessaire car nous avons de bonnes boulangeries à côté de chez nous. C’est la même chose pour l’éducation. Nous avons la responsabilité de nourrir intellectuellement nos enfants, mais nous ne sommes pas obligés d’assumer intégralement cette responsabilité nous-mêmes. 

Nous avons le choix de la déléguer à l’école, mais nous avons aussi la possibilité de la récupérer et de l’assumer intégralement. 

Quoi qu’il en soit, nous restons et demeurons les premiers éducateurs de nos enfants !

Alors comment s’y prend-on pour pratiquer l’école à la maison ?

Il y a bien des façons de faire. Certaines familles choisissent d’opter pour des cours par correspondance. Ce n’est pas un choix que nous avons fait même si je trouvais que les cours par correspondance avaient des avantages pratiques : tout est indiqué, vous recevez des cours puis des exercices qui vous sont proposés et vous devez renvoyer les devoirs à un correcteur qui évalue votre enfant. 

Mais personnellement, je n’ai jamais bien vu la différence entre les cours par correspondance et l’école, et je n’ai pas envie de devenir la répétitrice de mes enfants, même si je respecte profondément les familles qui en font le choix. 

Une autre possibilité est de procéder uniquement par apprentissage informel ou par unschooling. Il y a évidemment tout un spectre dans cette méthode. Certaines familles la pratiquent de façon plus totale et absolue que d’autres. Le principe de l’unschooling est que c’est l’enfant qui va choisir ce qu’il apprend en fonction de ses centres d’intérêt et de ses envies du moment. Le rôle des parents est de fournir ou non un environnement riche pour susciter chez l’enfant des envies, et de l’aider à trouver les ressources par lesquelles l’enfant va apprendre seul.

Cette pratique peut susciter certaines inquiétudes : les résultats académiques seront-ils assurés ? Les études sur l’école à la maison sont toujours délicates à interpréter car cela concerne peu de gens. Et dans ce monde, il y a tellement de tendances différentes, qu’il est difficile d’évaluer les résultats de chaque pratique. Malgré tout, il existe un certain nombre d’études sérieuses, qui ont leurs limites (mais c’est à cela que servent les analyses statistiques), et il semblerait qu’à travers l’unschooling, les résultats académiques soient moins bons qu’après une instruction donnée à l’école, alors que c’est l’inverse de manière générale, pour la pratique de l’école à la maison. Généralement, les enfants instruits en famille réussissent mieux sur le plan purement académique, c’est à dire sur le plan des connaissances et des examens que ceux instruits à l’école.

l'unschooling, une méthode pour faire l'école à la maison

Mais les enfants en unschooling, réussissent généralement un peu moins bien sur le plan académique. Ce n’est pas forcément un problème. Les familles qui pratiquent cette méthode ont souvent d’autres attentes pour leurs enfants. Et ce qu’elles cherchent à développer en priorité, ce ne sont pas forcément les résultats académiques, mais la confiance en soi, l’esprit d’initiative, les passions, les centres d’intérêt chez leurs enfants. Et souvent ces enfants se mettent à poursuivre des carrières artistiques ou dans les nouvelles technologies, l’ingénierie et très rarement dans des emplois administratifs ou bureaucratique.

En fait, c’est une tendance globale de l’instruction en famille : très peu d’enfants finissent dans les emplois de bureau. On retrouve des enfants instruits à la maison dans toutes les catégories sociales et professionnelles, mais à chaque fois, ils ont un certain esprit d’indépendance. Par exemple, des artisans, des ouvriers mais qui sont leur propre patron. Très peu deviennent ouvriers en usine. Certains font également partie des catégories socioprofessionnelles supérieures mais là encore rarement dans les emplois de bureau. Il s’agit peut-être de gens comme moi par exemple, qui sont entrepreneurs, qui créent leur entreprise, qui innovent. Je trouve intéressant de remarquer que lorsqu’on laisse aux enfants la liberté et la possibilité de développer leurs centres d’intérêt, ils s’orientent vers des carrières plus concrètes, plus impliquées.

Nous n’avons donc pas fait le choix de l’unschooling car, même si pour nous la réussite académique n’est pas primordiale, nous tenions quand même à ce que nos enfants acquièrent certaines bases qui nous semblent indispensables, assez rapidement et avec un assez bon niveau. Quant au reste, nous souhaitons leur laisser la possibilité de développer leurs centres d’intérêt maximum.

La dernière possibilité que je vois, c’est de choisir une pédagogie et de se former pour l’appliquer correctement. Cela me paraît une solution intermédiaire entre un cours par correspondance qui pour nous serait trop rigide, et la liberté totale pour l’enfant de l’unschooling où, de mon point de vue, je trouve que l’on guide assez peu l’enfant (même si certaines familles le font plus que d’autres). Malgré tout l’unschooling, tout comme les cours par correspondance, est un choix que je respecte profondément chez les familles qui l’ont fait. 

