Comment choisir une école Montessori pour ses enfants ? Les 10 questions à se poser

COMMENT CHOISIR UNE ECOLE MONTESSORI POUR SES ENFANTS ?

Choisir une école Montessori n’est pas une mince affaire. Quand on cherche une école pour ses enfants, on veut ce qu’il y a de mieux, bien évidemment, donc ce n’est pas un sujet à prendre à la légère. Encore moins quand on visite des écoles indépendantes, pour lesquelles les frais d’inscription sont très élevés, puisqu’elles ne bénéficient d’aucune aide de l’Etat.

Autant donc mettre toutes les chances de son côté et poser les bonnes questions, plutôt que d’être déçu en cours d’année. Car on connaît tous des familles qui ont inscrit leurs enfants dans une école et qui 6 mois plus tard les en retirent parce que quelque chose s’est mal passé.

Ce sont des témoignages que je lis souvent, mais à chaque fois les soucis rencontrés tournent autour des mêmes thèmes et je suis convaincue que tous les problèmes auraient pu être évités si les parents avaient pu se renseigner plus en profondeur au départ.

Et pour les écoles Montessori, les soucis potentiels se résument à une dizaine de points problématiques.

Je vous propose donc 10 questions à se poser avant de choisir une école Montessori pour ses enfants. Je vais détailler ici chaque question en profondeur, mais si vous avez prévu de participer aux portes ouvertes d’une école ou d’avoir un entretien avec le directeur ou la directrice, vous trouverez sur notre bibliothèque de ressources, le Terrier des Montessouricettes, un récapitulatif de ces 10 questions avec de la place pour prendre des notes et ainsi pouvoir comparer différentes écoles facilement, sur les mêmes critères.

Les 10 questions essentielles pour choisir son école Montessori

Attention, pour certaines de ces questions, il n’y a pas « une bonne réponse », un bon type d’école, cela dépendra de vos valeurs personnelles et de ce à quoi vous êtes attaché !

Alors allons-y, avec quatre grandes catégories de questions !

Aspects administratifs à bien comprendre avant de choisir une école Montessori

Vous pouvez généralement répondre à ces questions sans même vous déplacer. Une simple visite du site Internet de l’école ou un entretien téléphonique suffisent à réunir ces renseignements pourtant précieux avant de visiter et de choisir une école Montessori.

1. Quel est le statut et le projet pédagogique de l’école ?

Avant tout, il faut savoir qu’il existe trois statuts pour les écoles : publiques, privées sous contrat, privées hors contrat (ou indépendantes).

  • Les écoles publiques sont gratuites, intégralement financées par l’Etat et suivent les programmes et les consignes de l’Education nationale. Les professeurs sont donc fonctionnaires et les parents n’ont à payer que les fournitures de base.
  • Les écoles privées sous contrat sont des écoles indépendantes qui, après 5 années d’existence, ont demandé à l’Etat de passer un contrat avec elle. Il en existe de deux types : le contrat simple, dans lequel une plus grande liberté est laissée à l’école dans ses horaires et son programme, et le contrat d’association, par lequel l’école doit respecter les horaires et le programme de l’Education nationale de façon beaucoup plus scrupuleuse, et doit répondre à un besoin éducatif auquel les écoles publiques ne suffisaient pas.

Dans les deux cas, les enseignants sont rémunérés par l’Etat, même si leur statut est différent. L’avantage pour les écoles sous contrat d’association est qu’elles bénéficient également d’aides des collectivités locales.

L’important à retenir, c’est que dans une école privée sous contrat, les enseignants sont payés par l’Etat et qu’il peut y avoir des aides publiques accordées à l’école. Les frais d’inscription payés par les parents servent donc à payer les frais de fonctionnement (locaux, matériel, chauffage etc.). Par ailleurs, ces écoles doivent globalement suivre le programme de l’Education nationale, avec quelques ajustements possibles, et chaque école peut mettre en oeuvre son « caractère propre » (par exemple avec de la catéchèse en option dans les établissements catholiques, des menus adaptés dans les écoles juives et musulmanes etc.).

  • Enfin, les écoles indépendantes (ou « hors contrat ») ont un statut très différent. Elles doivent bien sûr respecter des obligations en matière d’hygiène, de sécurité et de respect de chacun mais elles ont une complète liberté pédagogique. En contrepartie, elles doivent assurer leur financement intégralement seules. Elles ne vivent donc que grâce aux frais d’inscription des élèves et aux dons.
les écoles Montessori sont souvent hors contrat

Quelles conséquences pour vous avant de choisir une école Montessori ? Et bien une école publique doit respecter beaucoup de contraintes, dont beaucoup rendent très difficiles la pratique Montessori : les classes multiples sont rares, et ne comportent que très rarement des enfants de 3 à 6 ans, de 6 à 9, de 9 à 12, ou mieux encore de 6 à 12 ans, comme dans les ambiances Montessori

De même, les enseignants doivent tous respecter les mêmes horaires, qui imposent entre autres une récréation, ce qui coupe en deux le fameux cycle de travail Montessori de 3h d’affilée (qui permet aux enfants d’atteindre un plus grand degré de concentration).

Par ailleurs, le respect scrupuleux des programmes d’année en année est difficilement compatible avec le respect du rythme de l’enfant et de sa progression : certains enfants sauront lire parfaitement dès 5 ans mais attendront le niveau CE1 avant de savoir faire des additions et inversement. Dans l’Education nationale, ces disparités posent problème et l’enfant risque de redoubler. Enfin, si dans une école il n’y a qu’une classe Montessori, il est difficile d’assurer une continuité lorsque les enfants changent de niveau, et les autres professeurs se montrent en général réticents, car ils récupéreront des élèves nécessairement hétérogènes, puisqu’ils auront avancé chacun à leur rythme.

Ce sont d’ailleurs quelques-unes des difficultés qui ont forcé Céline Alvarez à mettre fin à son expérimentation en maternelle à Gennevilliers : ses supérieurs hiérarchiques voulaient qu’elle continue mais en se pliant à ces règles, qui ne lui auraient pas permis d’obtenir les mêmes résultats qu’une pratique Montessori fidèle.

Une école sous contrat dispose en général d’un peu plus de liberté pédagogique (j’ai d’ailleurs passé toute ma maternelle et mon primaire dans une école privée sous contrat qui disposait d’une filière classique et d’une filière Montessori, avec des enseignants de grande qualité), mais pas toujours, il faut donc bien se renseigner.

L’avantage des écoles hors contrat est qu’elles peuvent de leur côté respecter très fidèlement la pédagogie Montessori, mais avant de choisir une école Montessori indépendante, il faut bien vous renseigner sur leur projet pédagogique, car certaines choisissent de mélanger plusieurs pédagogies, ce qui est toujours délicat.

Pour vous donner deux exemples : dans la pédagogie Steiner, on estime que les enfants ne doivent pas de formel, donc pas d’apprentissage de la lecture ou du calcul avant 6 ans, ce qui est difficilement compatible avec la notion de période sensible Montessori, qui pousse au contraire à faire démarrer l’apprentissage de la lecture ou du calcul entre 3 et 6 ans suivant les enfants. De même, la pédagogie Freinet insiste sur la coopération et le travail en équipe dès le plus jeune âge, tandis que dans la pédagogie Montessori on aide d’abord l’enfant à développer son autonomie avant d’encourager le travail en groupe, plutôt à l’adolescence.

Sur un autre plan, certaines écoles sont confessionnelles et d’autres non : à vous de voir ce que cela implique et si c’est compatible avec vos valeurs personnelles. Certaines mettent en avant d’autres points forts dans leur projet pédagogique, comme l’écologie et le développement durable, le bilinguisme, la pratique du yoga etc. Là aussi, à vous de voir ce qui est important pour vous.

En ce qui concerne les écoles Montessori, il faut également savoir que n’importe quelle école peut prétendre être Montessori… Il existe certes une charte créée par l’Association Montessori Internationle (AMI) pour donner un cadre aux écoles qui le souhaitent. Ce peut donc être un critère de choix : si l’école qui vous intéresse a signé la charte AMI, vous êtes assuré d’un certain nombre de choses (formation des éducateurs par l’AMI, matériel agréé par l’AMI, mélange des âges dans les classes, cycles de travail de 3h ininterrompus matin et après-midi etc.).