Pour ma part, je reste fidèle à la pédagogie Montessori, parce que je trouve que c’est une progression rationnelle et scientifique. Le matériel est extrêmement bien étudié, l’étude du rythme de développement des enfants est extrêmement bien faite et sérieuse. Je trouve aussi que cette pédagogie est plus facile avec plusieurs enfants que d’autres pédagogies parce que l’on encourage le travail autonome, donc les enfants travaillent indépendamment les uns des autres. Ils peuvent aussi travailler en petit groupe entre six et douze ans, mais globalement, ils travaillent beaucoup seuls. Ils n’ont pas besoin d’un adulte en permanence derrière leur épaule et de toute façon, pour ma part, avec cinq enfants, ce ne serait pas possible. 

C’est également pour cela que je ne pourrais pas utiliser un pour un cours par correspondance avec cinq enfants. Imaginez devoir faire faire des devoirs ou une dictée à cinq enfants de cinq niveaux différents. Matériellement, ça ne serait pas possible et je vois bien que beaucoup de familles nombreuses ont des difficultés avec les cours par correspondance, simplement à assurer le rythme des devoirs. 

Par ailleurs, la pédagogie Montessori est extrêmement riche. Les effets en sont maintenant prouvés par les découvertes des neurosciences donc je n’y vois que des avantages. 

Cela ne nous empêche pas d’avoir quelques apports d’autres pédagogies de manière ponctuelle, mais c’est du superflu, pour le plaisir et c’est quelque chose qui est venue de façon assez tardive. Cela fait sept ans maintenant que nous pratiquons l’école à la maison et je crois que c’est la première année que nous avons fait le choix d’intégrer quelques apports d’autres pédagogies. 

Mon conseil : Ne restez pas seule

Mon plus gros conseil, ce serait de ne pas rester seule, parce que c’est, à mon avis, la plus grosse difficulté lorsqu’on se lance dans l’école à la maison avec ses enfants. Si c’est votre projet, essayer de trouver d’autres personnes qui se lancent en même temps que vous et essayez aussi de trouver d’autres personnes qui sont plus avancées. Plus tard, vous pourrez rendre la pareille en aidant ceux qui seront moins avancé que vous. 

ne restez pas seule si vous vous lancez dans l'école à la maison

Pour l’instant, contentez-vous de trouver des personnes à votre niveau et des personnes plus avancées pour vous guider. C’est dans cette optique que j’ai créé l’Accompagnement Parentalité et IEF Montessori. C’était pour offrir aux familles qui se lancent dans l’école à la maison dans un esprit montessorien, une communauté, la possibilité d’être plusieurs au même niveau, certaines plus avancées que d’autres, de s’aider à rester motivées, de s’entraider, de s’inspirer les unes les autres. 

Je dis les unes et les autres, parce que nous avons pour l’instant essentiellement des mamans qui ont rejoint l’Accompagnement, même si régulièrement le mari vient se joindre à nous par la suite. Mais de toute façon, dans notre communauté, j’appelle tout le monde des souricettes, donc j’emploie généralement le féminin. Si vous êtes un homme, ne vous vexez donc pas, pour moi, vous êtes une souricette comme les autres 🙂

Dans l’Accompagnement à la parentalité Montessori, je souhaitais aussi partager mon expérience. Comme je vous le disais après sept ans d’école à la maison avec cinq enfants, j’ai dépassé certaines difficultés. Je sais certaines choses que je peux vous aider à comprendre. J’ai certaines idées qui peuvent vous donner des pistes à explorer. Bref, tout cela, je souhaitais le partager et permettre à des familles d’avoir des réponses à toutes leurs questions. Des questions aussi bien comportementales : Pourquoi est-ce que mon enfant ne veut rien apprendre? Pourquoi est-ce que mon enfant perturbe le travail des autres ? Mais également des questions académiques : Comment vais-je introduire le système décimal à mes enfants ? Comment puis-je leur apprendre à lire ?

Si vous êtes tentée par l’aventure, j’espère donc que vous nous rejoindrez, nous serons ravies de vous accueillir dans la communauté !

Accompagnement Parentalité et IEF Montessori, pour les familles qui veulent pratiquer l'école à la maison

Par ailleurs sachez que cet article est une version écrite de mon Podcast que je vous invite également à rejoindre. Deux à trois fois par semaine je vous parle de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d’instruction en famille, de coschooling et de bien d’autre choses encore.

FAIRE L'ÉCOLE À LA MAISON : CE QU'IL FAUT SAVOIR POUR SE LANCER - ÉPISODE 5

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