Vous trouverez sur le site de l’AMI le contenu de la charte ainsi que la liste tenue à jour des écoles signataires.

Toutefois, il existe beaucoup d’excellentes écoles qui ont choisi de ne pas adhérer à cette charte, le plus souvent pour des questions de coût, car les formation AMI coûtent très cher et il existe d’autres centres de formation moins coûteux qui sont tout de même excellents, idem pour le matériel que les éducateurs fabriquent parfois eux-mêmes ou qu’ils achètent dans d’autres boutiques que les rares agréées par l’AMI, dont les prix sont très élevés.

Cette grosse question du statut et du projet pédagogique est la plus importante pour choisir une école Montessori car elle détermine beaucoup de choses, vous allez voir que les autres sont beaucoup plus simples et immédiates.

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2. Quels sont les tarifs à l’année ?

Je vous conseille de noter le tarif global à l’année pour pouvoir comparer plus facilement les écoles, car certaines étalent les paiements sur 10 mois et d’autres sur 12, dans certaines les frais d’inscription à payer en début d’année sont plus élevés qu’ailleurs, il peut y avoir des frais annexes de cantine tandis que d’autres écoles demandent aux parents d’apporter un panier repas, il peut y avoir une garderie ou une étude le soir ou le matin etc.

Ne vous laissez pas intimider par la pratique du panier repas, c’est un système souvent utilisé par les écoles hors contrat car cela leur évite d’avoir une véritable cuisine avec tout ce que cela implique au niveau des normes sanitaires : il leur suffit d’avoir une « salle de restauration », avec de quoi réchauffer la nourriture et déjeuner dans de bonnes conditions.

Notre fils aîné est allé pendant une année dans une école avec ce système : la solution que nous avons adoptée était d’une grande simplicité, nous nous contentions de préparer de plus grandes quantités pour le dîner et nous emballions une portion dans une boîte hermétique, en rajoutant simplement une petite entrée, un laitage et un dessert, par exemple un morceau de concombre, un yaourt et un fruit. Cela nous prenait cinq minutes, pas plus, chaque soir.

Ne soyez pas non plus surpris pas les différences de tarifs entre les écoles publiques, forcément gratuites sauf pour la cantine et l’étude, les écoles privées sous contrat, dont les frais d’inscription tournent souvent autour de 50 à 100 euros par mois et les écoles privées indépendantes Montessori, dont les frais d’inscription sont plus élevés, souvent autour de 300-400 euros par mois, et jusqu’à 600 euros ou plus en région parisienne (où les loyers sont beaucoup plus élevés).

Tarifs d'une école Montessori

Rappelez-vous que ces écoles ne cherchent pas, sauf exception à « faire de l’argent », mais qu’elles doivent tout financer elles-mêmes, ce qui implique des frais considérables. Il existe aussi souvent des tarifs dégressifs suivant le quotient familial ou le nombre d’enfants inscrits dans une même fratrie.

Malheureusement, il arrive que l’on ait envie de choisir une école Montessori qui nous semble parfaite, et que le seul obstacle soit le prix… La seule solution serait malheureusement politique (chèque éducation ou autre…)

3. Comment et où les éducateurs ont-ils été formés ?

Le centre de formation de l’AMI, l’Institut supérieur Maria Montessori (ISMM), est bien évidemment une référence, mais il existe d’autres centres de formation de qualité.

Vous pourrez en voir quelques-uns sur la page des ressources Montessori que je recommande. Ces centres sont d’une grande fidélité à la pédagogie Montessori et forment de bons éducateurs, même si de toute façon l’autre aspect majeur à prendre en compte est leur expérience : ont-ils effectué des stages dans des écoles ? Depuis combien d’années enseignent-ils, et dans quelle tranche d’âge ?

Comme pour tout, il existe d’ailleurs de mauvais éducateurs pourtant formés à l’ISMM et d’excellents éducateurs autodidactes « qui ont ça dans le sang ». Malgré tout, les diplômes, les certifications et l’expérience des éducateurs sont de bons critères pour vous faire une idée avant de choisir une école Montessori.

Souvent il y a deux personnes par ambiance, un éducateur et un assistant : ne négligez pas de vous renseigner sur l’expérience des deux, car le rôle de l’assistant est fondamental pour maintenir l’ordre, le calme et le respect de l’ambiance.

4. Les âges sont-ils mélangés ?

Il est particulièrement important qu’une ambiance Montessori à l’école réunisse des enfants d’âges différents dans une même tranche d’âge : 3-6 ans, 6-12 ans, ou éventuellement 6-9 ans et 9-12 ans.

Pourquoi ? Tout simplement parce que si vous plongez un enfant de 3 ans dans une classe avec 30 élèves de son âge et un enseignant, il aura un modèle (l’éducateur) qui sait se comporter en société, respecter les autres et le matériel… et 30 contre-modèles d’enfants pas plus avancés que lui, qui découvrent tout juste la vie en société.

Alors que choisir une école Montessori où les ambiances ont des âges parfaitement mélangés permettra à ce même enfant d’avoir 11 très bons modèles (10 enfants de 5 ans qui auront déjà passé deux années dans l’école et donneront l’exemple + l’éducateur), 10 bons modèles (les 10 enfants de 4 ans qui auront déjà passé une année dans l’école et connaîtront les bases), et seulement 10 contre-modèles (les 10 enfants de son âge).

Dans une école Montessori les grands participent au développement  et à l'apprentissage des petits

J’en profite pour faire une petite distinction avec l’univers familial, où le mélange des âges est moins fondamental. S’il y a une fratrie, on le retrouve de toute façon, et si la famille ne comprend qu’un enfant unique, il n’aura pas de contre-modèles et un ou deux modèles (ses parents).

Mais à l’école, sans mélange des âges, l’enseignant se retrouve rapidement dans une situation impossible : il doit tout apprendre, y compris les règles de base de l’ambiance, en même temps et de façon individualisée à tous ses élèves.

Ce cas peut malgré tout arriver dans une école Montessori qui ouvre une nouvelle classe : dans ce cas-là, il est bon que la classe n’accueille pas trop d’élèves la première année (12 à 15 au maximum), et augmente progressivement la deuxième et la troisième année.

Car vous êtes peut-être surpris de me voir parler de classes de 30 élèves dans des écoles Montessori. Il faut savoir que grâce à ce mélange des âges et la présence normale d’un éducateur et d’un assistant, tous deux bien formés, une classe Montessori peut accueillir un grand nombre d’élèves. On peut même considérer qu’une classe risque de ne pas bien fonctionner si elle a trop peu d’élèves, car ceux-ci se reposeront trop sur les éducateurs, développeront moins leur autonomie et, en grandissant, ne profiteront pas de cette merveilleuse façon d’approfondir une notion en l’enseignant à d’autres.

Visite des locaux avant de choisir une école Montessori

Pour les questions qui suivent, vous aurez besoin de visiter l’école, pendant des journées portes ouvertes ou en prenant un rendez-vous avec le directeur ou la directrice. C’est de toute façon une étape indispensable pour vous faire une réelle idée de l’environnement et de l’atmosphère dans lesquels votre enfant va baigner. D’ailleurs, si vous vous orientez vers une école Montessori, demandez si vous pouvez venir observer l’école pendant un temps de travail avec les enfants, en promettant de vous faire très discret. Vous découvrirez beaucoup plus de choses…

5. Observez les locaux : sont-ils beaux, lumineux et agréables, avec des plantes, un extérieur, idéalement un coin jardin ? Le matériel utilisé est-il uniquement Montessori ou non, est-il beau et de qualité ?

L’endroit où l’on vit a une grande influence sur notre psychologie. C’est la même chose lorsqu’il s’agit de choisir une école Montessori. Il est important qu’il n’y ait pas trop de choses affichées sur les murs, que l’ensemble soit harmonieux, qu’il y ait de la lumière pour que les enfants travaillent dans de bonnes conditions.

Environnement d'une classe Montessori

Une ambiance Montessori idéale comprend aussi des éléments esthétiques comme des œuvres d’art affichées au mur, ainsi que du vivant (plantes d’intérieur, potager, petits animaux…) car l’enfant doit être éveillé au beau et au respect de la vie. Durant ses années d’école, il apprendra à prendre soin de lui-même, de son environnement et des êtres vivants dont il a la responsabilité.

L’idéal, malheureusement rarement possible pour des questions de sécurité, est que les enfants aient accès à un jardin à tout moment. Souvent, il faut se contenter de moments dédiés où les enfants peuvent tous sortir sous la surveillance d’un adulte.

Enfin, regardez attentivement le matériel sur les étagères : s’agit-il essentiellement de matériel Montessori ou voyez-vous beaucoup de jouets et d’activités annexes ?

Il peut y en avoir quelques-uns, en particulier en début d’année pour faciliter le démarrage mais cela doit rester une petite minorité. Le matériel Montessori a été spécifiquement pensé, conçu et testé pour favoriser la concentration des enfants et les aider à acquérir des notions en isolant une seule difficulté à la fois.

Les autres jouets risquent surtout de distraire les enfants de ce qui répondrait le mieux à leurs besoins.

6. Comment l’emploi du temps est-il organisé ?

Si vous voulez choisir une école réellement Montessori, l’un des principes fondamentaux de la pédagogie consiste à faire travailler l’enfant pendant des plages de 3h ininterrompues.

Des plages de 3h de travail, un bon signe pour choisir votre école Montessori

Cela peut paraître beaucoup quand on n’a jamais observé une ambiance Montessori, mais en fait c’est le bon rythme, adapté à un enfant quand les activités proposées répondent vraiment à ses besoins en matière de développement.

La pédagogie Montessori parle de « normalisation de l’enfant ». Je n’aime pas ce terme qui fait référence à la « normalité », notion qui n’a pas de raison d’être, surtout lorsqu’on parle d’enfants qui sont tous extrêmement différents. Mais à défaut de meilleur terme, c’est celui que je vais devoir employer.

Le processus de normalisation est progressif : au début, un enfant n’est pas capable de se concentrer pendant de longues plages de temps. On va donc l’aider à rallonger ses périodes de concentration.

Tableau issu de la Pédagogie scientifique, tome 2, de Maria Montessori : souvent, au début, l’enfant suit la ligne du bas, avec de grandes alternances entre les périodes de calme et de désordre. Puis sa concentration s’améliorer et il passe à la deuxième ligne en partant du bas (observez bien la fausse fatigue, pendant laquelle on envoie généralement les enfants en récréation, alors que s’ils la dépassent, il arrivent à une période de grand travail). Encore plus tard, lorsque l’enfant a de mieux en mieux appris à s’auto-réguler, on passe aux lignes 3 ou 4, beaucoup plus régulières (travail ou simple conduite disciplinée).

Mais il va malgré tout avoir une première période de concentration, puis un creux de concentration. Le premier réflexe, celui de l’immense majorité des parents ou de l’école, bien naturel, consiste à envoyer les enfants se défouler dehors, pendant une période de récréation. En fait, lorsqu’ils reviennent, ils sont certes un peu plus fatigués et le fait d’avoir bougé leur a fait du bien s’ils sont dans une école dans laquelle ils doivent rester assis pendant de longues heures, mais en fait ils sont incapables de se reconcentrer car ils sont surexcités et la deuxième partie de matinée est perdue. Les enfants réussiront peut-être à se reconcentrer un petit peu, mais on ne retrouvera plus de belle période de concentration, longue et continue.

Si, plutôt que d’envoyer les enfants en récréation, on leur propose des activités qui les recentrent sur eux-mêmes et leur travail, comme la leçon du silence Montessori par exemple, alors ils réussiront à dépasser le creux de la vague et c’est juste après, donc dans la deuxième partie de cette séance de travail de 3h, que l’on observera les plus belles plages de travail, avec des enfants complètement absorbés qui se mettent à choisir exactement les activités dont ils ont besoin pour continuer à grandir et à se développer.

Si vous visitez une école Moontessori et que ces plages de travail de 3h n’existent pas, ou sont coupées par des récréations, ce n’est généralement pas bon signe…

Gestion des difficultés et des émotions

Dans cette partie, je ne peux pas vous guider, seulement vous aider à poser les bonnes questions. En effet, même si la pédagogie Montessori s’accompagne d’une certaine posture, douce et bienveillante, elle n’est pas forcément directement associée à une méthode spécifique de gestion des difficultés et des émotions, comme la communcation non violente (CNV), l’éducation bienveillante ou la discipline positive.

Il faut donc avant tout que les réponses vous conviennent à vous ! Qu’elles soient conformes à vos valeurs, à la façon dont vous souhaitez éduquer vos enfants et à ce dont ils ont l’habitude à la maison, car il faut absolument que les parents et les éducateurs travaillent de concert, dans une grande cohérence, pour que l’enfant ait des repères clairs.

7. Si un enfant pleure le matin parce qu’il refuse de quitter ses parents, comment les éducateurs réagissent-ils ? Comment les conflits sont-il gérés ?

Il est important que les émotions de votre enfant soient prises en compte dans l’école Montessori que vous aurez choisie, et que la façon de réagir des éducateurs vous convienne. Dans certaines écoles, l’éducateur reste à la porte de la classe pour accueillir chaque enfant un par un, individuellement, en prenant le temps, surtout si l’enfant a peur de quitter ses parents.

Comment sont gérées les émotions des enfants dans une école Montessori ?

Dans d’autres, les enfants s’installent librement et apprivoisent leur environnement et la journée commence par un petit regroupement durant lequel chacun se dit bonjour.

Pour les conflits, certaines écoles adoptent le principe de la médiation par un autre enfant ou demandent aux enfants de choisir parmi plusieurs possibilités sur une petite roue des conflits. Certains éducateurs sont formés à telle ou telle méthode, posez-leur des questions et demandez-leur de vous expliquer leur approche.

8. Si un enfant ne prend aucun travail et reste en observation pendant plusieurs mois, comment les éducateurs réagissent-ils ? Si un enfant se tourne toujours vers les mêmes matériels qu’il maîtrise très bien et ne se tourne pas vers des choses nouvelles, comment les éducateurs réagissent-ils ?

Le rôle de l’éducateur est de proposer à l’enfant les activités qui semblent répondre le mieux à ses besoins, suivant là où il en est dans son développement. Mais l’enfant reste libre de choisir ses activités, c’est l’une des bases de la pédagogie Montessori.

Mais parfois un enfant reste très longtemps en observation et n’ose pas prendre de matériel. Je lis souvent des témoignages de familles qui retirent leurs enfants d’une école Montessori qu’ils ont pourtant choisie, tout simplement parce qu’ils ont l’impression que leur enfant n’y fait rien et n’apprend rien.

L'école Montessori s'adapte au développement personnel de l'enfant

Je me contenterai de donner deux éléments de réponse, mais là encore il faut voir quelle approche de l’éducateur conviendra le mieux à vos valeurs.

Certains enfants ont effectivement besoin de beaucoup observer avant de passer à l’action : ils ne prennent une activité que lorsqu’ils sont sûrs de pouvoir la réaliser sans se tromper. Petit à petit, ils vont apprivoiser leur peur de l’échec, mais ils apprennent beaucoup en obervant, il ne faut pas s’imaginer qu’ils perdent leur temps.

D’un autre côté, le rôle de l’éducateur est aussi de faire en sorte que l’enfant soit attiré par de nouvelles choses, et de faciliter ce processus de prise de confiance en soi. Le but premier de l’enfant est de grandir et de se développer, il n’est donc pas normal qu’un enfant dépérisse, surtout dans une école Montessori. Pour autant, il faut absolument renoncer à toute logique de « performances », les écoles Montessori ne sont pas des laboratoires qui fabriquent des petits génies à la chaîne en les poussant au maximum.

9. S’il est prévu que l’enfant rejoigne une école plus classique à la rentrée suivante, comment la transition est-elle préparée ?

La première chose qu’un enfant apprend dans une école Montessori, c’est l’autonomie et la faculté d’adaptation. Généralement les transitions vers un système plus classique se passent donc très bien. Cependant, il y a parfois des démarches à accomplir, en particulier si vous choisissez une école Montessori indépendante (hors contrat) et que plus tard, vous souhaitiez que votre enfant intègre le public.

A l’école primaire, il suffit généralement d’un entretien avec le directeur du nouvel établissement, mais parfois celui-ci peut demander à l’enfant de passer un test écrit. Quand au secondaire (collège ou lycée), il faut systématiquement passer un examen d’entrée.

Il est donc important de savoir comment l’école Montessori que vous aurez choisie préparerait votre enfant à cette transition. Certaines écoles primaires qui n’ont pas de collège associé proposent aux élèves de faire des fiches sur le format Education nationale pour qu’ils ne soient pas déstabilisés par les examens classiques.

D’autres s’assurent que les enfants conservent des traces écrites de leur travail dans un cahier, avec des exercices formels qu’ils pourront présenter à un directeur s’ils souhaitent changer d’école en primaire, dans le but d’éviter de passer des tests, qui peuvent s’avérer stressants pour un jeune enfant.

Votre ressenti global, fondamental pour choisir une école Montessori

Comme je vous la disais un peu plus haut, si vous le pouvez je vous recommande fortement d’essayer de visiter l’école pendant que les élèves y travaillent, et d’observer ce qui se passe autour de vous. Souvent les écoles Montessori acceptent volontiers les observateurs, à condition qu’ils se plient à quelques règles simples : se contenter d’observer, ne pas intervenir, garder le silence.

Il y a d’ailleurs dans certaines écoles une « chaise d’observation » où peuvent s’asseoir ainsi les invités, et la tradition Montessori veut que les enfants leur servent eux-mêmes une tasse de thé ou de café, ou alors une boisson fraîche, comme une maîtresse de maison le ferait chez elle. Après tout, ils sont dans leur « maison des enfants  » !

10. Si vous pouvez visiter pendant que les enfants travaillent, comment est l’atmosphère de la classe ?

Bruyante, silencieuse, studieuse, heureuse… Ecoutez particulièrement le niveau de bruit, observez les relations entre les enfants, est-ce que chacun respecte le travail de l’autre ? La classe ne doit pas être un tombeau dans lequel on n’entend pas un bruit, au contraire elle doit bruisser d’activité comme une petite ruche, sans pour autant qu’il y ait du bazar.

Vous ferez facilement la différence entre les actions ordonnées d’un enfant qui sait ce qu’il veut faire et la vaine agitation d’un enfant qui passe d’un objet à l’autre et va sans arrêt embêter les autres.

Les conversations chuchotées sont bon signe, tant que vous sentez qu’elles permettent aux enfants de grandir et de progresser : pas de bavardage donc, mais de vrais échanges, par exemple autour d’une activité où un plus grand aidera un plus petit, ou bien où deux enfants se poseront mutuellement des questions pour essayer de mieux comprendre.

Cette question est la plus importante, fiez-vous à votre ressenti car les parents savent en général faire preuve d’intuition en ce qui concerne leurs enfants et ce qui est bon pour eux. Si vous êtes réticent, essayez de mettre le doigt sur la raison profonde et faites-vous confiance. Cela vous évitera peut-être quelques déconvenues…

Choisir une école Montessori : les 10 questions à se poser, ressource gratuite à télécharger

J’espère que ces questions vous aideront à mieux connaître les écoles Montessori et à choisir LA bonne école pour vos enfants. Surtout n’hésitez pas à parler de vos expériences, bonnes ou mauvaises, dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous inscrire gratuitement au Terrier des Montessouricettes pour récupérer l’aide-mémoire avec la liste des questions que vous pourrez emporter durant vos visites pour prendre des notes !

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